Batailles & Tactiques Militaires – Fédération Française de Béhourd http://combatmedieval.com Fédération des associations de combat médiéval en armure en duel ou en équipes. Fri, 18 May 2018 17:47:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.6 127693210 Un nouveau tournoi pour les 814 ans de la prise de Château-Gaillard (Les Andelys 27700) http://combatmedieval.com/un-nouveau-tournoi-pour-les-814-ans-de-la-prise-de-chateau-gaillard-les-andelys-27700/ http://combatmedieval.com/un-nouveau-tournoi-pour-les-814-ans-de-la-prise-de-chateau-gaillard-les-andelys-27700/#respond Wed, 07 Mar 2018 17:24:09 +0000 http://combatmedieval.com/?p=3277 Le 6 mars 1204, il y a tout juste 814 ans, Philippe Auguste prenait Château-Gaillard (Les Andelys-Eure) : Le roi de France, Philippe Auguste, profite de la faiblesse du roi d’Angleterre, Jean sans Terre, pour conquérir une à une les forteresses de Normandie. L’imprenable Château-Gaillard, dont Richard Cœur de Lion était si fier, tombe après …

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Le 6 mars 1204, il y a tout juste 814 ans, Philippe Auguste prenait Château-Gaillard (Les Andelys-Eure) :

Le roi de France, Philippe Auguste, profite de la faiblesse du roi d’Angleterre, Jean sans Terre, pour conquérir une à une les forteresses de Normandie. L’imprenable Château-Gaillard, dont Richard Cœur de Lion était si fier, tombe après 6 mois de siège. L’armée de Philippe-Auguste, bien équipée, profite de défauts de conception de la place pour créer une brèche dans les défenses et s’infiltrent en passant par les fenêtres de la chapelle du château. Le manque de réactivité de Jean sans Terre pour envoyer des renforts aux places fortes normandes, n’incite pas ces dernières à résister aux soldats du roi de France. Rouen se rendra 3 mois après Château-Gaillard, après seulement quelques semaines de siège. La Normandie intègre alors le domaine royal.

Un nouveau tournoi de béhourd :

Nous profitons de la commémoration de cette grande victoire française pour confirmer qu’un grand tournoi de béhourd aura lieu le samedi 13 octobre 2018 au pied du Château-Gaillard ! Les équipes françaises et étrangères se donneront rendez-vous au pied du château, en équipes de 5 contre 5 sur les bords de Seine de la ville des Andelys (27700) à 1 heure seulement de Paris. Les gares de Gaillon et de Vernon se trouvent également à quelques dizaines de kilomètres.

L’entrée sera gratuite pour tous les visiteurs !

Cet événement comptera au classement national et sera organisé par la ville des Andelys en partenariat de l’association Béhourd Ile de France et de ses bénévoles, membres pour la plupart de l’équipe Martel.

 

Plus d’informations seront communiquées prochainement sur la page de l’événement.

 

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L’entraînement d’un chevalier selon Boucicaut, Maréchal de France http://combatmedieval.com/lentrainement-dun-chevalier-selon-boucicaut-marechal-de-france/ http://combatmedieval.com/lentrainement-dun-chevalier-selon-boucicaut-marechal-de-france/#respond Sun, 10 Jul 2016 13:06:46 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2376 Dans un extrait du livre des faits de Jean Le Maingre, dit Boucicaut, Maréchal de France ,on retrouve la méthode d’entraînement d’un chevalier d’élite. Vous trouverez ci-dessous : 1) une interprétation des exercices d’entrainement présentés dans le texte original 2) l’extrait original 3) la source complète du livre des faits de Jean Le Maingre qui contient des anecdotes de …

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Dans un extrait du livre des faits de Jean Le Maingre, dit Boucicaut, Maréchal de France ,on retrouve la méthode d’entraînement d’un chevalier d’élite.

Vous trouverez ci-dessous :
1) une interprétation des exercices d’entrainement présentés dans le texte original
2) l’extrait original
3) la source complète du livre des faits de Jean Le Maingre qui contient des anecdotes de combats

Illustration : Entrainement de frappe au poteau. Manuscrit BL Royal 20 B XI De re militari 1300-1325 France

 

Illustration : Entrainement de frappe au poteau. Manuscrit  BL Royal 20 B XI De re militari 1300-1325 France

1) interprétation des exercices d’entrainement présentés dans le texte original
    • courir et randonner sur de longues distance en équipement (~20 – 30kg de charge)
    • sauter sur le dos d’un cheval en équipement (un cheval de guerre devait faire 1m50 de haut minimum + une selle d’environ 20cm de haut à cause de la buttée au niveau des reins )
    • frapper avec une hache / maillet en équipement sur « quelque chose de gros » pour s’entraîner à lever les bras (attention il ne s’agit pas de fendre des bûchettes)

  • il réalisait le saubresaut tout équipé. Il s’agit soit d’un terme qui se rapporte à un saut périlleux, soit si on se rapporte à la signification en danse classique, c’est une forme de squat sauté (souvent réalisé avec une medicine ball ou un kettlebell pour ajouter une charge de poids)

  • il monte sur un cheval en se hissant à la force d’un seul bras en se tenant à la « manche » du cavalier
  • il pose une main sur la selle, l’autre sur la tête du cheval, il prend appuis et il arrive à sauter d’un coté à l’autre coté du cheval en rentrant ses jambes sous lui
  • il escalader la hauteur d’une tour (20- 30 m de haut ?) en passant d’une « plaque de plâtre à l’autre ». Ces plaques (ou prises) sont éloignées d’une brasse. Ces sont des paliers ou prises d’escalades qui sont espacées d’1m60 environ. Il parvient à se hisser d’une prise à l’autre sur 30m de haut.
  • il appuie une échelle contre un mur et monte d’un barreau à l’autre en se hissant d’un seul coup à deux mains lesté de son équipement (attention, il n’attrape pas les barreaux à une main mais il se propulse d’une seule traction à deux mains).

  • il s’entraîne sans équipement à monter d’un barreau de l’échelle à l’autre, mais en utilisant une seule main.
  • il s’entraîne à jeter la lance (lancer de javelot?)
Illustrations : Manuscrit KBR Ms. 11201-02 Politica & Economica, 1376, Paris, France, Royal Library of Belgium

3) Source complète : Livre des faits de Jean Le Maingre, dit Boucicaut, Maréchal de France

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La Philippide : poème / par Guillaume le Breton. http://combatmedieval.com/la-philippide-poeme-par-guillaume-le-breton/ http://combatmedieval.com/la-philippide-poeme-par-guillaume-le-breton/#respond Thu, 11 Feb 2016 14:04:48 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2373 Où on apprend notamment la prise de Château Gaillard par les français qui après avoir pris l’ouvrage avancé s’introduirent dans le château en passant par la chapelle en se faisant la courte échelle à 3 personnes et finirent par prendre la place aux anglais. Source : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94607v/f1.item Titre : La Philippide : poème / par …

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Où on apprend notamment la prise de Château Gaillard par les français qui après avoir pris l’ouvrage avancé s’introduirent dans le château en passant par la chapelle en se faisant la courte échelle à 3 personnes et finirent par prendre la place aux anglais.

Source : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94607v/f1.item

Titre : La Philippide : poème / par Guillaume le Breton
Auteur : Guillaume le Breton
Éditeur : J.-L.-J. Brière (Paris)
Date d’édition : 1825
Contributeur : Guizot, François. Éditeur scientifique
Sujet : France — 13e siècle
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 418 p. ; in-8
Format : application/pdf
Description : Collection : Collection de mémoires relatifs à l’histoire de France ; 12
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k94607v
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-L45-9 (12)
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb37299748n
Provenance : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007

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L’arme de la victoire: de la bonne utilisation des armes d’hast http://combatmedieval.com/larme-de-la-victoire-de-la-bonne-utilisation-des-armes-dhast/ http://combatmedieval.com/larme-de-la-victoire-de-la-bonne-utilisation-des-armes-dhast/#respond Sun, 06 Apr 2014 12:59:12 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2367 Hallebardier: idées préconçues et réalité   Par Igor Omelianchuk   Nous savons tous que les pratiquants de béhourd sont divisés entre ceux utilisant des armes à deux mains, et ceux préférant les armes à une main. Les armes à une main sont les épées, fauchons, haches, masses à ailettes, qui n’ont pas de grosses différences …

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Hallebardier: idées préconçues et réalité

 

Par Igor Omelianchuk

 

Nous savons tous que les pratiquants de béhourd sont divisés entre ceux utilisant des armes à deux mains, et ceux préférant les armes à une main. Les armes à une main sont les épées, fauchons, haches, masses à ailettes, qui n’ont pas de grosses différences les unes avec les autres dans leur utilisation en combat. En ce qui concerne les armes à deux mains, il s’agit des hallebardes, haches à deux mains, vouges, bardiches… certains utilisent des armes à deux mains courtes (à peine plus d’un mètre de long) à courte distance, mais ils ne sont pas nombreux et ne changent pas vraiment la vision tactique de la bataille. La sphère d’application principale des armes à deux mains est le combat à distance, tirant avantage de l’allonge des armes d’hast de plus d’1m50.

Beaucoup sont fans de la hallebarde, une sorte de culte s’est créé autour d’elle, et les hallebardiers ont leur propre humour à ce sujet. En général, ils en sont fiers, et qui pourrait les en blâmer ? Mais le fait est que l’image que la plupart ont des hallebardiers diffère significativement de ce que sont en réalité les combattants les plus représentatifs de cette catégorie, et les tactiques d’utilisation des armes d’hast ne peuvent être appréhendées pertinemment si on n’observe pas les faits.

Essayons de comprendre les points principaux qui devraient être pris en compte pour les armes d’hast : tout d’abord, le poids. Tous les spectateurs et la plupart des combattants (en particulier ceux qui ne se sont pas souvent servis d’une hallebarde) pensent que plus une arme d’hast est lourde, mieux c’est.

Un poids plus important impliquerait des coups plus lourds. Si on utilise une formule simple de nos cours de physique au collège : la force est égale à la masse multipliée par l’accélération. Il convient donc de trouver le bon équilibre pour que les coups puissent être donnés avec une certaine vitesse. Mais tout n’est pas si simple au cœur de la mêlée, d’autres facteurs doivent être pris en compte. La force d’impact ne dépend pas avant tout de son poids, mais bien des capacités de celui qui la manie. Les coups sont délivrés avec les armes, par des gens. Et lorsqu’un homme frappe, trois facteurs entrent en compte : sa dextérité, sa force, et sa préhension de l’arme.

Les deux premiers facteurs atteignent leur niveau optimal avec de l’entraînement. On passe alors à la préhension : qu’est-ce qu’une arme d’hast facile à manier ? Une arme d’hast ne doit pas être trop lourde. Si elle est trop lourde, l’équilibre passe dans le fer, demandant trop d’énergie et de temps pour armer les coups, qui deviennent incontrôlés. Le véritable intérêt d’utiliser une arme d’hast ne se trouve pas dans leur poids, mais dans le fait que l’on frappe efficacement en utilisant les deux mains. Plus vous contrôlez votre arme, plus efficace sera votre attaque. La force d’impact dépend davantage de l’habileté et de la force du combattant que du poids de l’arme. Vous remarquerez qu’aucun hallebardier expérimenté n’utilise d’armes très lourdes.

Equipement: moins de mythes circulent concernant ce point. Pourquoi les hallebardiers utilisent-ils souvent des casques relativement ouverts ? C’est évident : ils ont besoin d’une large vision afin d’utiliser leur arme efficacement, car ils frappent à plus grande distance et doivent être précis en estimant bien la portée. Ils n’ont pas de bouclier pour se protéger, et doivent par conséquent voir approcher les adversaires. L’armure d’un hallebardier doit aussi être très résistante.

Beaucoup pensent que les hastiers utilisent souvent des armures légères, et évitent même de porter certains éléments (par exemple des spallières ou protections de cuisses). C’est totalement faux, les hastiers ne disposant pas de l’élément défensif le plus important, à savoir le bouclier, leur armure doit être assez protectrice pour encaisser toutes les attaques.

Erreur typique: on entend souvent quelque-chose comme ça: « Bah, tu n’es pas grand, pas très lourd, pas très fort : tu vas prendre une hallebarde, pour frapper à distance. » Essayons de voir pourquoi c’est une erreur.

Taille : si un combattant est sensé frapper depuis la seconde ligne, comment peut-il voir ses cibles s’il a devant lui en première ligne des combattants plus grands avec des boucliers ? Ils se tiendront entre lui et les adversaires, l’empêchant de frapper. Mais lorsqu’un hallebardier est grand, il aura une bien meilleure visibilité sur les adversaires, et pourra même les atteindre aisément.

Entraînement physique: un tounoyeur faible est une absurdité, mais on peut dégager des exigences particulières pour ceux souhaitant utiliser des armes d’hast. Ils doivent être forts, très forts. Ils ne sont pas là pour faire du corps à corps, ils doivent se maintenir debout sous une pluie de coups (ils n’ont pas de bouclier), avoir les muscles nécessaires au maniement d’une arme à deux mains, et idéalement une arme de rechange à la ceinture. En cas de perte de leur arme principale, ils ne pourront compter que sur cette arme à une main, sans bouclier. En étant petits et légers, ils n’utiliseront pas leur arme à plein potentiel, et iront rouler dans la poussière une fois pris au corps à corps. Celui qui a la prétention de manier une arme d’hast ne peut être faible. Enlevez-lui et envoyez-le s’inscrire dans une salle de muscu. Il doit d’abord soulever de la fonte, et on verra avec le temps.

