Sources – Fédération Française de Béhourd http://combatmedieval.com Fédération des associations de combat médiéval en armure en duel ou en équipes. Tue, 17 Jul 2018 06:57:50 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.7 127693210 L’entraînement d’un chevalier selon Boucicaut, Maréchal de France http://combatmedieval.com/lentrainement-dun-chevalier-selon-boucicaut-marechal-de-france/ http://combatmedieval.com/lentrainement-dun-chevalier-selon-boucicaut-marechal-de-france/#respond Sun, 10 Jul 2016 13:06:46 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2376 Dans un extrait du livre des faits de Jean Le Maingre, dit Boucicaut, Maréchal de France ,on retrouve la méthode d’entraînement d’un chevalier d’élite. Vous trouverez ci-dessous : 1) une interprétation des exercices d’entrainement présentés dans le texte original 2) l’extrait original 3) la source complète du livre des faits de Jean Le Maingre qui contient des anecdotes de …

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Dans un extrait du livre des faits de Jean Le Maingre, dit Boucicaut, Maréchal de France ,on retrouve la méthode d’entraînement d’un chevalier d’élite.

Vous trouverez ci-dessous :
1) une interprétation des exercices d’entrainement présentés dans le texte original
2) l’extrait original
3) la source complète du livre des faits de Jean Le Maingre qui contient des anecdotes de combats

Illustration : Entrainement de frappe au poteau. Manuscrit BL Royal 20 B XI De re militari 1300-1325 France

 

Illustration : Entrainement de frappe au poteau. Manuscrit  BL Royal 20 B XI De re militari 1300-1325 France

1) interprétation des exercices d’entrainement présentés dans le texte original
    • courir et randonner sur de longues distance en équipement (~20 – 30kg de charge)
    • sauter sur le dos d’un cheval en équipement (un cheval de guerre devait faire 1m50 de haut minimum + une selle d’environ 20cm de haut à cause de la buttée au niveau des reins )
    • frapper avec une hache / maillet en équipement sur « quelque chose de gros » pour s’entraîner à lever les bras (attention il ne s’agit pas de fendre des bûchettes)

  • il réalisait le saubresaut tout équipé. Il s’agit soit d’un terme qui se rapporte à un saut périlleux, soit si on se rapporte à la signification en danse classique, c’est une forme de squat sauté (souvent réalisé avec une medicine ball ou un kettlebell pour ajouter une charge de poids)

  • il monte sur un cheval en se hissant à la force d’un seul bras en se tenant à la « manche » du cavalier
  • il pose une main sur la selle, l’autre sur la tête du cheval, il prend appuis et il arrive à sauter d’un coté à l’autre coté du cheval en rentrant ses jambes sous lui
  • il escalader la hauteur d’une tour (20- 30 m de haut ?) en passant d’une « plaque de plâtre à l’autre ». Ces plaques (ou prises) sont éloignées d’une brasse. Ces sont des paliers ou prises d’escalades qui sont espacées d’1m60 environ. Il parvient à se hisser d’une prise à l’autre sur 30m de haut.
  • il appuie une échelle contre un mur et monte d’un barreau à l’autre en se hissant d’un seul coup à deux mains lesté de son équipement (attention, il n’attrape pas les barreaux à une main mais il se propulse d’une seule traction à deux mains).

  • il s’entraîne sans équipement à monter d’un barreau de l’échelle à l’autre, mais en utilisant une seule main.
  • il s’entraîne à jeter la lance (lancer de javelot?)
Illustrations : Manuscrit KBR Ms. 11201-02 Politica & Economica, 1376, Paris, France, Royal Library of Belgium

3) Source complète : Livre des faits de Jean Le Maingre, dit Boucicaut, Maréchal de France

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La Philippide : poème / par Guillaume le Breton. http://combatmedieval.com/la-philippide-poeme-par-guillaume-le-breton/ http://combatmedieval.com/la-philippide-poeme-par-guillaume-le-breton/#respond Thu, 11 Feb 2016 14:04:48 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2373 Où on apprend notamment la prise de Château Gaillard par les français qui après avoir pris l’ouvrage avancé s’introduirent dans le château en passant par la chapelle en se faisant la courte échelle à 3 personnes et finirent par prendre la place aux anglais. Source : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94607v/f1.item Titre : La Philippide : poème / par …

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Où on apprend notamment la prise de Château Gaillard par les français qui après avoir pris l’ouvrage avancé s’introduirent dans le château en passant par la chapelle en se faisant la courte échelle à 3 personnes et finirent par prendre la place aux anglais.

Source : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94607v/f1.item

Titre : La Philippide : poème / par Guillaume le Breton
Auteur : Guillaume le Breton
Éditeur : J.-L.-J. Brière (Paris)
Date d’édition : 1825
Contributeur : Guizot, François. Éditeur scientifique
Sujet : France — 13e siècle
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 418 p. ; in-8
Format : application/pdf
Description : Collection : Collection de mémoires relatifs à l’histoire de France ; 12
Droits : domaine public
Identifiant : ark:/12148/bpt6k94607v
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-L45-9 (12)
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb37299748n
Provenance : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007