Tactiques: Quelle est la différence principale entre les tactiques des combattants utilisant un bouclier, et celles des hastiers? A part la distance de frappe, ou les formations ; un bon hastier est à 100% un frappeur. Il ne cherchera pas à faire de la lutte, il cherchera toujours à vous frapper. Un combattant muni d’un bouclier peut placer une technique de lutte après une série de coups efficace, et il tentera de vous pousser, de vous projeter… les hallebardiers ne font pas ça. Il faut prendre en considération que lorsque vous êtes mis au sol par ce type de technique, vous vous relevez à la fin du combat, et êtes prêt à enchaîner, il n’y a rien de traumatisant. Mais si vous avez été couché par un ou plusieurs coups de hallebarde, il y a peu de chances que vous soyez en forme pour le second round. Cela ne veut pas dire que vous serez blessé, mais bien sonné ; le choc aura occasionné plus de douleur, de dégât matériel, d’impact psychologique… on peut résister à beaucoup plus de coups de fauchon et de bouclier que de coups d’arme à deux mains.

Il apparait que la présence d’armes d’hast est obligatoire aussi bien en 21vs21 qu’en 16vs16 ou 5vs5. Qu’y a-t-il à ajouter, si ce n’est que la hallebarde est l’arme de la victoire ?

Auteur : Igor Omelianchuk, avril 2013
Source : battleofthenations.ua

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Livres des Tournois de Chauvenci – oeuvre et analyse complète à télécharger gratuitement http://combatmedieval.com/livres-des-tournois-de-chauvenci-oeuvre-et-analyse-complete-a-telecharger-gratuitement/ http://combatmedieval.com/livres-des-tournois-de-chauvenci-oeuvre-et-analyse-complete-a-telecharger-gratuitement/#respond Wed, 15 Aug 2012 12:56:25 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2363 Le tournoi de Chauvency (ancienne orthographe Chauvenci) est un texte en ancien français, très bien décrit et expliqué grâce aux deux livres ci-dessous qui nous permettent de comprendre un tournoi médiéval grâce à un contemporaint, le trouvère Jacques Bretel. Un premier livre : http://archive.org/details/letournoidechauv00duveuoft Le tournoi de Chauvency en 1285; étude sur la société et le moeurs …

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Le tournoi de Chauvency (ancienne orthographe Chauvenci) est un texte en ancien français, très bien décrit et expliqué grâce aux deux livres ci-dessous qui nous permettent de comprendre un tournoi médiéval grâce à un contemporaint, le trouvère Jacques Bretel.

Un premier livre : http://archive.org/details/letournoidechauv00duveuoft

Le tournoi de Chauvency en 1285; étude sur la société et le moeurs chevaleresques au 13e siècle (1905)

Author: Duvernoy, Émile, 1861-Harmand, René
Subject: Bretex, Jacques, fl. 1285
Publisher: Paris Berger-Levrault
Possible copyright status: NOT_IN_COPYRIGHT
Language: French
Call number: AAP-3818
Digitizing sponsor: University of Toronto
Book contributor: Robarts – University of Toronto
Collection: robartstoronto

 

Un second livre : http://books.google.fr/books?id=NH0BAAAAQAAJ&oe=UTF-8&redir_esc=y

ou http://books.google.fr/books?id=NH0BAAAAQAAJ&oe=UTF-8&redir_esc=y

Les tournois de Chauvenci, annotés par P. Delmotte, et publ. par H. Delmotte (1835)
Author: Jacques Bretex
Publisher:
Year: 1835
Possible copyright status: NOT_IN_COPYRIGHT
Language: French
Digitizing sponsor: Google
Book from the collections of: Oxford University
Collection: europeanlibraries

 

 

LE TOURNOI DE CHAUVENCY – Octobre 1285

Le tournoi de Chauvency
d’après le poème du trouvère Jacques Bretel 
(1er – 5 octobre 1285)_______________________Article remanié  pour l’occasion, dont une première version

est parue dans la revue Histoire Médiévale, des Éditions Harnois en 2003

_______________________

Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le village de Chauvency-le-Château, situé entre le Chiers et la Meuse, à quelques kilomètres en aval de la ville de Montmédy (en Meuse), a été, en octobre 1285, le cadre de fêtes grandioses organisées par Louis V de Looz, comte de Chiny (1268-1299). C’est grâce au récit du trouvère Jacques Bretel, qui en a rapporté les moindres détails, que l’on a une belle vision du tournoi qui s’est tenu à Chauvency pendant plusieurs jours !

Afficher Le Tournoi de Chauvency 1285 sur une carte plus grande

Chauvency dans le comté de Chiny.A la fin du XIIIe siècle, le village de Chauvency appartenait au comté de Chiny dont le seigneur, Louis V de Looz, était vassal du comte Thiébaut II de Bar (1239-1291). Chauvency se trouvait cependant juste en dehors de la juridiction royale (le Barrois mouvant). Louis V, qui appartenait à la seconde dynastie comtale dite de Looz et de Chiny, se maria en 1257 avec Jeanne, fille du comte Henri II de Bar (1190-1239) et veuve du sire Frédéric de Blâmont (1200-1255). Cette union resta stérile et ses biens furent confiés, à sa mort, à son neveu, héritier légitime.

Jacques Bretel (en habit rouge)
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le trouvère Jacques Bretel rappelle, dans son poème, que le comte Louis V envisagea très tôt de convoquer les participants à son tournoi. Ainsi, lors d’un voyage à Salm, en Alsace, trois semaines avant la date fixée, il dressa la liste des principaux barons et seigneurs qu’il souhaitait inviter à Chauvency pour tournoyer et festoyer.

Résidant ordinairement au château de Montmédy, il demanda à son jeune frère, Gérard seigneur de Chauvency, de lui permettre d’utiliser le cadre exceptionnel de son château. La réponse paraissait évidente tant les relations entre les deux frères étaient des plus fraternelles. Remontant très certainement à la fin du Xe ou au début du XIe siècle, le château, qui n’existe plus aujourd’hui, offrait, à la fin du XIIIe siècle, de puissantes murailles propices à recevoir les tournoyeurs.

Le tournoi devait être présidé par le comte de Chiny, même si celui-ci ne participa pas aux réjouissances, vu son âge avancé. Les vers 876 à 884 du poème de Bretel montrent à quel point le comte était considéré par ses futurs convives :

« Le noble comte de Chiny,
Louis de Looz, alors on peut voir.
Il doit avoir louange et gloire
Et grand honneur pour cette fête.
Les chevaliers, en leurs requêtes,
l’ont trouvé, en cette occasion,
bon seigneur et bon compagnon,
vrai mécène, courtois, magnanime ;
tous lui prodiguent éloges, estime. »

L’accueil des combattants.

La forteresse de Chauvency s’avéra, en fait, insuffisante pour accueillir les centaines d’invités prévus ; une bonne partie d’entre eux furent contraint de s’installer sous des tentes ou gagner Montmédy, distante de quelques kilomètres. Plus de 500 chevaliers répondirent à l’invitation du comte de Chiny. Ces seigneurs étaient accompagnés par des hérauts d’armes chargés d’annoncer solennellement les noms des combattants, pages, serviteurs, écuyers, palefreniers, ménestrels, musiciens, poètes à gages, cuisiniers, valets… Les festivités d’octobre 1285 attirèrent pas moins de 5 à 6 000 personnes. A cela s’ajoutèrent aussi les spectateurs venus des alentours, bourgeois, marchands d’armes, armuriers, paysans, commerçants, notaires, banquiers, médecins, acrobates et jongleurs, prostituées… On peut estimer que le tournoi de Chauvency accueillit entre 8 et 10 000 personnes, selon Dominique Henriot-Walzer.Ainsi, en dehors de la noblesse lorraine, des seigneurs et chevaliers de régions limitrophes (Allemagne, Alsace, Picardie, Hainaut, Flandre, Brabant, Limbourg, Franche-Comté, Bourgogne, Champagne, Berry, Ile-de-France, Vexin, Sancerrois, Hesbaye, Angleterre…) se déplacèrent à ChauvencyAlors que la majorité des barons présents parlaient français, une minorité, dont faisait partie Conrad Werner II de Hattstatt, était de langue germanique. Le trouvère Jacques Bretel s’en amuse d’ailleurs en soulignant que ces hommes écorchaient le français !

Les combattants qui allaient s’affronter dans la lice étaient logés séparément, en fonction du camp auquel ils appartenaient. Les chevaliers français furent donc logés à Chauvency chez le frère puîné du comte. Les chevaliers de Flandre, du Hainaut et de Ruy furent quand à deux hébergés à Montmédy.

Le comte de Chiny, étant en relation avec de puissantes familles, il invita notamment le prestigieux comte Henri VI de Luxembourg (1281-1288) accompagné de son épouse, Béatrice (décédée le 1er mars 1320), et de son frère Valéran de Ligny (voir la Tour Valéran de Ligny-en-Barrois ici). Plusieurs princes étaient apparemment absents à Chauvency. Il s’agit notamment du duc de Lorraine, Ferry III (1240-31 décembre 1302) qui ne répondit pas à l’appel du comte de Chiny ;  du comte Thiébaut II de Bar (1225-octobre 1288), alors trop âgé ; et enfin, le duc Jean 1er de Brabant (1253-1294), qui était parti en Aragon avec son beau-frère Philippe III le Hardi (1270-5 octobre 1285), décédé le 5 octobre 1285 à Perpignan.

Parmi les autres seigneurs et chevaliers présents et cités ou non par Bretel, se trouvaient :

Les Lorrains :
Henri de Deuilly (mort en 1321), châtelain de Coiffy (second fils de Gérard II comte de Vaudémont).
Pierre de Bauffremont (mort en 1302), sire de Rémonville, et beau-père d’Henri de Deuilly.
Henri 1er comte de Blâmont (1255-1331), chevalier, avoué de Vic et sénéchal de Lorraine.
Thomas de Blâmont,
Henri IV de Salm (1242-1293)
Ferry du Chastellet (mort en 1296), fils de Thierry de Lorraine dit le Diable.
Joffroy III d’Apremont (1255-11/07/1302), seigneur de Dun-sur-Meuse et de Conflans-en-Jarnisy.
Henri de Briey (1271-1285), chevalier
Ourri de Briey dit le Moine (1275-1301), chevalier, seigneur de Landres.
André d’Amance (1268-1300), chevalier et seigneur de Bioncourt
Wichart 1er d’Amance (1250-1306), chevalier.
Millet de Thil, chevalier et seigneur de Ronchamp.
Jean de Rosières-aux-Salines (avant 1281-1303), chevalier, seigneur de Lignéville et de la Malmaison, et bailli de Lorraine.
Ferry 1er de Sierck (1263-1318), chevalier.
Ferry de Chardogne, chevalier.
Arnould III de Rodemack, chevalier.
Robert dit Robinet de Watronville (1274-1294), chevalier.
Jean de Muraut, chevalier.
Aubert d’Ornes, chevalier.
Hugues « Béckart » de Maizey (1268-1288), chevalier.
Collard de Cumières, chevalier.
Raoul de Béchy, chevalier.
Arnold de Pittingen, chevalier et seigneur d’Hettange-Grande.
Roger de Mercy (1271-1294), chevalier et vassal du duc de Bar.
Pierre de Removille, chevalier.
Guyart et Joffroy de Neuville, chevaliers.
Les frères de Saint-Rémy-aux-Bois, chevaliers.
Rénier de Creüe, chevalier.
Le seigneur de Juvigny-sur-Loison, chevalier.
 Gisant de Ferry 1er de Blâmont (Nancy-Église des Cordeliers)
Les Alsaciens:
Conrad Werner II de Hattstatt, seigneur de Soultzbach et son fils Conradin (futur Conrad Werner III, mort en 1320).
Cuno ou Conon de Bergheim, chevalier.
Les Bourguignons :
Simon de Lalaing (mort en 1333), chevalier et seigneur de Quiévrain, Hordaing et Ecaussines.
Jean I de Faucogney, vicomte de Vesoul
Miles II de Ronchamp, chevalier et vassal du sire de Faucogney.
Pérart de Grilly, chevalier.
Le seigneur de Gevigney.
Les Jurassiens :
Simon de Moncley, chevalier.
Les Hennuyers, Flamands, Artésiens et Brabançons :
Baudoin IV d’Auberchicourt, chevalier et seigneur d’Estaimbourg et de Bernissart.
Le châtelain de Bergues.
Eustache III de Conflans, seigneur d’Estoyes et avoué de Thérouanne (1260-après 1285).
Jean II d’Avesnes, comte de Hainaut
Florent de Hainaut (1255-1297).
Sandroy ou Cendrars de Haussy, chevalier.
Gilbert de Haussy, écuyer et seigneur de Bazentin.
Gautier de Hondschoote, chevalier.
Philippe le Flamand, chevalier.
Boulet de Fléchin, chevalier.
Les Allemands :
Emich V comte de Linange.
Ferri de Linange, chevalier.
Robert d’Esch, chevalier (apparenté à Jean d’Esch, évêque de Verdun).
Les autres :
Waléran de Montjoie-Fauquemont, chevalier (branche de la Maison de Luxembourg, à Maastricht).
Jean 1er comte de Sancerre (1235-après1285).
Renaud de Trie, qui combattra à la bataille de Courtrai en juillet 1302.
Fastré de Ligne (mort en 1338), chevalier.
Rénier de Trive, chevalier.
Jean II de Prie (1245-1328), seigneur de Buzançais.
Péraut Bruiant, chevalier.
Jean Porrès, chevalier.

De nombreuses dames et demoiselles, pour lesquelles les chevaliers de Chauvency allaient combattre, étaient également présentes à Chauvency avec leur suite ; elles étaient les reines de la fête ! Ainsi, Haible de Florange (arrière-petite-fille de Robert de Lorraine, fils du duc de Lorraine Simon 1er), femme de Jacques de Briey sire de Boinville; Cunégonde de Sarrebruck, femme de Henri 1er de Blâmont ; Isabelle de Maizey, femme de Ferry du Chastellet ; Laure de Bauffremont, femme d’Henri de Deuilly ; Jeanne de Linange et Mahaut de Sarrebruck, sœurs de Joffroy d’Apremont, Agnès de Commercy, Jeannette de Boinville, Alice de Louppy, Jeanne d’Avillers, Alice de Neuveville, Perrine d’Esch faisaient partie des invités du comte de Chiny.

La présence de prêtres.

Bien qu’une interdiction d’assister aux tournois fut édictée 1227, les prêtres étaient présents à Chauvency pour bénir les participants. Jouteurs et tournoyeurs avaient notamment prit l’habitude d’assister à la messe avant d’entrer en lice. Le poème de Bretel souligne bien le rôle indispensable des offices religieux dans le déroulement des festivités, alors qu’à cette époque, joutes et tournois étaient formellement interdits par l’Église, qui jugeait ces « jeux » guerriers trop violents !

Le menu du tournoi.

Présidé par la comtesse de Chiny, le tournoi allait se dérouler sous le regard de la jeune et belle comtesse Béatrice de Luxembourg, qui en était alors la reine. Le trouvère Bretel, sous le charme de cette beauté, la loua à maintes reprises dans son récit : « qui tant est bone » (vers 1247) et « dont le cœur ne pense qu’à répandre la joie » (vers 4376).

A cause des fortes chaleurs de l’été, le comte de Chiny choisit d’accueillir ces invités dès le dimanche 30 septembre 1285. Les deux jours suivants, 1er et 2 octobre, furent consacrés aux joutes, exercices particulièrement épuisant opposant deux chevaliers lance à la main.

Ainsi, le lundi matin, lendemain de la Saint-Rémi, les préparatifs furent achevés ! Les premiers jouteurs qui ouvrirent la compétition furent Ferry de Chardogne et Huart de Bazentin. Le héraut du premier chevalier se mit alors à crier « Chardogne ! », ne manquant pas d’interpeller Héface, le héraut adverse qui rétorqua fortement « Tais-toi, ladre ! Dieu te maudisse ! C’est Bazentin ! Vous vous trompez ! ». La joute s’engagea vivement ; Bazentin emportant la décision en désarçonnant le chevalier barrois qui fut malencontreusement piétiné par son cheval. Ferry de Chardogne s’en tira avec le bras cassé. Après le combat, le ménestrel Henriot de Laon fit l’éloge des deux vaillants combattants qui venaient de proposer un beau spectacle.

Dans la lice se présentèrent ensuite Jean 1er de Faucogney, vicomte de Vesoul, et Conon de Bergheim. Juste avant le duel, le héraut du sire de Faucogney prononça haut et fort : « Faucogney au bon chevalier, qui ne se veut rien cacher ! Voyez-le là se préparer ». Après cette annonce, l’engagement entre les deux chevaliers fut total, si bien qu’ils se désarçonnèrent mutuellement.

Ferry de Sierck affrontant Millet de Thil

Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 

fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La lice abandonnée par les deux précédents jouteurs, le héraut d’armes Sotin s’avança en annonçant son maître « Sierck ! Sierck au bon Ferry ! Haldon, Haldon déjà lui mit cinq lances en pleine tête ». Ferry de Sierck monta fièrement sur son destrier pour en découdre avec Millet de Thil dont le héraut Coquasse ne manqua pas de répondre à Sotin en ces termes « Vienne au noble juvénile, vienne à Millet de Thil ». Ainsi, après 28 courses et 16 lances brisées, les deux chevaliers se séparèrent avec un léger avantage pour le jeune Millet. Le noble Ferry de Sierck (voyez l’église paroissiale de Sierck ici) avait trouvé un combattant à sa hauteur ! Bretel rappelle dans son récit la joute qui opposa les deux seigneurs en ces termes :

 « Et quand tout près ils s’approchèrent,
L’un contre l’autre ils se chargèrent
Comme s’ils allaient tout descendre !
Fallait des lances entendre rendre
Le grand bruit et le grand fracas !
Et les tronçons et les éclats
Volent et s’élèvent vers les nues
Et les têtes en demeurent nues
Et sans obstacle on peut les voir,
Et qui les connaît peut savoir
Qui est Millet, qui est Ferri,
À moins d’avoir perdu l’esprit ! »
Joute opposant Pérart de Grilli et Conon d’Ouren de Luxembourg
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La joute suivante opposa Pérart de Grilly au puissant Conon d’Ouren de Luxembourg, taillé, selon les mots de Bretel, comme un Frison. Sous les yeux de l’assistance, le Bourguignon remporta brillamment cette partie. Le Luxembourgeois repartit évidement la tête basse !

Le comte de Chiny annonça la joute suivante qui opposa Henri de Briey à son challenger, Conradin de Hattstatt. Jacques Bretel décrit alors le moment où Conrad Werner II de Hattstatt s’adressa à son fils juste avant l’engagement (vers 908 à 915) :

 » Va devant, cher fils,  le voici
ce chevalier qui joute à toi
Par le corps de Monseigneur Roi
Ou par saint Pierre de Cologne
Si tu ne fais bien la besogne,
Point viendre à la maison
Je chasser à coup de bâton
Qu’avant un mois vous n’entriez ! »

C’est alors aux cris de  « Va ! Que Saint-Georges te secours ! » et de « Hattstatt à Conradin l’enfant », que les deux chevaliers foncèrent l’un sur l’autre avec une telle hargne que l’issue fut prévisible. Avec la violence du choc, Henri de Briey et Conradin de Hattstatt chutèrent lourdement de cheval ; l’assemblée, stupéfaite, imagina le pire ! (Les deux jouteurs reparurent le lendemain, Henri de Briey accompagné notamment de son héraut d’arme, Magnien).

Robert dit « Robinet » de Watronville jouta ensuite contre un Limbourgeois nommé Henri au cri de « Prény à Robinet de Watronville qui m’amenuise ni me rend vil le métier d’armes mais l’honore ! ». L’engagement fit perdre à chacun des deux combattants, casques et lances.

Vers 15 heures, le comte Henri 1er de Blâmont et Raoul de Béchy clôturèrent de belle manière la première journée d’affrontements. Plusieurs hérauts d’armes – Bruiant, Gautier, Garnier – clamèrent haut et fort « Béchy au noble chevalier !« . Le combat fut équilibré, les deux jouteurs repartant à égalité.

Après une journée bien remplie, les combattants et les convives rentrèrent chacun dans leur lieu de résidence et festoyèrent une partie de la soirée. Tables et tréteaux furent dressés et les mets apportés. Au lieu de se restaurer avec avidité, on préféra chanter ; ainsi Simon de Moncley entama une première mélodie suivie d’une autre proposée par Etienne d’Oiselay et Agnès de Commercy. Bretel insiste sur l’ambiance conviviale de cette première soirée.

Après une nuit réparatrice, les chevaliers se préparèrent pour une seconde journée de joutes féroces où chacun essayera de faire preuve de prouesse. En ce mardi matin, la lice de Chauvency accueilli un chevalier lorrain Rénier de Creüe dit le balafré dont le héraut proféra, avant l’engagement, « Prény ! Prény ! », cri en l’honneur de son suzerain absent, le duc Ferry III de Lorraine. Le challenger de Creüe était un modeste chevalier anglais dont Bretel ne cite même pas le nom. L’échange fut bien rude et chacun brisa ses lances, évitant maintes fois de tomber de cheval.

Hugues « Béckart » de Maizey et Jean Porrès s’opposèrent ensuite. Échauffés par l’enjeu de la joute, le héraut du chevalier lorrain cria ‘Val a Béckart, le Brise-bois ! C’est lui qui les grands coups envoie : d’armes ainsi sait-il se servir, et au logis peu discourir !’ Malgré ces encouragements, Maizey apparemment perdit son combat.

Laissant Béckart de Maizey retourner sous sa tente, Waléran de Montjoie-Fauquemont s’avança déterminé à en découdre avec Jean de Muraut. Petit-Gautier, le héraut du seigneur de Montjoie-Fauquemont assura, à Bretel, de la noble vaillance de son maître. La joute qui s’engagea fut si disputée, que les deux participants se quittèrent ex æquo.

Joute opposant Joffroy d’Apremont et Jean de Sancerre
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La lice accueillie alors deux nobles personnages : Jean 1er comte de Sancerre et Joffroy III d’Apremont. Au son de « Seigneur Dieu, sauvez Apremont ! » et « Sancerre au jeune chevalier ! Sancerre à l’enfant sage et preux ! » proférés par leur héraut respectif, les deux chevaliers foncèrent l’un sur l’autre, offrant aux spectateurs une belle série de courses (une vingtaine environ).

Jacques Bretel fait même référence aux Chevaliers de la Table Ronde lorsqu’il évoque la venue, vers 15 heures, d’Henri 1er de Blâmont sur terrain de joute face au sire de Juvigny. En effet, il le compare à Lancelot :

« On peut en tout le présenter
comme on décrirait Lancelot.
Personne ne trouverait les mots
Pour le louer suffisamment. »

L’engagement des deux cavaliers fut entier, Blâmont chargeant même comme un forcené.

Après ce beau spectacle, Waléran de Ligny jouta contre Wichart d’Amance, sous les cris des hérauts respectifs : « Limbourg au fils de l’excellent Blondel, seigneur de Luxemebourg ! Limbourg au chevalier ! Limbourg ! Dame Sainte Marie, venez-lui en aide aujourd’hui, gardez-le, comblez-le d’honneur, car c’est un très bon seigneur ! » et « Amance à Wichart ! Amance ! Amance deux cent fois ! Amance à ce jeune courtois, Wichart, si digne d’être aimé qu’en lui nul ne sait que blâmer ! ». L’issue de la joute resta indécise longtemps.

Se présentèrent ensuite Baudoin IV d’Auberchicourt, chevalier du Douaisis et Joffroy de Neuville qui ne purent vraiment se départager malgré les nombreuses courses qu’ils offrirent à l’assemblée réunie à Chauvency.

Malgré le jour déclinant, trois rencontres furent encore prévues. Pierre de Bauffremont et Jean de Rosières joutèrent contre des chevaliers inconnus. Puis vint l’ultime échange entre deux seigneurs prestigieux, longuement annoncés par leurs hérauts respectifs, Billebaut et Malparler ; il s’agissait de Renaud de Trie et Gérard de Looz, le frère du comte de Chiny.

Cette seconde journée fut bien longue et éprouvante pour les combattants. La soirée allait encore être l’occasion de s’amuser en ripaillant, en chantant et en dansant allègrement. Le comte de Chiny s’était endetté en offrant à ses hôtes de marque des vins prestigieux venant du Rhin, de Beaune, d’Auxerre et d’Arbois. Les jeux amoureux menaient bon train. En effet, Renaud de Trie s’acoquina avec Jeannette d’Avillers ; Jean d’Oiselay eut les faveurs d’Alice de Louppy et Joffroy d’Apremont poussa la chansonnette pour charmer la belle Alice de Neuveville. Les sons mélodieux de la viole de Perrine d’Esch enchantèrent également l’assemblée encline à se divertir.

Bien que la mode en fût passée, plusieurs seigneurs, Joffroy d’Esch en tête, suivit de peu par Louis de Looz et Henri de Blâmont,  décidèrent conjointement d’organiser pour le jeudi, vers l’heure des vêpres (aux environs de 18 heures), un tournoi. Quatre rois-hérauts furent choisit : Huvelle, Fildor, Grehei et Magnien ; ils furent chargés de l’organisation de cette mêlée violente et confuse. Quand Magnien se rendit à Montmédy pour annoncer la tenue du tournoi aux seigneurs présents, Florent de Hainaut et Waléran de Montjoie-Fauquemont se félicitèrent les premiers de cette décision. Le tournoi fut d’ailleurs accueilli dans une certaine allégresse.

Danse au son de la vielle 
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le mercredi matin fut donc consacré à la planification du tournoi. Après la messe, tous les seigneurs et chevaliers tinrent conseil pour établir le programme du lendemain. Le comte Henri de Luxembourg fut le premier à prendre la parole et enjoignit les combattants à se donner à fonds pendant cette journée.  Le fougueux Henri de Blâmont, appelé alors Mauvaise-Tête par Bretel, surenchérit en jurant sur la tête de son frère Thomas et de son père Ferry que le camp de Chauvency sortira vainqueur du tournoi. Des plaisanteries et des railleries émaillèrent les débats jusqu’à ce que Joffroy d’Esch fit alors remarquer qu’il était temps de désigner deux juges-diseurs, un relevant du camp de Chauvency et l’autre de celui de Montmédy. Rénier de Creüe dit le Balafré représentant alors le camp de Chauvency et Baudoin d’Auberchicourt celui de Montmédy. Ils établirent conjointement les rencontres suivantes : Limbourgeois et Riviers contre Français et Berruyers puis Champenois et Bourguignons contre Hennuyers et Hesbignons. Puis, la soirée qui s’ensuivit, fut encore l’occasion de jeux de société et de déclarations d’amour courtois.