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L’arme de la victoire: de la bonne utilisation des armes d’hast http://combatmedieval.com/larme-de-la-victoire-de-la-bonne-utilisation-des-armes-dhast/ http://combatmedieval.com/larme-de-la-victoire-de-la-bonne-utilisation-des-armes-dhast/#respond Sun, 06 Apr 2014 12:59:12 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2367 Hallebardier: idées préconçues et réalité   Par Igor Omelianchuk   Nous savons tous que les pratiquants de béhourd sont divisés entre ceux utilisant des armes à deux mains, et ceux préférant les armes à une main. Les armes à une main sont les épées, fauchons, haches, masses à ailettes, qui n’ont pas de grosses différences …

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Hallebardier: idées préconçues et réalité

 

Par Igor Omelianchuk

 

Nous savons tous que les pratiquants de béhourd sont divisés entre ceux utilisant des armes à deux mains, et ceux préférant les armes à une main. Les armes à une main sont les épées, fauchons, haches, masses à ailettes, qui n’ont pas de grosses différences les unes avec les autres dans leur utilisation en combat. En ce qui concerne les armes à deux mains, il s’agit des hallebardes, haches à deux mains, vouges, bardiches… certains utilisent des armes à deux mains courtes (à peine plus d’un mètre de long) à courte distance, mais ils ne sont pas nombreux et ne changent pas vraiment la vision tactique de la bataille. La sphère d’application principale des armes à deux mains est le combat à distance, tirant avantage de l’allonge des armes d’hast de plus d’1m50.

Beaucoup sont fans de la hallebarde, une sorte de culte s’est créé autour d’elle, et les hallebardiers ont leur propre humour à ce sujet. En général, ils en sont fiers, et qui pourrait les en blâmer ? Mais le fait est que l’image que la plupart ont des hallebardiers diffère significativement de ce que sont en réalité les combattants les plus représentatifs de cette catégorie, et les tactiques d’utilisation des armes d’hast ne peuvent être appréhendées pertinemment si on n’observe pas les faits.

Essayons de comprendre les points principaux qui devraient être pris en compte pour les armes d’hast : tout d’abord, le poids. Tous les spectateurs et la plupart des combattants (en particulier ceux qui ne se sont pas souvent servis d’une hallebarde) pensent que plus une arme d’hast est lourde, mieux c’est.

Un poids plus important impliquerait des coups plus lourds. Si on utilise une formule simple de nos cours de physique au collège : la force est égale à la masse multipliée par l’accélération. Il convient donc de trouver le bon équilibre pour que les coups puissent être donnés avec une certaine vitesse. Mais tout n’est pas si simple au cœur de la mêlée, d’autres facteurs doivent être pris en compte. La force d’impact ne dépend pas avant tout de son poids, mais bien des capacités de celui qui la manie. Les coups sont délivrés avec les armes, par des gens. Et lorsqu’un homme frappe, trois facteurs entrent en compte : sa dextérité, sa force, et sa préhension de l’arme.

Les deux premiers facteurs atteignent leur niveau optimal avec de l’entraînement. On passe alors à la préhension : qu’est-ce qu’une arme d’hast facile à manier ? Une arme d’hast ne doit pas être trop lourde. Si elle est trop lourde, l’équilibre passe dans le fer, demandant trop d’énergie et de temps pour armer les coups, qui deviennent incontrôlés. Le véritable intérêt d’utiliser une arme d’hast ne se trouve pas dans leur poids, mais dans le fait que l’on frappe efficacement en utilisant les deux mains. Plus vous contrôlez votre arme, plus efficace sera votre attaque. La force d’impact dépend davantage de l’habileté et de la force du combattant que du poids de l’arme. Vous remarquerez qu’aucun hallebardier expérimenté n’utilise d’armes très lourdes.

Equipement: moins de mythes circulent concernant ce point. Pourquoi les hallebardiers utilisent-ils souvent des casques relativement ouverts ? C’est évident : ils ont besoin d’une large vision afin d’utiliser leur arme efficacement, car ils frappent à plus grande distance et doivent être précis en estimant bien la portée. Ils n’ont pas de bouclier pour se protéger, et doivent par conséquent voir approcher les adversaires. L’armure d’un hallebardier doit aussi être très résistante.

Beaucoup pensent que les hastiers utilisent souvent des armures légères, et évitent même de porter certains éléments (par exemple des spallières ou protections de cuisses). C’est totalement faux, les hastiers ne disposant pas de l’élément défensif le plus important, à savoir le bouclier, leur armure doit être assez protectrice pour encaisser toutes les attaques.

Erreur typique: on entend souvent quelque-chose comme ça: « Bah, tu n’es pas grand, pas très lourd, pas très fort : tu vas prendre une hallebarde, pour frapper à distance. » Essayons de voir pourquoi c’est une erreur.

Taille : si un combattant est sensé frapper depuis la seconde ligne, comment peut-il voir ses cibles s’il a devant lui en première ligne des combattants plus grands avec des boucliers ? Ils se tiendront entre lui et les adversaires, l’empêchant de frapper. Mais lorsqu’un hallebardier est grand, il aura une bien meilleure visibilité sur les adversaires, et pourra même les atteindre aisément.

Entraînement physique: un tounoyeur faible est une absurdité, mais on peut dégager des exigences particulières pour ceux souhaitant utiliser des armes d’hast. Ils doivent être forts, très forts. Ils ne sont pas là pour faire du corps à corps, ils doivent se maintenir debout sous une pluie de coups (ils n’ont pas de bouclier), avoir les muscles nécessaires au maniement d’une arme à deux mains, et idéalement une arme de rechange à la ceinture. En cas de perte de leur arme principale, ils ne pourront compter que sur cette arme à une main, sans bouclier. En étant petits et légers, ils n’utiliseront pas leur arme à plein potentiel, et iront rouler dans la poussière une fois pris au corps à corps. Celui qui a la prétention de manier une arme d’hast ne peut être faible. Enlevez-lui et envoyez-le s’inscrire dans une salle de muscu. Il doit d’abord soulever de la fonte, et on verra avec le temps.

Tactiques: Quelle est la différence principale entre les tactiques des combattants utilisant un bouclier, et celles des hastiers? A part la distance de frappe, ou les formations ; un bon hastier est à 100% un frappeur. Il ne cherchera pas à faire de la lutte, il cherchera toujours à vous frapper. Un combattant muni d’un bouclier peut placer une technique de lutte après une série de coups efficace, et il tentera de vous pousser, de vous projeter… les hallebardiers ne font pas ça. Il faut prendre en considération que lorsque vous êtes mis au sol par ce type de technique, vous vous relevez à la fin du combat, et êtes prêt à enchaîner, il n’y a rien de traumatisant. Mais si vous avez été couché par un ou plusieurs coups de hallebarde, il y a peu de chances que vous soyez en forme pour le second round. Cela ne veut pas dire que vous serez blessé, mais bien sonné ; le choc aura occasionné plus de douleur, de dégât matériel, d’impact psychologique… on peut résister à beaucoup plus de coups de fauchon et de bouclier que de coups d’arme à deux mains.

Il apparait que la présence d’armes d’hast est obligatoire aussi bien en 21vs21 qu’en 16vs16 ou 5vs5. Qu’y a-t-il à ajouter, si ce n’est que la hallebarde est l’arme de la victoire ?

Auteur : Igor Omelianchuk, avril 2013
Source : battleofthenations.ua

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Livres des Tournois de Chauvenci – oeuvre et analyse complète à télécharger gratuitement http://combatmedieval.com/livres-des-tournois-de-chauvenci-oeuvre-et-analyse-complete-a-telecharger-gratuitement/ http://combatmedieval.com/livres-des-tournois-de-chauvenci-oeuvre-et-analyse-complete-a-telecharger-gratuitement/#respond Wed, 15 Aug 2012 12:56:25 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2363 Le tournoi de Chauvency (ancienne orthographe Chauvenci) est un texte en ancien français, très bien décrit et expliqué grâce aux deux livres ci-dessous qui nous permettent de comprendre un tournoi médiéval grâce à un contemporaint, le trouvère Jacques Bretel. Un premier livre : http://archive.org/details/letournoidechauv00duveuoft Le tournoi de Chauvency en 1285; étude sur la société et le moeurs …

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Le tournoi de Chauvency (ancienne orthographe Chauvenci) est un texte en ancien français, très bien décrit et expliqué grâce aux deux livres ci-dessous qui nous permettent de comprendre un tournoi médiéval grâce à un contemporaint, le trouvère Jacques Bretel.

Un premier livre : http://archive.org/details/letournoidechauv00duveuoft

Le tournoi de Chauvency en 1285; étude sur la société et le moeurs chevaleresques au 13e siècle (1905)

Author: Duvernoy, Émile, 1861-Harmand, René
Subject: Bretex, Jacques, fl. 1285
Publisher: Paris Berger-Levrault
Possible copyright status: NOT_IN_COPYRIGHT
Language: French
Call number: AAP-3818
Digitizing sponsor: University of Toronto
Book contributor: Robarts – University of Toronto
Collection: robartstoronto

 

Un second livre : http://books.google.fr/books?id=NH0BAAAAQAAJ&oe=UTF-8&redir_esc=y

ou http://books.google.fr/books?id=NH0BAAAAQAAJ&oe=UTF-8&redir_esc=y

Les tournois de Chauvenci, annotés par P. Delmotte, et publ. par H. Delmotte (1835)
Author: Jacques Bretex
Publisher:
Year: 1835
Possible copyright status: NOT_IN_COPYRIGHT
Language: French
Digitizing sponsor: Google
Book from the collections of: Oxford University
Collection: europeanlibraries

 

 

LE TOURNOI DE CHAUVENCY – Octobre 1285

Le tournoi de Chauvency
d’après le poème du trouvère Jacques Bretel 
(1er – 5 octobre 1285)_______________________Article remanié  pour l’occasion, dont une première version

est parue dans la revue Histoire Médiévale, des Éditions Harnois en 2003

_______________________

Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le village de Chauvency-le-Château, situé entre le Chiers et la Meuse, à quelques kilomètres en aval de la ville de Montmédy (en Meuse), a été, en octobre 1285, le cadre de fêtes grandioses organisées par Louis V de Looz, comte de Chiny (1268-1299). C’est grâce au récit du trouvère Jacques Bretel, qui en a rapporté les moindres détails, que l’on a une belle vision du tournoi qui s’est tenu à Chauvency pendant plusieurs jours !

Afficher Le Tournoi de Chauvency 1285 sur une carte plus grande

Chauvency dans le comté de Chiny.A la fin du XIIIe siècle, le village de Chauvency appartenait au comté de Chiny dont le seigneur, Louis V de Looz, était vassal du comte Thiébaut II de Bar (1239-1291). Chauvency se trouvait cependant juste en dehors de la juridiction royale (le Barrois mouvant). Louis V, qui appartenait à la seconde dynastie comtale dite de Looz et de Chiny, se maria en 1257 avec Jeanne, fille du comte Henri II de Bar (1190-1239) et veuve du sire Frédéric de Blâmont (1200-1255). Cette union resta stérile et ses biens furent confiés, à sa mort, à son neveu, héritier légitime.