Le jeudi matin, avant le début du tournoi tant attendu, les prêtres dispensèrent une grande messe (vers 3070 à 3074) :

« en latin les prêtres
chantèrent dignement la messe
là je vis beaucoup de bénédiction
beaucoup de dames et de chevaliers
prièrent Jésus-Christ en remerciement »

Entre neuf heures et midi, les hérauts se rendirent à Montmédy où ils rameutèrent chevaliers, gentes dames, ménestrels, écuyers, musiciens… Le cortège se rendit plein d’allégresse au château de Chauvency.

A Chauvency, tous les participants défilèrent les uns après les autres. Les comtes de Chiny et de Blâmont passèrent en tête suivis de peu par Joffroy d’Esch, Joffroy d’Apremont et Pérart de Grilli. Gérard de Looz sur son fidèle étalon Morel et Renaud de Trie sur le sien dénommé Sorel leur emboîtèrent le pas. Et ainsi de suite.

Les différentes équipes prévues à l’avance avaient prit position à côté des tribunes. Le jour déclinant fortement, l’assemblée ne fut pas pour autant troublée et réclamait le début des hostilités.

Jacques Bretel insiste sur la rudesse du tournoi qui demandait de l’endurance et où tout acte de bravoure pouvait mener à la victoire, récompensée par les discours élogieux des dames et des trouvères, avec l’acquisition d’une monture ou de pièces d’armure… Les vers 3775 à 3800 du poème de Bretel expose le combat acharné qui opposa le comte de Luxembourg et Renaud de Trie :

« Lorsque nos deux héros se virent,
vraiment bien en garde ils se mirent,
Et se donnent de prodigieux coups
sur les bras, la tête et le cou,
frappant les heaumes retentissants,
les défonçant et fracassant,
si près s’approchent, que des pommeaux (des épées)
ils se frappent en pleins  nasaux
Après les coups, des bras s’enlacent,
Prenant les heaumes, ils s’entrelacent,
Ils tirent, se traînent et se bousculent
Presque à la renverse ils basculent,
Et quand ils peuvent s’échapper,
d’épées d’acier se vont frapper
grands coups pesants, démesurés,
dessus les heaumes azurés.
Fallait voir la mêlée grouiller,
les uns les autres s’escrimer,
couper visages, rênes brisées,
fuir dans les troupes, se pourchasse,
perdre cheval, cheval ravir,
ici furie, là accalmie !
En bien mauvais pas se sont mis,
A mon avis, les mal montés,
Malgré leur bonne volonté ! »

Les frères Henri et Ourri de Briey en compagnie d’autres Lorrains, Guyart de Neuville, Jean de Rosières, Aubert d’Ornes, Collard de Cumières et Rénier de Creüe bataillèrent vivement contre une troupe de Flamands aux ordres de Baudoin d’Auberchicourt et Gautier de Hondschoote. Le « clan » des seigneurs de Briey emporta la décision après un combat vif et appuyé.

Le comte de Chiny, accompagné du seigneur d’Esch, fut ensuite opposé aux hommes de Florent d’Hainaut (Bretel fit l’éloge de ce seigneur dans ses vers) et Philippe de Flandre. Le déchaînement de ces derniers faillit être fatal à Louis V de Looz, qui put compter sur la bravoure d’André d’Amance venu se porter à son secours. Le destrier du comte de Chiny, Morel, en réchappa de justesse.

Bien que la nuit fut tombée, les combattants poursuivirent le tournoi à la lueur des torches. Dans la pénombre, Bretel aperçu, parmi la multitude, Gérard de Looz, Simon de Moncley, Etienne d’Oiselay et Joffroy de Neuville. En raison d’une mauvaise luminosité et de la fatigue , les chevaliers cessèrent le combat et se rendirent, couverts de plaies superficielles, au château de Chauvency. Nombre de seigneurs s’étaient vaillamment comportés et avaient gagnés un butin constitué de chevaux, armes, heaumes…

Ce jeudi se termina comme les jours précédents par un généreux banquet. Ménestrels, jongleurs animèrent la soirée. Les convives dégustèrent encore du vin du Rhin, d’Arbois et d’Auxerre en accompagnement des nombreux mets proposés. Dans l’assistance, certains demandèrent ensuite qui savait jouer au Béguinage, à l’Ermite, au Pèlerinage, à la Couronne de Fleur, jeux alors forts réputés à l’époque. La duchesse de Luxembourg s’avançant pour danser la Couronne de Fleur choisit André d’Amance pour l’accompagner, au son de la vielle. Jacques Bretel clôtura la soirée en improvisant un poème à la gloire de l’Amour, suivit peu après d’une danse de Simon de Lalaing.

Le vendredi 5 octobre, après la célébration d’une grande messe, chacuns des participants et des accompagnants regagnèrent leur pays d’origine avec une certaine allégresse et sentiment d’avoir passé quelques jours délicieux à Chauvency.

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On peut remercier le trouvère Jacques Bretel car son poème a le mérite de mettre en lumière un tournoi à la fin du XIIIe siècle. Le tournoi de Chauvency y est décrit de manière remarquable et fidèle ; on y retrouve les mœurs courtoises et chevaleresques. Même si à diverses reprises Bretel paraît arranger la vérité afin qu’elle paraisse plus extraordinaire, il a su rompre la monotonie du récit en faisant alterner les scènes violentes et les descriptions de festins et de danses.

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Jeux courtois au Tournoi de Chauvency
Les jeux amoureux allaient bon train à Chauvency. En effet, la société courtoise de l’amour épuré rendait un véritable culte à la femme et au chevalier devait faire preuve de prouesse pour conquérir son cœur. Voilà la réplique d’un chevalier amoureux tentant de charmer sa promise : »Mais, pour Dieu ! douce et noble dame,
ne croyez pas que ma prière,
aille jusqu’à réclamer votre amour,
ni que je vous prie autrement,
que de me donner tout entier
et m’autoriser à vous faire plaisir.
Et par amour ne soyez pas chagrinée
si je déplore ma maladie
auprès de vous qui êtes ma santé ! »
(vers 3006 à 3017)Vous ne pouvez pas non plus me défendre
de vous aimer avec de bons sentiments.
Aussi j’apprécie beaucoup cet avantage
que par vous se forme et apparaît
en moi tout l’honneur que j’obtiens.
Et si mon corps montre de la vaillance
si pour votre amour il fait des efforts
je vous prie en secret du fond du cœur
que ce soit avec votre agrément ! »
(vers 3030 à 3041)Etonnée de cette confidence qui vient un peu tard, la dame répond alors en ces termes »Donc, que tout ce que j’ai ne fasse rien !
prenez courage et soyez preux ;
Heureuse je serai  et fière de vos prouesse
Mais je vous demande une grâce :
vous m’aviez cacher votre amour jusqu’ici
efforcez-vous de vous amender
je vous en prie et vous le commande :
je veux dans nos relations
en matière de prière et de commandement
avoir sur vous et vous sur moi
comme il convient à un loyal ami,
qui veut avoir une loyale amie,
et bien aimer sans bassesse,
et sans mauvais commerce. »
(vers 3045 à 3071)

Elle invite tout de même son prétendant à se surpasser pour elle :

« En grande peine et en grande difficulté
se mettent souvent les meilleurs
qui aiment les armes et l’honneur
vous devez donc beaucoup les honorer
et de cœur bien donner (inspirer le courage)
par amour et par courtoisie
par prières et par recommandations
on peut améliorer fortement son ami »
(vers 4048 à 4054)

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Bibliographie sélective :

R. BARBER et J. BARKER, Les tournois, 1989.
M. DELBOUILLE, Jacques Bretel, Le Tournoi de Chauvency, Liège-Paris, 1932.
H. GOFFINET, Les comtes de Chiny, 1880.

R. HARMAND, Le tournoi de Chauvency en 1285, Paris-Nancy 1905.
D. HENRIOT-WALZER, Jacques Bretel, Le Tournoi de Chauvency 1285, Edition de la Joyeuserie, 1997.
 NB : La documentation ci-dessus et son mérite revient à l’auteur du site http://patrimoine-de-lorraine.blogspot.fr et nous partageons le travail avec respect.

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1402 – Château de Montendre : un combat franco-anglais 7 contre 7 en champ clos http://combatmedieval.com/1402-chateau-de-montendre-un-combat-franco-anglais-7-contre-7-en-champ-clos/ http://combatmedieval.com/1402-chateau-de-montendre-un-combat-franco-anglais-7-contre-7-en-champ-clos/#respond Sat, 28 Jul 2012 12:54:20 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2360 Introduction : A cette époque, les rois, comme les empereurs romains avant eux, envoyaient les meilleurs en découdre dans l’arène, pour une belle dame, pour un territoire, ou pour l’honneur. C’était la Guerre de Cent Ans. Aujourd’hui, les armes sont plus mouchetées, les belles dames ont d’autres critères d’appréciation, et le champ clos est plein …

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Introduction : A cette époque, les rois, comme les empereurs romains avant eux, envoyaient les meilleurs en découdre dans l’arène, pour une belle dame, pour un territoire, ou pour l’honneur. C’était la Guerre de Cent Ans. Aujourd’hui, les armes sont plus mouchetées, les belles dames ont d’autres critères d’appréciation, et le champ clos est plein de caméras. Le récit de Moreau qui en est l’auteur est d’une lecture agréable. Source : Revue Anglo-Française – T. 3 – Poitiers – 1836

Un combat en champ clos, à Montandre [1], au commencement du XVe siècle (1402). Lorsque l’antique Aquitaine, qui depuis Auguste s’étendait jusqu’à la Loire, rentra au moyen-âge dans sa première circonscription, et prit le nom de Guienne, ses limites septentrionales furent fixées à peu de distance de la Gironde, sur le territoire des anciens Santons. Ces frontières furent appelées marche [2] de Guienne ; et, du côté de la Saintonge, plusieurs châteaux furent édifiés pour former une ligne de défense [3]. Cognac , Mirambeau, Montandre, Monlieu , Monguyon [4], en opposant leurs remparts aux entreprises des ennemis, firent plus d’une fois respecter la Saintonge. Montandre surtout, le plus avancé dans la marche, avec ses tours élevées jusqu’aux nuages, arrêta les plus intrépides. C’est à l’aspect de son donjon, au commencement du XVe siècle [5], que fut livré un de ces combats singuliers, si communs à cette époque, combat anglo-français , auquel Montandre doit attacher son nom. Montandre, ou Mont Andronis, était, au Xe siècle, un castrum qui relevait de la couronne, et servait de manoir à un de ces nobles barons qui, ne reconnaissant d’autre suzerain que le roi de France, marchaient au premier rang avec les sires de la comté de Saintonge Mais lorsque cette province devint possession anglaise, par suite du divorce de Louis-le-Jeune avec la reine Aliénor, et du mariage de cette princesse avec un Plantagenet, Montandre suivit le sort de toute l’Aquitaine, et cette châtellenie fut assujettie à l’hommage lige envers le souverain anglais. Au XIIe siècle, le fils de Gifar, un certain Guillaume [6], s’honorait de porter le nom de sa terre, et se faisait appeler Montandre. Souvent, après avoir fait brandir sa lance sur son donjon, il courait prendre ses ébats dans sa châtellenie de Didonne [7], et promenait ses regards inquiets sur le fleuve de la Gironde, où le pilote saintongeois osait braver les écueils. Vers 1236, un descendant de Guillaume, Hugues de Didonne, quatre fois baron, parce qu’il possédait quatre baronnies, Didonne, Tonnay [8], Royan [9], Montandre, fier de ces hautes dignités, exerçait des violences sur le clergé de son voisinage, et, à l’instar des sires ses contemporains, après avoir vexé le prêtre, il expiait ses fautes en donnant à l’Eglise une partie de ses biens. Pendant les longues divisions qui régnèrent entre les deux États de France et d’Angleterre, durant la séculaire alternative de possessions continentales, la plupart des seigneurs de Saintonge, sans énergie comme sans caractère, se rallièrent toujours aux vainqueurs. Lors de la révolte du comte de la Marche, fomentée par la reine Isabelle ; lors de la conquête de saint Louis, et du traité qui fixa à la Charente les limites des deux États, ils furent, selon les circonstances, hommes de deçà ou de par-delà, c’est-à-dire de France ou d’Angleterre : mais ceux de Montandre conservèrent une fidélité inviolable ; quoique leurs terres fussent tombées au pouvoir anglais, plusieurs restèrent au service de la France ; et, au jour fatal de la bataille de Poitiers [10], le seigneur de Montandre partagea le sort de Jean, et eut l’honneur d’être fait prisonnier à côté du monarque [11]. Trois siècles de rivalité avaient affaibli les deux nations ; la haine que l’Anglais portait à la France, depuis les conquête » des Normands, ne fut point assouvie, quand cette même France abandonna les belles provinces de la dot d’Aliénor. Depuis cette déplorable époque, l’Anglais eut long-temps le pied sur le sol français. La confiscation faite par Philippe-Auguste, les batailles de Taillebourg et de Saintes, les victoires de du Guesclin, ne purent l’éloigner que par instans. Crécy, Poitiers, ces journées de deuil pour le pays, ramenèrent avec elles l’insulaire, qui s’affermit davantage sur le continent. Avant le traité de Brétigny [12], en vertu duquel toute la Saintonge fut cédée aux Anglais, la garde du château de Montandre avait été confiée à des agens britanniques ; on y avait vu commander Aimond Arnaud, le sergent Bernard , Pierre Montauzer, Arnaud de Garcie, Pierre de Castillon [13]. Après le traité, ce château fut mis entre les mains de Soudan de Latrave, non moins chaud partisan de l’Angleterre. Mais en 1402, époque du combat de Montandre, le château devait appartenir à la France [14] ; il était réputé frontière a cause de sa situation sur la marche de Guienne, limites des possessions anglaises signalées comme rendez-vous aux preux qui devaient combattre [15].