Jacques Bretel (en habit rouge)
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le trouvère Jacques Bretel rappelle, dans son poème, que le comte Louis V envisagea très tôt de convoquer les participants à son tournoi. Ainsi, lors d’un voyage à Salm, en Alsace, trois semaines avant la date fixée, il dressa la liste des principaux barons et seigneurs qu’il souhaitait inviter à Chauvency pour tournoyer et festoyer.

Résidant ordinairement au château de Montmédy, il demanda à son jeune frère, Gérard seigneur de Chauvency, de lui permettre d’utiliser le cadre exceptionnel de son château. La réponse paraissait évidente tant les relations entre les deux frères étaient des plus fraternelles. Remontant très certainement à la fin du Xe ou au début du XIe siècle, le château, qui n’existe plus aujourd’hui, offrait, à la fin du XIIIe siècle, de puissantes murailles propices à recevoir les tournoyeurs.

Le tournoi devait être présidé par le comte de Chiny, même si celui-ci ne participa pas aux réjouissances, vu son âge avancé. Les vers 876 à 884 du poème de Bretel montrent à quel point le comte était considéré par ses futurs convives :

« Le noble comte de Chiny,
Louis de Looz, alors on peut voir.
Il doit avoir louange et gloire
Et grand honneur pour cette fête.
Les chevaliers, en leurs requêtes,
l’ont trouvé, en cette occasion,
bon seigneur et bon compagnon,
vrai mécène, courtois, magnanime ;
tous lui prodiguent éloges, estime. »

L’accueil des combattants.

La forteresse de Chauvency s’avéra, en fait, insuffisante pour accueillir les centaines d’invités prévus ; une bonne partie d’entre eux furent contraint de s’installer sous des tentes ou gagner Montmédy, distante de quelques kilomètres. Plus de 500 chevaliers répondirent à l’invitation du comte de Chiny. Ces seigneurs étaient accompagnés par des hérauts d’armes chargés d’annoncer solennellement les noms des combattants, pages, serviteurs, écuyers, palefreniers, ménestrels, musiciens, poètes à gages, cuisiniers, valets… Les festivités d’octobre 1285 attirèrent pas moins de 5 à 6 000 personnes. A cela s’ajoutèrent aussi les spectateurs venus des alentours, bourgeois, marchands d’armes, armuriers, paysans, commerçants, notaires, banquiers, médecins, acrobates et jongleurs, prostituées… On peut estimer que le tournoi de Chauvency accueillit entre 8 et 10 000 personnes, selon Dominique Henriot-Walzer.Ainsi, en dehors de la noblesse lorraine, des seigneurs et chevaliers de régions limitrophes (Allemagne, Alsace, Picardie, Hainaut, Flandre, Brabant, Limbourg, Franche-Comté, Bourgogne, Champagne, Berry, Ile-de-France, Vexin, Sancerrois, Hesbaye, Angleterre…) se déplacèrent à ChauvencyAlors que la majorité des barons présents parlaient français, une minorité, dont faisait partie Conrad Werner II de Hattstatt, était de langue germanique. Le trouvère Jacques Bretel s’en amuse d’ailleurs en soulignant que ces hommes écorchaient le français !

Les combattants qui allaient s’affronter dans la lice étaient logés séparément, en fonction du camp auquel ils appartenaient. Les chevaliers français furent donc logés à Chauvency chez le frère puîné du comte. Les chevaliers de Flandre, du Hainaut et de Ruy furent quand à deux hébergés à Montmédy.

Le comte de Chiny, étant en relation avec de puissantes familles, il invita notamment le prestigieux comte Henri VI de Luxembourg (1281-1288) accompagné de son épouse, Béatrice (décédée le 1er mars 1320), et de son frère Valéran de Ligny (voir la Tour Valéran de Ligny-en-Barrois ici). Plusieurs princes étaient apparemment absents à Chauvency. Il s’agit notamment du duc de Lorraine, Ferry III (1240-31 décembre 1302) qui ne répondit pas à l’appel du comte de Chiny ;  du comte Thiébaut II de Bar (1225-octobre 1288), alors trop âgé ; et enfin, le duc Jean 1er de Brabant (1253-1294), qui était parti en Aragon avec son beau-frère Philippe III le Hardi (1270-5 octobre 1285), décédé le 5 octobre 1285 à Perpignan.

Parmi les autres seigneurs et chevaliers présents et cités ou non par Bretel, se trouvaient :

Les Lorrains :
Henri de Deuilly (mort en 1321), châtelain de Coiffy (second fils de Gérard II comte de Vaudémont).
Pierre de Bauffremont (mort en 1302), sire de Rémonville, et beau-père d’Henri de Deuilly.
Henri 1er comte de Blâmont (1255-1331), chevalier, avoué de Vic et sénéchal de Lorraine.
Thomas de Blâmont,
Henri IV de Salm (1242-1293)
Ferry du Chastellet (mort en 1296), fils de Thierry de Lorraine dit le Diable.
Joffroy III d’Apremont (1255-11/07/1302), seigneur de Dun-sur-Meuse et de Conflans-en-Jarnisy.
Henri de Briey (1271-1285), chevalier
Ourri de Briey dit le Moine (1275-1301), chevalier, seigneur de Landres.
André d’Amance (1268-1300), chevalier et seigneur de Bioncourt
Wichart 1er d’Amance (1250-1306), chevalier.
Millet de Thil, chevalier et seigneur de Ronchamp.
Jean de Rosières-aux-Salines (avant 1281-1303), chevalier, seigneur de Lignéville et de la Malmaison, et bailli de Lorraine.
Ferry 1er de Sierck (1263-1318), chevalier.
Ferry de Chardogne, chevalier.
Arnould III de Rodemack, chevalier.
Robert dit Robinet de Watronville (1274-1294), chevalier.
Jean de Muraut, chevalier.
Aubert d’Ornes, chevalier.
Hugues « Béckart » de Maizey (1268-1288), chevalier.
Collard de Cumières, chevalier.
Raoul de Béchy, chevalier.
Arnold de Pittingen, chevalier et seigneur d’Hettange-Grande.
Roger de Mercy (1271-1294), chevalier et vassal du duc de Bar.
Pierre de Removille, chevalier.
Guyart et Joffroy de Neuville, chevaliers.
Les frères de Saint-Rémy-aux-Bois, chevaliers.
Rénier de Creüe, chevalier.
Le seigneur de Juvigny-sur-Loison, chevalier.
 Gisant de Ferry 1er de Blâmont (Nancy-Église des Cordeliers)
Les Alsaciens:
Conrad Werner II de Hattstatt, seigneur de Soultzbach et son fils Conradin (futur Conrad Werner III, mort en 1320).
Cuno ou Conon de Bergheim, chevalier.
Les Bourguignons :
Simon de Lalaing (mort en 1333), chevalier et seigneur de Quiévrain, Hordaing et Ecaussines.
Jean I de Faucogney, vicomte de Vesoul
Miles II de Ronchamp, chevalier et vassal du sire de Faucogney.
Pérart de Grilly, chevalier.
Le seigneur de Gevigney.
Les Jurassiens :
Simon de Moncley, chevalier.
Les Hennuyers, Flamands, Artésiens et Brabançons :
Baudoin IV d’Auberchicourt, chevalier et seigneur d’Estaimbourg et de Bernissart.
Le châtelain de Bergues.
Eustache III de Conflans, seigneur d’Estoyes et avoué de Thérouanne (1260-après 1285).
Jean II d’Avesnes, comte de Hainaut
Florent de Hainaut (1255-1297).
Sandroy ou Cendrars de Haussy, chevalier.
Gilbert de Haussy, écuyer et seigneur de Bazentin.
Gautier de Hondschoote, chevalier.
Philippe le Flamand, chevalier.
Boulet de Fléchin, chevalier.
Les Allemands :
Emich V comte de Linange.
Ferri de Linange, chevalier.
Robert d’Esch, chevalier (apparenté à Jean d’Esch, évêque de Verdun).
Les autres :
Waléran de Montjoie-Fauquemont, chevalier (branche de la Maison de Luxembourg, à Maastricht).
Jean 1er comte de Sancerre (1235-après1285).
Renaud de Trie, qui combattra à la bataille de Courtrai en juillet 1302.
Fastré de Ligne (mort en 1338), chevalier.
Rénier de Trive, chevalier.
Jean II de Prie (1245-1328), seigneur de Buzançais.
Péraut Bruiant, chevalier.
Jean Porrès, chevalier.

De nombreuses dames et demoiselles, pour lesquelles les chevaliers de Chauvency allaient combattre, étaient également présentes à Chauvency avec leur suite ; elles étaient les reines de la fête ! Ainsi, Haible de Florange (arrière-petite-fille de Robert de Lorraine, fils du duc de Lorraine Simon 1er), femme de Jacques de Briey sire de Boinville; Cunégonde de Sarrebruck, femme de Henri 1er de Blâmont ; Isabelle de Maizey, femme de Ferry du Chastellet ; Laure de Bauffremont, femme d’Henri de Deuilly ; Jeanne de Linange et Mahaut de Sarrebruck, sœurs de Joffroy d’Apremont, Agnès de Commercy, Jeannette de Boinville, Alice de Louppy, Jeanne d’Avillers, Alice de Neuveville, Perrine d’Esch faisaient partie des invités du comte de Chiny.

La présence de prêtres.

Bien qu’une interdiction d’assister aux tournois fut édictée 1227, les prêtres étaient présents à Chauvency pour bénir les participants. Jouteurs et tournoyeurs avaient notamment prit l’habitude d’assister à la messe avant d’entrer en lice. Le poème de Bretel souligne bien le rôle indispensable des offices religieux dans le déroulement des festivités, alors qu’à cette époque, joutes et tournois étaient formellement interdits par l’Église, qui jugeait ces « jeux » guerriers trop violents !

Le menu du tournoi.

Présidé par la comtesse de Chiny, le tournoi allait se dérouler sous le regard de la jeune et belle comtesse Béatrice de Luxembourg, qui en était alors la reine. Le trouvère Bretel, sous le charme de cette beauté, la loua à maintes reprises dans son récit : « qui tant est bone » (vers 1247) et « dont le cœur ne pense qu’à répandre la joie » (vers 4376).

A cause des fortes chaleurs de l’été, le comte de Chiny choisit d’accueillir ces invités dès le dimanche 30 septembre 1285. Les deux jours suivants, 1er et 2 octobre, furent consacrés aux joutes, exercices particulièrement épuisant opposant deux chevaliers lance à la main.