A cette époque l’Angleterre était dans la détresse, la France aux abois, en proie à de continuelles dissensions ; ces deux Etats étaient énervés. Sur le continent, l’ambition des princes, se disputant la régence, lors de la minorité de Charles VI, avait fait naître des discordes que la démence du monarque entretenait. Chez les insulaires, les intrigues du duc de Lancastre, surgissant de l’impéritie de Richard II, avaient allumé la guerre civile. Les deux nations, déchirées l’une et l’autre au dedans et au dehors, avaient besoin de tranquillité. Richard, né dans la Guienne, en épousant Isabeau, fille de Charles VI, amena une trêve désirée ; et le duc d’Orléans, oncle de la princesse, faisant un traité d’alliance avec le duc de Lancastre, semblait promettre la paix : vain espoir ! le parti du duc prévalut en Angleterre ; le malheureux Richard, arrêté, emprisonné, est mis à mort, et Lancastre, parvenu sur un trône ensanglanté, règne sous le nom de Henri IV. Bordeaux refuse le serment au nouveau roi, la reine Isabeau est rappelée en France, et le duc d’Orléans, furieux contre le roi d’Angleterre, lui porte d’insolens défis. Il lui écrivait : « Jeunesse que mon cœur requiert employer à aucun fait pour acquérir bonne renommée, me fait penser de faire métier d’arme, et que plus honorablement ne pourrois acquérir que d’être en une place où fussions nous deux accompagnés, chacun de son côté, de cent gentilshommes à un combat jusqu’au rendre. » Sur quoi il fut répondu par Henri : « Nous irons personnellement dans notre pays par-delà, accompagnés de tant de gens qu’il vous plaira, lesquels nous réputons tous nos loyaux serviteurs sujets, et aucun pour y conserver notre droit. Vous pouvez mettre en tel nombre de gens comme mieux vous semblera pour acquérir honneur, soit pour combattre entre nos deux personnes, laquelle chose nous désirons plus qu’autrement, que tout le monde sache que notre réponse ne procède point de présomptuosité de cœur, et mettre en reproche nul prud’homme qui a son honneur cher ; non-seulement pour faire abattre la hautesse de cœur et surquidance de celui quel qu’il soit qui ne sait discerner quel est lui-même. » Et le duc d’Orléans de répliquer : « Ce que vous avez écrit que celui qui ne sait discerner en quel état il est soi-même, qui veut élire gens sans reproche, sache que je sais que je suis et ceux de ma compagnie , et vous le mande, et vous le trouverez que nous sommes tous prud’hommes et loyeaux ; et que par tels nous tenons et réputons, et nous savons bien et saurons (si Dieu plaît) garder et faire autre chose que loyeaux, prud’hommes et gentils ne doivent faire ne par écrit, ne par dit, ne par fait ; mais, vous et vos gens, regardez à vous et m’écrivez sur toute chose votre intention, laquelle chose je désire savoir moult en bref. » Henri répondit : « Vous dites que ceux de votre compagnie et vous êtes tous prud’hommes et loyeaux et pour tels réputés. Touchant votre compagnie, nous ne leur réprouvons pas, car nous ne les connaissons pas ; mais quant à votre personne, nous ne vous réputons pas pour tel, toute chose considérée [16]. » L’entrevue qui devait suivre ces bravades n’eut point lieu. Les princes ne comparurent personnellement ni l’un ni l’autre ; mais un combat en champ clos fut livré entre sept Français au service du duc d’Orléans et sept Anglais désignés par le roi d’Angleterre. Ce fut à la vue du castrum de Montandre [17] que ces athlètes se portèrent leurs coups. Sur un sol composé de sable et de poudingue ferrugineux [18] s’élèvent six mamelons, sorte de dunes diluviennes, où la matière arénacée que le temps avait consolidée est redevenue meuble par le soc du laboureur. L’Andronis domine sur ces collines environnantes, comme le mont Capitolin sur les six collines de Rome. C’était sur ce mont Andronis, élevé de 800 pieds au dessus du niveau de la mer, qu’était construit le castrum , le géant de la marche de Guienne ; et c’est à l’opposite, sur le sable du monticule de l’ouest, que coula le sang des combattans. C’était alors un goût général chez les deux nations que les combats singuliers [19], soit combats à outrance comme celui des trente [20], conduits par le français de Beaumanoir et l’anglais Richard Pembroke, soit de simples spectacles de faits d’armes pour des récréations royales, comme la joute du pas de Sandricourt [21], exécutée par dix jeunes Français, et le tournoi de Windsor, ordonné par Richard II [22]. Celui de Montandre ne fut pas de ces joutes futiles, Inventées pour le plaisir des dames, où de simples rubans étaient les prix de la victoire ; mais un combat opiniâtre où l’honneur du preux n’était pas séparé de celui de l’Etat. Les deux armées se placèrent dans la plaine ; les compagnies françaises qui tenaient Mirambeau, St-Maigrin, Archiac [23], se rendirent sur la marche de Guienne, et vinrent occuper les sables de Montandre, sous les ordres d’Harpedane, qui se trouvait avec Rutland dans l’Andronis, tandis que les troupes anglaises, arrivant des bords de la Gironde, se rangèrent dans la même plaine vis-à-vis les premières. Ainsi les armées rivales, s’étendant au pied du castrum , formèrent un vaste cercle de lances autour d’un tertre destiné à être foulé par des braves. Jean Harpedane [24], vicomte d’Aunai, .alors sénéchal de Saintonge, fit tout préparer pour le combat. Il présidait la bataille au nom de Charles VI qu’il représentait. Le roi d’Angleterre Henri avait, de son côté, député le comte Rutland [25] pour le même objet. Les Français qui devaient combattre, tous réputés preux, parurent à Montandre ; ils avaient à leur tête Guillaume de Barbazan. Marchaient à la suite, Guillaume Duchâtel de Basse-Normandie, Archambeau de Villars, Colinet du Brabant, Guillaume Bataille, Caronis [26] et Champagne [27]. Les Anglais avaient pour chef Scales ; les six autres se nommaient Aimar Clouet [28], Jean Héron , Richard Witevalle [29], Jean Fleuri, Thomas Trays et Robert Scales [30]. Tous étaient armés de la lance et de la hache , et portaient au bras le bouclier carré [31]. L’heure du combat arrive ; les sept Français, sortant du temple de la prière, se dirigent sur le champ de bataille où leurs adversaires les attendaient. Les preux sont en présence, sur la hauteur qui fait face à l’Andronis. Barbazan exhorte les siens à combattre pour l’honneur de la France. Le sénéchal Harpedane donne le signal ; un héraut s’écrie : Que chacun fasse son devoir ! Les guerriers alors s’avancent les uns vers les autres, pour combattre à la lance. Barbazan attaque le premier le chevalier de Scales ; chacun choisit son adversaire ; les armes se croisent, se choquent, se brisent ; et, après ces premiers faits à la lance, les combattans jettent cette arme, saisissent la hache, et se disposent à se porter de plus rudes coups. Le plus redoutable des Français était Duchâtel, qu’une haute stature, qu’une force prodigieuse rendaient un puissant athlète ; aucun Anglais n’osait se mesurer avec lui. Cependant le combat à la hache s’engage, chaque Français est aux prises avec un Anglais ; toutefois deux de ces derniers se précipitent en même temps sur Duchâtel, son bras adroit et nerveux tint bon contre ses ennemis qui attachaient à sa défaite l’espoir de la victoire. Cependant Archambeau, demeuré sans adversaire , tombe sur Robert de Scales qui en était aux mains avec Caronis, et, le frappant à la tête d’un violent coup de hache, l’étend mort à ses pieds. S’élançant aussitôt vers Duchâtel, il rend le combat égal Champagne, de son côté, combattait avec ardeur. Ce jeune chevalier n’avait encore essayé ses forces dans aucune rencontre ; le premier, il s’était présenté pour être un des champions de Montandre ; mais le duc d’Orléans dont il était aimé, craignant pour son inexpérience, n’avait consenti qu’avec peine à le laisser partir [32] ; néanmoins ce jeune guerrier prouva, par ses essais, qu’il ne cédait en rien aux héros ses compagnons d’armes ; il terrassa son adversaire et le força de lui demander quartier. Les Français avaient l’avantage sur tous les points, excepté là où combattait Guillaume Bataille. Le malheureux fut abattu par son ennemi ; cependant les siens viennent à son secours, et bientôt tous les Anglais sont vaincus [33]. Telle fut l’issue de ce combat célèbre, livré en présence de deux armées., et devant les hauts barons de Saintonge, châtelains de St-Mégrin, Archiac, Pons, Matha. Le sénéchal de Saintonge [34] ramena les Français victorieux auprès du monarque. Barbasan , leur chef, fut appelé chevalier sans reproche ; le roi fit graver ce titre sur l’épée d’honneur dont il lui fit présent, y ajoutant cette devise : Ut lapsu graviore ruant. Ce combat, raconté de plusieurs sortes par les historiens, rendit célèbre le château de Montandre ; néanmoins la tradition n’en a pas conservé le souvenir, et l’on ignorerait ces faits d’armes si l’histoire ne les eût fixés dans ses pages [35]. Cinquante années s’étaient écoulées depuis le combat des quatorze preux, et les Anglais étaient encore maîtres de Montandre. Le maréchal de Brosse en fit le siége, le prit d’assaut et fit raser les fortifications ; elles tombèrent ces tours qui avaient bravé les efforts de tant d’ennemis. Peu de temps après, les Anglais, encore une fois maîtres de la Saintonge, rentrèrent dans cet Andronis, alors sans défense ; mais le fils de Jean de Brosse, après avoir contribué à délivrer la France de Talbot, vint les chasser pour toujours. J’ai marché dans les sables de Montandre, j’ai gravi sur son sommet ; j’ai consulté les ruines du castrum ; j’ai interrogé la population : un seul vieillard m’a montré l’une des six collines, et m’a nommé la Motte-à-Vaillant. Celle de l’Andronis, quoique privée de ses antiques fortifications, a conservé son aspect imposant. On aime à voir, de son sommet, le vaste horizon qui se montre sans obstacle dans toute l’étendue de sa circonférence, avec les sinuosités nébuleuses des hauteurs de Pons, Mirambeau, Monlieu, et la barque que le nautonier conduit sur la Gironde. C’est au pied de l’Andronis que sont construites l’église, la halle et les demeures agglomérées qui constituent le bourg. Une autre colline est maintenant ombragée de pins maritimes ; une troisième est consacrée à la culture de la vigne. On voit, sur d’autres, des moulins exposés à l’utile influence de tous les vents ; mais la plus intéressante est celle de l’ouest, à cause des souvenirs qui s’y rattachent, celle où la victoire de sept Français sur un pareil nombre de champions d’Angleterre vint ouvrir le XVe siècle par le combat des quatorze. Ce tertre garda le nom de la Motte-à-Vaillant, pour témoigner aux siècles avenir que des preux de France et d’Angleterre, neuf versèrent leur sang pour soutenir l’honneur des deux nations rivales [36]. MOREAU (de Saintes).

Notes

[1] Montandre ou Montendre, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Jonzac, département de la Charente-Inférieure. C’était, à l’avènement de la famille capétienne, une grande châtellenie. En 1334, elle fut mise au nombre des cinquante qui composèrent le comté de Saintonge et relevaient du duché de Guienne. Ce qui se voit par l’état que fit faire Edouard III , pour déterminer la valeur de l’arpent dans chacune de ces châtellenies.

[2] On appelait marche, les frontières d’un pays ou l’on établissait des fortifications pour en défendre l’entrée ; de là le nom de marquis donné à celui à qui était confié le commandement d’une marche.

[3] Une lettre-patente de Charles VI, publiée par Godefroy, porte : que voulant user de « s prérogatives royales, il appliquait à son domaine les châteaux et autres lieux étant « en la frontière des ennemis près Bordeaux, où pourroit descendre nombre de gens , pour grever notre royaume et notre pays de Saintonge. »

[4] C’étaient autant de castellum situés sur la frontière de Saintonge : plusieurs offrent des restes de constructions du moyen-âge.

[5] Le 19 mai 1403.

[6] Cartulaire de l’abbaye de Vaux en Saintonge.

[7] Didonne était l’une des plus anciennes châtellenies de Saintonge ; elle était située près de la Gironde, commune de Semussac, arrondissement de Saintes. La charte de fondation de l’abbaye de Saintes fait mention de Didonne, en 1047.

[8] Tonnay-Charente, sur le fleuve du même nom.