Ainsi, le lundi matin, lendemain de la Saint-Rémi, les préparatifs furent achevés ! Les premiers jouteurs qui ouvrirent la compétition furent Ferry de Chardogne et Huart de Bazentin. Le héraut du premier chevalier se mit alors à crier « Chardogne ! », ne manquant pas d’interpeller Héface, le héraut adverse qui rétorqua fortement « Tais-toi, ladre ! Dieu te maudisse ! C’est Bazentin ! Vous vous trompez ! ». La joute s’engagea vivement ; Bazentin emportant la décision en désarçonnant le chevalier barrois qui fut malencontreusement piétiné par son cheval. Ferry de Chardogne s’en tira avec le bras cassé. Après le combat, le ménestrel Henriot de Laon fit l’éloge des deux vaillants combattants qui venaient de proposer un beau spectacle.

Dans la lice se présentèrent ensuite Jean 1er de Faucogney, vicomte de Vesoul, et Conon de Bergheim. Juste avant le duel, le héraut du sire de Faucogney prononça haut et fort : « Faucogney au bon chevalier, qui ne se veut rien cacher ! Voyez-le là se préparer ». Après cette annonce, l’engagement entre les deux chevaliers fut total, si bien qu’ils se désarçonnèrent mutuellement.

Ferry de Sierck affrontant Millet de Thil

Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 

fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La lice abandonnée par les deux précédents jouteurs, le héraut d’armes Sotin s’avança en annonçant son maître « Sierck ! Sierck au bon Ferry ! Haldon, Haldon déjà lui mit cinq lances en pleine tête ». Ferry de Sierck monta fièrement sur son destrier pour en découdre avec Millet de Thil dont le héraut Coquasse ne manqua pas de répondre à Sotin en ces termes « Vienne au noble juvénile, vienne à Millet de Thil ». Ainsi, après 28 courses et 16 lances brisées, les deux chevaliers se séparèrent avec un léger avantage pour le jeune Millet. Le noble Ferry de Sierck (voyez l’église paroissiale de Sierck ici) avait trouvé un combattant à sa hauteur ! Bretel rappelle dans son récit la joute qui opposa les deux seigneurs en ces termes :

 « Et quand tout près ils s’approchèrent,
L’un contre l’autre ils se chargèrent
Comme s’ils allaient tout descendre !
Fallait des lances entendre rendre
Le grand bruit et le grand fracas !
Et les tronçons et les éclats
Volent et s’élèvent vers les nues
Et les têtes en demeurent nues
Et sans obstacle on peut les voir,
Et qui les connaît peut savoir
Qui est Millet, qui est Ferri,
À moins d’avoir perdu l’esprit ! »
Joute opposant Pérart de Grilli et Conon d’Ouren de Luxembourg
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La joute suivante opposa Pérart de Grilly au puissant Conon d’Ouren de Luxembourg, taillé, selon les mots de Bretel, comme un Frison. Sous les yeux de l’assistance, le Bourguignon remporta brillamment cette partie. Le Luxembourgeois repartit évidement la tête basse !

Le comte de Chiny annonça la joute suivante qui opposa Henri de Briey à son challenger, Conradin de Hattstatt. Jacques Bretel décrit alors le moment où Conrad Werner II de Hattstatt s’adressa à son fils juste avant l’engagement (vers 908 à 915) :

 » Va devant, cher fils,  le voici
ce chevalier qui joute à toi
Par le corps de Monseigneur Roi
Ou par saint Pierre de Cologne
Si tu ne fais bien la besogne,
Point viendre à la maison
Je chasser à coup de bâton
Qu’avant un mois vous n’entriez ! »

C’est alors aux cris de  « Va ! Que Saint-Georges te secours ! » et de « Hattstatt à Conradin l’enfant », que les deux chevaliers foncèrent l’un sur l’autre avec une telle hargne que l’issue fut prévisible. Avec la violence du choc, Henri de Briey et Conradin de Hattstatt chutèrent lourdement de cheval ; l’assemblée, stupéfaite, imagina le pire ! (Les deux jouteurs reparurent le lendemain, Henri de Briey accompagné notamment de son héraut d’arme, Magnien).

Robert dit « Robinet » de Watronville jouta ensuite contre un Limbourgeois nommé Henri au cri de « Prény à Robinet de Watronville qui m’amenuise ni me rend vil le métier d’armes mais l’honore ! ». L’engagement fit perdre à chacun des deux combattants, casques et lances.

Vers 15 heures, le comte Henri 1er de Blâmont et Raoul de Béchy clôturèrent de belle manière la première journée d’affrontements. Plusieurs hérauts d’armes – Bruiant, Gautier, Garnier – clamèrent haut et fort « Béchy au noble chevalier !« . Le combat fut équilibré, les deux jouteurs repartant à égalité.

Après une journée bien remplie, les combattants et les convives rentrèrent chacun dans leur lieu de résidence et festoyèrent une partie de la soirée. Tables et tréteaux furent dressés et les mets apportés. Au lieu de se restaurer avec avidité, on préféra chanter ; ainsi Simon de Moncley entama une première mélodie suivie d’une autre proposée par Etienne d’Oiselay et Agnès de Commercy. Bretel insiste sur l’ambiance conviviale de cette première soirée.