[9] Royan, à l’embouchure de la Gironde, département de la Charente-Inférieure.

[10] Les seigneurs do Pons, de Tonnay-Charente et de Surgères, se trouvèrent à cette bataille. Les deux premiers y furent tués.

[11] Froissart.

[12] En 1360, par le premier article, la Saintonge, en-deçà et au-delà de la Charente, est accordée aux Anglais.

[13] Rôles gascons.

[14] En 1370, Charles V ayant cité le prince de Galles à se présenter en personne à la Chambre des Pairs, pour ouïr droit sur ses complaintes et griefs, dont ses sujets clamoient droit en cour, le priuce de Galles répondit qu’il comparaîtrait suivi de 60,000 hommes. La Cour des Pairs déclara alors, par arrêt, toute la Guyenne confisquée au roi. (Théodore deBlois.)

[15] Allain Chartier.

[16] Duchêne.

[17] Le héraut chargé de porter le cartel en Angleterre, dit, devint le roi Henri, qu’il avait déjà déterminé le champ de bataille, que ce serait auprès de Bordeaux. (Le Laboureur. )

[18] Ce terrain de diluvion se trouve par strates, alternant avec des sables ; plusieurs fragmens ont été employés dans la construction du château actuel ; on les voit également dans les vieux murs, contrastant par leur couleur rembrunie arec la teinte jaunâtre des moellons calcaires dont ils sont mélangés.

[19] Tel que le combat en champ clos de Paris, en 1383 , derrière St-Martin-des-Champs, entre Pierre Courteny, seigneur anglais, qui vint combattre Gui de la Trémouille, en présence du roi, et qui fut blessé par le français Clary. On peut encore citer celui qui eut lieu en Bretagne, entre le duc de Bretagne et le duc de Buckingham.

[20] Le combat des trente remonte a l’an 1351. Beaumanoir était chef du parti de la comtesse de Blois ; Richard Pembroke commandait les Anglais qui soutenaient la comtesse de Montfort.

[21] Sandricourt, château voisin de Pontoise, remarquable par le tournoi de 1393 ; dix jeunes seigneurs de la cour de Charles VI y combattirent. Des dames en grand nombre, qui assistèrent à cette fête militaire, furent magnifiquement traitées par Hédouville, seigneur du château.

[22] Le roi Richard, dit Froisssart, fit crier par tout son royaume, jusqu’en Ecosse, une joute qui devait être à Windsor, de quarante chevaliers de dames et de quarante écuyers qui devaient être vêtus de vert, et à être la reine à cette fête bien accompagnée de dames et de demoiselles.

[23] Ces châteaux, voisins de Montandre, sont situés au midi de la Saintonge, département de la Charente-Inférieure, arrondissement de Jonzac.

[24] Jean Harpedane II, seigneur de Belleville , fut chambellan de Charles VI ; il résidait à Saint-Jean-d’Angély. Il acheta , en 1415, la terre de Mirambeau et celle de Cônac. Son fils, Harpedane III, épousa Marguerite de France, dite de Valois, fille naturelle de Charles VI.

[25] Fils du duc de Yorck et neveu du roi Henri IV. Celui-ci, encore duc de Lancastre, fut invité au tournoi de Windsor, où on avait projeté de l’assassiner. Rutland, qui était dans le secret, révéla le complot.

[26] Le Laboureur, qui l’appelle Carius , croit qu’il faut lire d’Escart dans la pièce où il a puisé. Allain Chartier dit Robert Querois.

[27] On trouve souvent les noms des sept Français du combat de Montandre dans l’Histoire de Charles VI. Il est dit dans une ordonnance de ce prince, rapportée par Villevault : « Arneaud Guillier de Barbazan, Guillaume Bataille, Clignet de Brabant, Archambeau de Villars qui prennent par an, sur notre trésor, 500 livres parisis, n’en prendront plus aucune chose. »

[28] Aimar Choter, selon Le Laboureur.

[29] Richard de Bouteville. (Le Laboureur.)

[30] Juvenal des Ursins. Allain Chartier ne nomme que quatre Anglais : Robert d’Escalle, Richard Heri, Fleury d’Angleterre, et Thomas Salles ou Stilles.

[31] Ce bouclier portait le nom de targe.

[32] Monseigneur, laissez-le venir, dit Barbazan au duc d’Orléans, car s’il peut une fois tenir son ennemi aux mains et le joindre à lui par le moyen de la luicte, il l’abattra et le déconfira. (Juvénal des Ursins.)

[33] Juvénal des Ursins.

[34] Le sang coula assez long-temps sans qu’on pût juger de quel coté serait la victoire. Apres une vigoureuse résistance du côté des Anglais, la mort de l’un d’eux décida de l’avantage, et le sire Harpadenne ramena les vainqueurs a Paris, où ils furent reçus à grande joie et reçurent de beaux présens. (Le Laboureur.) Le duc d’Orléans, quand ils furent à Paris, les festoya grandement pour la victoire qu’ils avoient eu a l’encontre desdtts Anglois, et à l’entrée de Paris furent vêtus lesdits François tout de blanc, et furent les juges, le sire Harpadenne et le sire de Duras. (Allain Chartier.)

[35] Octavien de St-Gelais, évêque d’Angoulême, fils de Pierre de St-Gelais, seigneur de Monlieu, dans le voisinage de Montandre, parle de ce combat dans son Verger d’honneur. Voici des vers sur ce sujet, écrits dans le même siècle que l’évènement : Après, dit-il, je vis sept nobles Preux Armés à blanc, ayant au poing la hache. Qui défirent sept arrogans Anglois, Où pas un d’eux si ne se montra lasche. Car si très-bien firent sans épargner, Qu’assez en peut Montandre témoigner, Château cogneu où fut l’emprinte faîte Et des Anglois honteux la défaite.

[36] Suivant le récit, en style du temps, dont on va parler, Harpadaine, seigneur de Belleville, fut juge pour les Anglais à ce mémorable combat, et pour les Français le sire de Pontz remplit les mêmes fonctions. De plus, Champaigne cet aussi indiqué comme un jeune écuyer qui, voyant que les Anglais étaient sept et les Français seulement six, requist et pria moult fort ces derniers de le recueillir avec eulx, à laquelle chouse accorder y eut de grans difficultés, pour ce qu’il estait, comme dict est, jeune, et n’avait pas grandement veu tels affaires.

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L’héroïsme Hongrois : La Bataille de Mohaç http://combatmedieval.com/lheroisme-hongrois-la-bataille-de-mohac/ http://combatmedieval.com/lheroisme-hongrois-la-bataille-de-mohac/#respond Thu, 10 May 2012 12:50:57 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2357 La Bataille de Mohaç ou Mohaç (hongrois: Mohacs csata) eu lieu le 29 Août 1526 entre les armées de l’Empire ottoman et le Royaume de Hongrie. Cette ville est à jamais célèbre par la bataille qui en août 1526 vit l’armée ottomane de Soliman le Magnifique massacrer les Hongrois conduits par leur roi Louis II qui périt dans les combats.   Belligérants  Empire Ottoman : ~ 55,000-60,000 …

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La Bataille de Mohaç ou Mohaç (hongrois: Mohacs csata) eu lieu le 29 Août 1526 entre les armées de l’Empire ottoman et le Royaume de Hongrie. Cette ville est à jamais célèbre par la bataille qui en août 1526 vit l’armée ottomane de Soliman le Magnifique massacrer les Hongrois conduits par leur roi Louis II qui périt dans les combats.

 

Belligérants
Ottoman Empire Empire Ottoman :

~ 55,000-60,000 (d’autres estimations: 100.000 hommes)
45.000 vétérans
10.000 irréguliers
160 canons (boulets de canon en pierre)

Coa Hungary Country History (14th century).svg Royaume de Hongrie

Kingdom of Croatia Royaume de Croatie
 Royaume de Bohème
Holy Roman Empire Saint Empire Romain
Bavaria Bavière
Papal States Etats Papaux
POL Przemysł II 1295 COA.svg Royaume de Pologne

 

~ 35.000-40.000 (26 000 sont arrivés sur le champ de bataille)

chevaliers, Gendarme lourds, 85 canons (mais seulement 53 étant utilisé dans la bataille proprement dite) avec des boulets de canon de fer explosifs et d’arquebusiers

10.000 croates et 5000 hommes de Bohême ne sont pas arrivés au champ de bataille dans le temps.

 

La Hongrie bâti une armée coûteuse, mais obsolète, comparable à celle du roi François Ier à la bataille de Pavie pour la plupart tributaires des chevaliers lourdement armés montés sur des chevaux blindés (gendarme chevaliers). La ligne hongroise se composait de deux lignes, la première avec un centre d’infanterie mercenaire et de l’artillerie avec la majorité de la cavalerie sur les flancs. La deuxième ligne était un mélange d’infanterie et de cavalerie.

Comme il subsiste des incertitudes sur le nombre de combattants réels, il ya un débat sur la longueur de la bataille. Elle a démarrée entre 13h00 et 14h00, mais la fin est difficile à établir. Tandis que certains historiens ont déterminé la longueur de la bataille de deux à cinq heures.
Comme les premières troupes de Soliman s’avançaient sur le champ de bataille, ils ont été attaqués et mis en déroute par les troupes hongroises. Cette attaque par la droite hongroise a réussi à provoquer une confusion considérable parmi les troupes ottomanes, mais alors même que l’attaque hongroise pressait, les Ottomans se sont rassemblés avec l’arrivée de vétérans ottomans déployés depuis les réserves. Alors que le flanc droit hongrois avançait assez profondément, le sultan Soliman fût en danger et frappé par des flèches hongroises sur sa cuirasse, les ottomans et la charge en temps opportun des janissaires, les troupes d’élite des Ottomans, eurent probablement submergé les attaquants, en particulier sur le flanc gauche hongrois. Les Hongrois eurent alors de nombreuses pertes à cause de l’artillerie turque et des volées de mousquet. Les Hongrois ne pouvaient pas tenir leurs positions, et ceux qui n’ont pas fui ont été encerclés et tués ou capturés. Le résultat fut un désastre. Le roi a quitté le champ de bataille aux environs de crépuscule, mais a été renversé de son cheval dans une rivière à Csele et mourut, accablé par sa lourde armure. 1.000 nobles hongrois et d’autres dirigeants ont également été tués. Il est généralement admis que la plus de 14.000 soldats hongrois ont été tués dans la bataille initiale.
Dans la foulée, Suliman donna pour ordre de tuer les prisonniers. Le lendemain, on écrivit dans son journal: «Le sultan, assis sur un trône d’or, reçoit l’hommage des vizirs et des beys, 2.000 prisonniers massacrés, la pluie tombe à torrents. » Il attendit à Mohacs pendant quelques jours avant de se déplacer avec précaution contre Buda.

 

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La conquête de l’Angleterre racontée par la tapisserie de Bayeux http://combatmedieval.com/la-conquete-de-langleterre-racontee-par-la-tapisserie-de-bayeux/ http://combatmedieval.com/la-conquete-de-langleterre-racontee-par-la-tapisserie-de-bayeux/#respond Sun, 29 Apr 2012 12:47:44 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2355 Classée « Mémoire du Monde » par l’UNESCO, la Tapisserie de Bayeux (Calvados) est une broderie, longue de 70 mètres, réalisée au  XIe siècle. Célébrant la conquête de l’Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, cette toile de lin a probablement été brodée par des moines dans le sud de l’Angleterre après la bataille d’Hastings le 14 octobre 1066. Animaux …

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Classée « Mémoire du Monde » par l’UNESCO, la Tapisserie de Bayeux (Calvados) est une broderie, longue de 70 mètres, réalisée au  XIe siècle. Célébrant la conquête de l’Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, cette toile de lin a probablement été brodée par des moines dans le sud de l’Angleterre après la bataille d’Hastings le 14 octobre 1066. Animaux mythologiques, navires vikings, cavaleries normande et saxonne illustrent les exploits de Guillaume et de son adversaire Harold, autre prétendant au trône d’Angleterre. L’Angleterre serait alors une colonie française du XIème siècle… un sujet qui fait débat!

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Le Prince russe Alexandre Nevski bat les chevaliers teutoniques sur le lac Tchudskoe http://combatmedieval.com/le-prince-russe-alexandre-nevski-bat-les-chevaliers-teutoniques-sur-le-lac-tchudskoe/ http://combatmedieval.com/le-prince-russe-alexandre-nevski-bat-les-chevaliers-teutoniques-sur-le-lac-tchudskoe/#respond Tue, 10 Apr 2012 12:40:34 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2353 Déjà affaiblie par les invasions mongoles, la Russie du XIIIème siècle va devoir faire face à un ennemi encore plus redoutable. Bien décidés à s’emparer du pouvoir, les chevaliers teutoniques sillonnent les territoires de l’Ouest en semant sur leur passage horreur et désolation. L’ordre teutonique étend rapidement sa domination sur la majeure partie des pays baltes, régnant …

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Déjà affaiblie par les invasions mongoles, la Russie du XIIIème siècle va devoir faire face à un ennemi encore plus redoutable. Bien décidés à s’emparer du pouvoir, les chevaliers teutoniques sillonnent les territoires de l’Ouest en semant sur leur passage horreur et désolation. L’ordre teutonique étend rapidement sa domination sur la majeure partie des pays baltes, régnant sur la Prusse, la Courlande (en Lettonie), la Livonie (Lettonie) et l’Estonie. Face au danger, la résistance russe s’organise autour d’un homme connu pour ses exploits guerriers, le prince Alexandre Nevski. Le 5 avril 1262, sous la conduite d’Alexandre Nevsky, le peuple russe a mené contre les chevaliers teutoniques la célèbre Bataille sur la glace à la frontière de l’Estonie actuelle.