Après une nuit réparatrice, les chevaliers se préparèrent pour une seconde journée de joutes féroces où chacun essayera de faire preuve de prouesse. En ce mardi matin, la lice de Chauvency accueilli un chevalier lorrain Rénier de Creüe dit le balafré dont le héraut proféra, avant l’engagement, « Prény ! Prény ! », cri en l’honneur de son suzerain absent, le duc Ferry III de Lorraine. Le challenger de Creüe était un modeste chevalier anglais dont Bretel ne cite même pas le nom. L’échange fut bien rude et chacun brisa ses lances, évitant maintes fois de tomber de cheval.

Hugues « Béckart » de Maizey et Jean Porrès s’opposèrent ensuite. Échauffés par l’enjeu de la joute, le héraut du chevalier lorrain cria ‘Val a Béckart, le Brise-bois ! C’est lui qui les grands coups envoie : d’armes ainsi sait-il se servir, et au logis peu discourir !’ Malgré ces encouragements, Maizey apparemment perdit son combat.

Laissant Béckart de Maizey retourner sous sa tente, Waléran de Montjoie-Fauquemont s’avança déterminé à en découdre avec Jean de Muraut. Petit-Gautier, le héraut du seigneur de Montjoie-Fauquemont assura, à Bretel, de la noble vaillance de son maître. La joute qui s’engagea fut si disputée, que les deux participants se quittèrent ex æquo.

Joute opposant Joffroy d’Apremont et Jean de Sancerre
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La lice accueillie alors deux nobles personnages : Jean 1er comte de Sancerre et Joffroy III d’Apremont. Au son de « Seigneur Dieu, sauvez Apremont ! » et « Sancerre au jeune chevalier ! Sancerre à l’enfant sage et preux ! » proférés par leur héraut respectif, les deux chevaliers foncèrent l’un sur l’autre, offrant aux spectateurs une belle série de courses (une vingtaine environ).

Jacques Bretel fait même référence aux Chevaliers de la Table Ronde lorsqu’il évoque la venue, vers 15 heures, d’Henri 1er de Blâmont sur terrain de joute face au sire de Juvigny. En effet, il le compare à Lancelot :

« On peut en tout le présenter
comme on décrirait Lancelot.
Personne ne trouverait les mots
Pour le louer suffisamment. »

L’engagement des deux cavaliers fut entier, Blâmont chargeant même comme un forcené.

Après ce beau spectacle, Waléran de Ligny jouta contre Wichart d’Amance, sous les cris des hérauts respectifs : « Limbourg au fils de l’excellent Blondel, seigneur de Luxemebourg ! Limbourg au chevalier ! Limbourg ! Dame Sainte Marie, venez-lui en aide aujourd’hui, gardez-le, comblez-le d’honneur, car c’est un très bon seigneur ! » et « Amance à Wichart ! Amance ! Amance deux cent fois ! Amance à ce jeune courtois, Wichart, si digne d’être aimé qu’en lui nul ne sait que blâmer ! ». L’issue de la joute resta indécise longtemps.

Se présentèrent ensuite Baudoin IV d’Auberchicourt, chevalier du Douaisis et Joffroy de Neuville qui ne purent vraiment se départager malgré les nombreuses courses qu’ils offrirent à l’assemblée réunie à Chauvency.

Malgré le jour déclinant, trois rencontres furent encore prévues. Pierre de Bauffremont et Jean de Rosières joutèrent contre des chevaliers inconnus. Puis vint l’ultime échange entre deux seigneurs prestigieux, longuement annoncés par leurs hérauts respectifs, Billebaut et Malparler ; il s’agissait de Renaud de Trie et Gérard de Looz, le frère du comte de Chiny.

Cette seconde journée fut bien longue et éprouvante pour les combattants. La soirée allait encore être l’occasion de s’amuser en ripaillant, en chantant et en dansant allègrement. Le comte de Chiny s’était endetté en offrant à ses hôtes de marque des vins prestigieux venant du Rhin, de Beaune, d’Auxerre et d’Arbois. Les jeux amoureux menaient bon train. En effet, Renaud de Trie s’acoquina avec Jeannette d’Avillers ; Jean d’Oiselay eut les faveurs d’Alice de Louppy et Joffroy d’Apremont poussa la chansonnette pour charmer la belle Alice de Neuveville. Les sons mélodieux de la viole de Perrine d’Esch enchantèrent également l’assemblée encline à se divertir.

Bien que la mode en fût passée, plusieurs seigneurs, Joffroy d’Esch en tête, suivit de peu par Louis de Looz et Henri de Blâmont,  décidèrent conjointement d’organiser pour le jeudi, vers l’heure des vêpres (aux environs de 18 heures), un tournoi. Quatre rois-hérauts furent choisit : Huvelle, Fildor, Grehei et Magnien ; ils furent chargés de l’organisation de cette mêlée violente et confuse. Quand Magnien se rendit à Montmédy pour annoncer la tenue du tournoi aux seigneurs présents, Florent de Hainaut et Waléran de Montjoie-Fauquemont se félicitèrent les premiers de cette décision. Le tournoi fut d’ailleurs accueilli dans une certaine allégresse.