La célèbre « Bataille de la Glace » peut alors commencer : « La glace est mince et l’Allemand est plus lourd, elle cédera à lui ». Les Chevaliers Teutoniques lourdement armés poursuivent les Russes qui les attirent sur la glace du lac gelé Peïpous. La glace encore fragile rompt et les eaux engloutissent l’ennemi.

La gigantesque bataille du lac de Tchoudsk figure parmi les pages glorieuses de l’histoire nationale, la victoire de la Russie sur la Livonie*** obtenue au XIIIe siècle par le prince Alexandre Nevski, fils du grand duc Jaroslav II.

À la suite de l’éclatement de l’URSS, le lac de Tchoudsk (Peipsi) est devenu un plan d’eau partagé et sa gestion nécessite de nouveaux mécanismes. Depuis la Perestroïka le lac Peipsi/Chudskoe est situé sur la frontière entre l’Estonie et la Russie, qui se partagent le bassin versant avec la Lettonie. Les changements politiques et le besoin de coopération économique (pêche, transport) ont stimulé la coopération transfrontalière. Ce lac présente des caractéristiques naturelles uniques : il est peu profond, eutrophique, biologiquement productif ; il dispose de ressources halieutiques notables et de zones humides d’une importance internationale (site de Ramsar).

Près d’un million de personnes vivent dans ce bassin. En 1997, cinq ans après le rétablissement des frontières entre l’Estonie et la Russie, les gouvernements riverains ont signé un accord sur la protection et l’utilisation durable des plans d’eau transfrontaliers. Une commission intergouvernementale fut établie pour coordonner l’application de cet accord.

 

Cette bataille inspira également Prokofiev

 

 

*** Livonie, (la) Livonia, grande province de l’Empire russien (russe), avec titre de duché sur la mer Baltique et sur le Golfe de Finlande ; il y a quantité de forêts et de bons pâturages. Elle abonde en tout ce qui est nécessaire à la vie. Pierre-le-Grand la conquit après la bataille de Pultava ; et le traité de Niestadt lui en assura la possession. Il en était resté une petite partie à la Pologne par le traité d’Oliva. Dunebourg en était la capitale. En 1772 la Russie s’est emparée de ce reste. Les Livoniens ont à peu près les mêmes mœurs que les Lithuaniens. La Livonie comprend le gouvernement de Riga, les îles d’Oesel et de Dagha ; autrefois elle comprenait encore la Curlande et la Semigalle. Riga en est la capitale.

 

 

 

Source : pays-baltes.com

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La Bataille de Crécy 1346 et l’utilisation des arcs http://combatmedieval.com/la-bataille-de-crecy-1346-et-lutilisation-des-arcs/ http://combatmedieval.com/la-bataille-de-crecy-1346-et-lutilisation-des-arcs/#respond Wed, 28 Mar 2012 12:36:31 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2347 Les forces présentes lors de la Bataille de Crécy: FRANCE : Philippe VI Jean Ier de Bohême Charles II d’Alençon   L’armée française, de 24 000 à 50 000 hommes, est organisée sur 3 lignes. Au-devant on trouve les arbalétriers génois, ainsi que 2 lignes de chevaliers. Le reste est composé de troupes à pied …

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Les forces présentes lors de la Bataille de Crécy:


  • FRANCE :

Philippe VI
Jean Ier de Bohême
Charles II d’Alençon

 

L’armée française, de 24 000 à 50 000 hommes, est organisée sur 3 lignes. Au-devant on trouve les arbalétriers génois, ainsi que 2 lignes de chevaliers. Le reste est composé de troupes à pied qui occupent l’arrière et les côtés. L’armée française n’a aucune tactique pour la bataille et arrive en fin de journée de manière confuse devant la position anglaise.

 

  • ANGLETERRE :

Édouard III (Angleterre) et le Prince Noir

L’armée anglaise est formée en 3 « batailles », 2 forment la première ligne (le Prince Noir et les comtes de Northampton et d’Arundel). Édouard III commande la troisième « bataille » qui formera la seconde ligne. L’ensemble comprend de 8 000 à 12 000 hommes, dont environ 3/4 d’archers. La première ligne est parfaitement positionnée derrière des rangées de pieux où viendront s’empaler les chevaliers français. Les chevaliers anglais sont prêts à contre attaquer si besoin.

 

Les historiens anglais de la Belle Époque estimaient l’effectif anglais à 30 000 hommes, surplombant environ par leur position une armée turbulente d’environ 100 000 hommes menée par Philippe de Valois. Aujourd’hui une majorité d’historiens s’accordent sur les estimations d’effectifs de combattants suivant: 50 000 hommes pour les troupes menées par Philippe de Valois, 20 000 hommes pour l’armée anglaise.

 

 

 

Le samedi 26 août 1346, aux environ d’un petit village de Picardie perdu au fond de la baie de Somme, se déroulait ce qui allait devenir une des plus célèbres défaites de l’Histoire de France et marquer l’histoire militaire universelle. Crécy entrait dans la légende et, avec la bataille, l’arme qui symbolisait notre ennemi anglais (et dont il ne fait désormais aucun doute qu’elle fut responsable du désastre).

 

A la nuit tombante, après 3 heures de combat seulement, c’est une déroute totale : plus de 30 000 cadavres français jonchent le champ de bataille. La fine fleur de la chevalerie française a été fauchée ; onze princes dont le propre frère du Roi de France, plus de cent dignitaires et 1200 chevaliers. L’Europe stupéfaite apprend la défaite de la plus puissante armée de l’époque face à une poignée de fantassins.

 

C’est la première grande bataille terrestre de cette guerre que les historiens baptiseront plus tard “de cent ans”. “Rien ne la distingue plus de celles qui l’ont précédée”, dit la chronique, “pas plus que de celles qui l’ont suivie. La guerre fond en général sur la campagne quand le blé est déjà haut et les filles jolies”. De fait le 12 juillet 1346, le roi d’Angleterre Edouard III, qui conteste au roi de France Philippe IV de Valois sa couronne, débarque en Normandie avec une solide petite armée de 10 000 hommes et se met en devoir de tout ravager sur son passage au cours d’un raid éclair. Arrivé ux portes de Paris après une véritable promenade de santé, il se ravise et rebrousse chemin devant Philippe qui a repris contenance et s’est lancé à ses trousses après avoir rameuté le ban et l’arrière-ban et rassemblé une puissante armée. La poursuite s’engage mais l’anglais, qui retraite en bon ordre vers le nord, reste insaisissable.

 

Finalement au bout de six semaines et après avoir échappé à l’encerclement, l’armée d’Edouard choisit son terrain et se range en bataille sur les hauteurs de Crécy. A dix contre un, les Français, confiants dans leur nombre et croyant à l’hallali, vont par plus de dix fois se lancer à l’assaut des positions anglaises. De plus en plus désorganisée et dans la plus grande confusion, l’armée de Philippe va venir se briser vague après vague jusqu’à la nuit sur le mur des archers anglais sans même pouvoir l’approcher. Ni les arbalétriers génois, ni la cavalerie lourde des chevaliers, ni l’infanterie innombrable ne pourra passer. Ce sera une hécatombe, une boucherie furieuse aggravée par les coutiliers gallois qui vont achever les hommes à terre car le roi d’Angleterre a renoncé aux rançons et donné l’ordre de tout tuer.

 

Comme pour toutes les grandes défaites militaires, nombreux furent les récits plus ou moins romancés qui en furent tirés ; et aussi nombreuses les raisons invoquées pour expliquer la déroute des Armées françaises. Un court orage ayant précédé le combat, on parla de nos troupes aveuglées par ce dernier, des chevaux ralentis par le sol boueux et… des cordes des arbalètes détrempées se retrouvant inutilisables ! En fait, si l’on veut comprendre Crécy, il faut dépasser le simple niveau anecdotique et analyser la bataille comme l’affrontement de deux mondes, de deux systèmes militaires confondus dans leurs combattants respectifs : le chevalier français et l’archer anglais. Le premier, victime de son incurable discipline et de la pesanteur de son équipement, a été cueilli par un adversaire discipliné et efficace, rompu à la stratégie et doté d’une arme redoutable. Tout sépare à vrai dire les deux camps et Crécy, outre le triomphe du grand arc anglais, devrait aussi en toute logique marquer la fin des armées féodales.

 

Une tactique militaire nouvelle

A l’image du reste d’une armée anglaise homogène, disciplinée et entraînée : le corps des archers. Il en constitue à la fois le noyau et la force de frappe, et représente certainement les deux tiers de l’effectif. A une époque où le courage et l’action individuelle priment sur le champ de bataille et où l’esprit chevaleresque prévaut, ces soldats anglais ne cherchent pas à s’illustrer par de quelconques faits d’armes, mais seulement à remporter la victoire en perdant le moins de monde possible.

 

Fait capital pour l’issue de la bataille, ils sont dangereusement sous-estimés par les chevaliers français qui n’ont que souverain mépris pour les troupes à pied auxquelles ils sont habitués : alliés tièdes, mercenaires qui renaudent et se débandent à la première occasion, ribauds qui égorgent plus qu’ils ne combattent. Toute cette piétaille encombrante est de peu de valeur sur le terrain.

 

Pour compenser une supériorité numérique écrasante en faveur des Français (la France à cette époque est cinq fois plus peuplée que l’Angleterre), l’Anglais a développé une tactique redoutable basée sur le tir de saturation de ses archers.

 

Dans son ouvrage sur Crécy, l’historien Henri de Wailly commente ainsi cette nouveauté : “L’arc n’est pas en soi une arme neuve, mais l’utilisation concentrée qu’en font maintenant les Anglais procure une puissance d’arrêt dont personne, jusqu’ici, n’avait idée. Si chaque projectile, relativement léger et peu puissant, pénètre rapidement les cuirasses, il travers les cottes de mailles et les plaques de cuir bouilli. Tirées en gerbes denses et continues et s’abattant en nappes, ces milliers de flèches aveuglent l’adversaire, le clouent sur place, ses chevaux sous lui, vaincu avant même d’avoir pu s’approcher. Sur le continent, cette archerie sera une surprise complète”.

 

On peut analyser cette pratique sous un aspect plus scientifique (même si la cinétique et même la balistique devaient être des disciplines plutôt étrangères aux capitaines anglais et à leurs troupes). Tout projectile est ralenti dans son mouvement par l’action conjuguée de la gravité et de la résistance de l’air. Une flèche soumise à ces contraintes perdra rapidement de la vitesse et donc de la puissance pour un effet terminal d’autant plus faible que la cible est éloignée.

 

D’où l’idée – résultant certainement plus de l’observation que du calcul théorique, ce qui n’enlève rien au coup de génie – de remplacer le tir direct à l’horizontale sur l’adversaire par une « pluie » indirecte et tirée à 45°. Tout objet lancé en l’air devant retomber, la même flèche reprend alors après une première phase d’ascension et de ralentissement une vitesse et une énergie exponentielle, pour arriver au sol avec une force d’impact maximum à 90°.

 

On remarquera au passage que le tir ne devait certainement pas être estimé individuellement ni laissé « à volonté » mais que les volées devaient au contraire certainement être envoyées au commandement et réglées par des préposés qualifiés, ce qui induit par ailleurs une idée de cohésion et de discipline bien éloignée de la cohue guerrière médiévale. De la justesse de leur appréciation dépendait l’effet vulnérant de la nuée qui tombait « dedans » ou « à côté ». Si l’adversaire était encore loin, il est vrai qu’il suffisait d’arroser une zone dangereuse au devant de lui, qu’il devait alors obligatoirement traverser. S’il avait pu s’avancer davantage, il aurait de plus fallu raccourcir le tir et la parabole de la trajectoire, au détriment de la puissance. Aussi cette méthode est-elle implicitement liée à une distance optimale la plus éloignée possible.

A l’aspect purement balistique s’ajoute l’effet tactique et psychologique : à angle droit, l’ennemi sera à priori moins bien protégé et davantage pris au dépourvu. Crécy comme plus tard à Poitiers ou à Azincourt, les français en feront la triste et douloureuse expérience.

 

Les troupes :

Tout au long de la guerre de cent ans, le statut – et même les appointements – de l’archer anglais restent constants. Contrairement à la masse des piétons levés à la hâte et même des chevaliers indisciplinés de l’Ost, c’est un combattant professionnel (comme d’ailleurs le reste de l’armée anglaise qui a rompu définitivement avec le recrutement médiéval (l’armée française de l’époque n’est pas une armée permanente. Basée sur le système féodal, elle est composée d’une levée en masse de serfs assujettis à leurs seigneurs et de communiers, milices des villes qui doivent le service armé à leur suzerain en temps de guerre. S’y ajoutent la chevalerie noble qui doit « la quarantaine le roi » – quarante jours de service -, et des mercenaires étrangers.)

 

A l’inverse du milicien français, paysan ou citadin réquisitionné, peu fiable et sans motivation, c’est un combattant de premier ordre, soldat payé et sûr de lui.

Il est recruté par contrat et soldé grâce aux impôts levés par le roi. En guerre « hors l’Angleterre », il perçoit trois pence par jour, six s’il est monté à cheval. Dans le contexte de l’époque, c’est une somme rondelette : entre une fois et demi et trois fois le salaire moyen d’un ouvrier qualifié dans le civil. Très moderne pour l’époque, le contrat qui le lie spécifie souvent qu’après trois ou six mois d’arriérés de solde, l’arrangement est nul et l’homme libre de tout engagement. Des bonus et gratifications peuvent également être contractuels dans le cas où le sort des armes serait particulièrement favorable.

 

Le corps des archers constitue finalement une troupe d’élite ; et ce n’est pas sans raison que les gardes personnelles de bien des princes anglais, mais aussi français ou bourguignons, sont principalement constituées d’archers. Lorsque la guerre commencera à s’éterniser et des bandes à courir les routes, on verra même des archers anglais rengagés à prix d’or de l’autre côté tant leur valeur militaire est incontestée (cette renommée n’est pas sans inconvénient : tout archer fait prisonnier et reconnu comme tel se voit couper le pouce, l’index et le majeur).

 

L’archer anglais est athlétique et plutôt grand pour l’époque ; le secret de son art réside dans un entraînement constant, rigoureux et continu. Depuis l’adolescence, il s’est exercé avec des arcs de plus en plus puissants jusqu’au grand arc de guerre qui est devenu plus qu’un outil qu’il utilise de main de maître, un véritable prolongement de lui-même. Il faut dire que dans toutes les paroisses anglaises, le tir à l’arc est un « loisir obligatoire » et que l’entraînement et les concours y sont largement encouragés par les autorités. Les rois d’Angleterre successifs ont ordonné que tous les hommes valides entre 16 et 60 ans devraient posséder chacun un grand arc et pratiquer régulièrement. Le jeu est officiellement réprouvé, au bénéfice des exercices physiques… tels que le tir à l’arc.

 

Au final, l’armée dispose d’un réservoir permanent de 15 000 archers. A ceux recrutés en temps de guerre, il faut encore ajouter ceux soldés à plein temps par la noblesse anglaise. Un tel combattant est alors un homme recherché et il est toujours équipé à grands frais de matériel de premier choix, souvent complété par une maison et d’autres avantages en nature. Même ses frais lui sont remboursés en chaque occasion où il participe à un concours de tir.

 

Le grand arc : une arme redoutable

 

Le grand arc (en anglais : long Bow) est appelé simplement « arc » à l’époque, ou même « arc anglais » en raison de la renommée de ses utilisateurs sur le continent. Il est en bois massif, généralement d’une section en D et effilé à chaque bout, et mesure entre 1m70 et 1m90. ses extrémités portent des encoches en corne incrustées ou rapportées (les « poupées », nocks en anglais) permettant d’accrocher les boucles de la corde qui est en chanvre. L’if est le bois le plus employé bien que l’orme, le noisetier, le frêne et d’autres essences soient également utilisées. Les bois d’arc étaient souvent importés d’Italie grâce au commerce avec la Sérénissime République de Venise.

 

Le corps de l’arc était taillé dans une branche avec le cœur de couleur brun-rouge pour le « ventre » ou partie intérieure de l’arme et l’aubier, de couleur jaune clair, pour le « dos » ou côté extérieur, assurant ainsi le meilleur rapport compression / élasticité.

 

La portée de l’arc dépend de sa puissance mais aussi des capacités du tireur. Des archers contemporains ont déjà réussi à tirer avec des arcs développant des puissances de 120 à 160 livres, et il ne fait aucun doute que les meilleurs archers entraînés au Moyen-âge aient été capables de performances identiques ou supérieures. De nos jours, des champions atteignent régulièrement la distance de 330 mètres avec un long Bow en if de 118 livres.

 

Des chroniqueurs rapportent que les flèches volaient en moyenne à 220 mètres et qu’en sélectionnant les archers tirant des flèches spéciales plus légères pour le tir à longue distance, on arrivait à une portée de 365 à 438 mètres. Et nombreux étaient ceux qui y parvenaient.

 

La fabrication d’arcs était à l’époque une industrie florissante et bien établie. Les bois provenaient de plantations soigneusement entretenues d’arbres « têtards » régulièrement élagués. Des édits royaux contrôlaient et encourageaient le commerce de l’archerie. Sous le règne d’Edouard IV, l’édit royal de 1472 est significatif : chaque bateau retournant vers l’Angleterre à partir « d’une ville, région ou pays où des bois d’arcs avaient pu être achetés dans le passé » devaient en rapporter quatre bois d’arcs par tonne de marchandise transportée. Le nombre en était scrupuleusement comptabilisé, les différentes importations répertoriées par qualités, et les bois – qui n’étaient que des ébauches non encore finies – devaient avoir « trois doigts de large et d’épaisseur, sept pieds de long, être bien faits, polis et sans nœuds ni imperfections ». Un facteur d’arcs expérimenté mettait ensuite une heure trois quart environ à tourner chaque ébauche pour en sortir un arc coûtant au maximum trois shillings et quatre pence (par édit royal de 1475). Encore n’était-ce là que des arcs militaires – réglementaires pour l’armée. L’arme personnelle d’un archer de métier pouvait bien coûter le double.

 

En temps de guerre une véritable armada de facteurs d’arcs et de flèches ainsi que d’autres artisans liés à leurs fabrications devaient être capables de tourner des arcs et leurs projectiles par tonnes. Il faut bien se rendre compte qu’une telle organisation à cette échelle ne pouvait en aucun cas être simple ou primitive.

 

Une pluie de flèches.

De toute façon pendant la bataille le nombre et la vitesse de projectiles importaient beaucoup plus que la portée maximale. Des témoins oculaires de l’époque qui avaient vu les archers anglais en action les utilisaient comme point de comparaison dans des métaphores telles que « plus dru que flèches dans bataille contre anglais » et d’ajouter « je suis d’avis que la plus importante chose du monde dans une bataille est l’archer, mais il doit se compter par milliers, car en petit nombre il ne fera pas la décision ». Dix coups à la minute représentait une cadence de tir soutenue mais une performance normale pour un archer entraîné. Des reconstitueurs actuels arrivent à quinze flèches par minute avec des arcs plus faciles à armer (le terme « bander » souvent utilisé à mauvais escient désigne le fait de tendre la corde sur l’arc. Pour tirer une flèche (avec l’arc bandé) on « arme » celui-ci, c’est-à-dire qu’on tire la corde vers l’arrière avec la flèche dans son encoche pour mettre l’arc en extension) de 70 livres, toutes s’inscrivant à l’arrivée dans un carré de 3,7 mètres de côté à 300 pas. C’est ce tir de « barrage » (comparable à l’utilisation moderne de l’artillerie) qui rendait les formations d’archers anglais terriblement – et mortellement – redoutables. Mille archers pouvaient ainsi déverser une grêle de dix à douze mille traits sur leur adversaire en moins d’une minute ; et une armée en campagne comptait normalement plusieurs milliers d’archers. De telles formations sont virtuellement inexpugnables, et c’est pour cette raison que les archers sont équipés légèrement et pratiquement sans pièces d’armures : une simple brigandine ou vêtement matelassé, éventuellement complétée d’une cotte de maille et d’un casque simple ou chapel de fer.

 

L’effet psychologique de cette nuée est remarquablement interprété par Henri de Wailly dans son ouvrage « Crécy 1346, autopsie d’une bataille » paru en 1985 aux Editions Lavauzelle : « Comme lors des précédentes rencontres, des milliers de combattants plient au premier contact avec l’arme nouvelle. Ni prévenus, ni équipés pour supporter les volées denses de flèches tirées au commandement, mortellement offerts à cette pluie de minces projectiles, ils se découvrent nus.

 

Sous la volée d’un nuage de saiettes (terme médiéval désignant la flèche de guerre. Par un remarquable effet mimétique, il reproduit le bruit du projectile tombant en accélération verticale) qu’on voit venir avec effroi il y a d’abord, montrent les miniatures contemporaines, un grand nombre de blessés, épaules ou cuisses traversées, qui s’effondrent en criant : ils crient autant de douleur que d’épouvante de se sentir soudain voués à une mort prochaine, allongés sous ce ciel qui tue jusqu’à l’approche des coutiliers. Les autres, ceux qui demeurent debout, stoïques sous les premières rafales, sont ébranlés par le spectacle des pertes rapides, ce nombre élevé de blessés alors que l’ennemi est encore si loin. Ils voient, là-bas, un nouveau nuage s’élever : d’autres flèches. Elles jaillissent dans le ciel, montent lentement, semblent s’arrêter et, dans un bruit de vent, fondent d’un coup sur eux. Chacun sait qu’il va être transpercé, cela paraît inévitable. Entre l’empalement vertical sans profit pour personne et la débandade, qui hésiterait ? ».

 

Un projectile meurtrier:

La flèche de guerre moyenâgeuse est d’une efficacité brutale malgré son aspect fruste et grossier. Longue d’environ 90 centimètres, elle pouvait être faite d’une douzaine de bois différents mais le tremble était le plus couramment utilisé, le frêne venant en second. La forme et les caractéristiques de chaque type de flèche pouvait varier ainsi que ses performances : droite, effilée, bombée au milieu ou vers l’arrière au niveau de l’encoche. Cette dernière était la plus efficace d’un point de vue aérodynamique et préférée des tireurs les plus robustes. L’empennage, habituellement en plumes d’oie, mesurait 15 à 20 centimètres. Il était collé et souvent renforcé par une spirale de fil poissé. Les besoins étaient tels qu’en 1470 il fut institué que les six rémiges (grandes plumes des ailes) de chaque oiseau devaient être collectées à travers tout le pays et dans toutes les villes et villages d’Angleterre pour être stockées à Londres. Les pointes étaient de forme variable mais celle appelée « bodkin » (poinçon en anglais), étroite et de section carrée, s’avérait parfaite pour traverser les cottes de maille et les armures légères.

 

La plupart des flèches étaient arrêtées par les armures de plates des chevaliers et des hommes d’armes, même à courte distance. Comme pour toute arme de jet, le pouvoir vulnérant dépend énormément de l’angle d’impact du projectile sur la cible ; mais même une flèche retombant à 90° n’avait pas assez d’énergie pour traverser une protection en acier et blesser sérieusement. Par contre, les blessures infligées aux parties du corps ou à des adversaires moins bien protégés pouvaient être profondes de plusieurs paumes et causer des lésions internes dont l’issue restait la plupart du temps fatale. il faut garder présent à l’esprit qu’un flèche de guerre anglaise traverse sans effort en tir direct une planche de deux centimètres et demi de bois sec. De plus en combat l’archer piquait souvent ses flèches en terre à ses côtés pour les avoir prêtes à portée de la main : il ajoutait ainsi sans le vouloir des particules de terre aux souillures dues aux lambeaux de vêtements et autres corps étrangers qui pénétraient volontairement dans la blessure et causaient la plupart du temps des infections mortelles longtemps après la bataille ; d’où la légende infondée que les flèches anglaises étaient empoisonnées.

 

Il est fait référence de plusieurs types de flèches : celles pour le « vol » ou tir à grande distance, et d’autres plus lourdes et de pointes différentes. L’archer avait en général ses propres flèches favorites, de meilleure facture et de finition plus soignée, mais aussi plus chères que les « réglementaires ». il était sensé arriver sous les drapeaux avec une réserve personnelle de 24 à 30 flèches, et sa dotation sur le champ de bataille était de deux « bottes », ce qui lui donnait une capacité de tir de quatre à cinq minutes. Il est clair que d’immenses réserves devaient être nécessaires ; et les documents d’époque en font clairement mention. En 1359 par exemple, 20 000 arcs, 850 000 flèches et 50 000 cordes d’arcs furent rassemblées à la tour de Londres et des listes d’intendance datant de 1475 font état de 10 060 « bottes » – plus d’un quart de million de projectiles.

 

Pendant le combat, « la consommation est énorme puisque c’est de la densité du tir que dépend la puissance d’écrasement » (Henri de Wailly). Selon le même auteur, « on peut estimer grossièrement qu’à un combat comme celui de Crécy, qui dura trois heures environ et au cours duquel 3200 à 5000 archers furent engagés peut-être un sixième du temps, de 150 à 230 mètres cubes de flèches furent employés, c’est-à-dire le contenu de 35 à 55 chariots de 4 mètres cubes. Bien entendu, tous ces chiffres sont approximatifs, et donc contestables. Ils situent simplement l’importance de la logistique dans l’utilisation des archers telle que le font les anglais. Si le combat se prolonge au-delà des quelques minutes qu’assure sa dotation personnelle, l’archer est alimenté en munitions par un incessant va-et-vient de valets d’armes qui courent à l’arrière au ravitaillement.

Les flèches sont rarement dans un carquois rigide comme dans l’imagerie populaire véhiculée par l’histoire (romancée) de Robin des Bois. Elles sont la plupart du temps portées en vrac à la ceinture les pointes en bas, ces dernières généralement protégées dans une bourse en cuir serrée par deux lacets, plus rarement dans une vaste poche en tissu qui est plus un sac qu’un carquois. Une fois de plus, c’est l’utilisation militaire qui dicte cet usage : un carquois rigide porté dans le dos est certes pratique pour la chasse ou le voyage, mais s’avère inefficace pour le tir rapide exigé par les conditions de combat.

 

 

Source: History Department at the United States Military Academy (Public Domain / Domaine public).

 

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