Danse au son de la vielle 
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le mercredi matin fut donc consacré à la planification du tournoi. Après la messe, tous les seigneurs et chevaliers tinrent conseil pour établir le programme du lendemain. Le comte Henri de Luxembourg fut le premier à prendre la parole et enjoignit les combattants à se donner à fonds pendant cette journée.  Le fougueux Henri de Blâmont, appelé alors Mauvaise-Tête par Bretel, surenchérit en jurant sur la tête de son frère Thomas et de son père Ferry que le camp de Chauvency sortira vainqueur du tournoi. Des plaisanteries et des railleries émaillèrent les débats jusqu’à ce que Joffroy d’Esch fit alors remarquer qu’il était temps de désigner deux juges-diseurs, un relevant du camp de Chauvency et l’autre de celui de Montmédy. Rénier de Creüe dit le Balafré représentant alors le camp de Chauvency et Baudoin d’Auberchicourt celui de Montmédy. Ils établirent conjointement les rencontres suivantes : Limbourgeois et Riviers contre Français et Berruyers puis Champenois et Bourguignons contre Hennuyers et Hesbignons. Puis, la soirée qui s’ensuivit, fut encore l’occasion de jeux de société et de déclarations d’amour courtois.

Le jeudi matin, avant le début du tournoi tant attendu, les prêtres dispensèrent une grande messe (vers 3070 à 3074) :

« en latin les prêtres
chantèrent dignement la messe
là je vis beaucoup de bénédiction
beaucoup de dames et de chevaliers
prièrent Jésus-Christ en remerciement »

Entre neuf heures et midi, les hérauts se rendirent à Montmédy où ils rameutèrent chevaliers, gentes dames, ménestrels, écuyers, musiciens… Le cortège se rendit plein d’allégresse au château de Chauvency.

A Chauvency, tous les participants défilèrent les uns après les autres. Les comtes de Chiny et de Blâmont passèrent en tête suivis de peu par Joffroy d’Esch, Joffroy d’Apremont et Pérart de Grilli. Gérard de Looz sur son fidèle étalon Morel et Renaud de Trie sur le sien dénommé Sorel leur emboîtèrent le pas. Et ainsi de suite.

Les différentes équipes prévues à l’avance avaient prit position à côté des tribunes. Le jour déclinant fortement, l’assemblée ne fut pas pour autant troublée et réclamait le début des hostilités.

Jacques Bretel insiste sur la rudesse du tournoi qui demandait de l’endurance et où tout acte de bravoure pouvait mener à la victoire, récompensée par les discours élogieux des dames et des trouvères, avec l’acquisition d’une monture ou de pièces d’armure… Les vers 3775 à 3800 du poème de Bretel expose le combat acharné qui opposa le comte de Luxembourg et Renaud de Trie :

« Lorsque nos deux héros se virent,
vraiment bien en garde ils se mirent,
Et se donnent de prodigieux coups
sur les bras, la tête et le cou,
frappant les heaumes retentissants,
les défonçant et fracassant,
si près s’approchent, que des pommeaux (des épées)
ils se frappent en pleins  nasaux
Après les coups, des bras s’enlacent,
Prenant les heaumes, ils s’entrelacent,
Ils tirent, se traînent et se bousculent
Presque à la renverse ils basculent,
Et quand ils peuvent s’échapper,
d’épées d’acier se vont frapper
grands coups pesants, démesurés,
dessus les heaumes azurés.
Fallait voir la mêlée grouiller,
les uns les autres s’escrimer,
couper visages, rênes brisées,
fuir dans les troupes, se pourchasse,
perdre cheval, cheval ravir,
ici furie, là accalmie !
En bien mauvais pas se sont mis,
A mon avis, les mal montés,
Malgré leur bonne volonté ! »

Les frères Henri et Ourri de Briey en compagnie d’autres Lorrains, Guyart de Neuville, Jean de Rosières, Aubert d’Ornes, Collard de Cumières et Rénier de Creüe bataillèrent vivement contre une troupe de Flamands aux ordres de Baudoin d’Auberchicourt et Gautier de Hondschoote. Le « clan » des seigneurs de Briey emporta la décision après un combat vif et appuyé.

Le comte de Chiny, accompagné du seigneur d’Esch, fut ensuite opposé aux hommes de Florent d’Hainaut (Bretel fit l’éloge de ce seigneur dans ses vers) et Philippe de Flandre. Le déchaînement de ces derniers faillit être fatal à Louis V de Looz, qui put compter sur la bravoure d’André d’Amance venu se porter à son secours. Le destrier du comte de Chiny, Morel, en réchappa de justesse.

Bien que la nuit fut tombée, les combattants poursuivirent le tournoi à la lueur des torches. Dans la pénombre, Bretel aperçu, parmi la multitude, Gérard de Looz, Simon de Moncley, Etienne d’Oiselay et Joffroy de Neuville. En raison d’une mauvaise luminosité et de la fatigue , les chevaliers cessèrent le combat et se rendirent, couverts de plaies superficielles, au château de Chauvency. Nombre de seigneurs s’étaient vaillamment comportés et avaient gagnés un butin constitué de chevaux, armes, heaumes…

Ce jeudi se termina comme les jours précédents par un généreux banquet. Ménestrels, jongleurs animèrent la soirée. Les convives dégustèrent encore du vin du Rhin, d’Arbois et d’Auxerre en accompagnement des nombreux mets proposés. Dans l’assistance, certains demandèrent ensuite qui savait jouer au Béguinage, à l’Ermite, au Pèlerinage, à la Couronne de Fleur, jeux alors forts réputés à l’époque. La duchesse de Luxembourg s’avançant pour danser la Couronne de Fleur choisit André d’Amance pour l’accompagner, au son de la vielle. Jacques Bretel clôtura la soirée en improvisant un poème à la gloire de l’Amour, suivit peu après d’une danse de Simon de Lalaing.

Le vendredi 5 octobre, après la célébration d’une grande messe, chacuns des participants et des accompagnants regagnèrent leur pays d’origine avec une certaine allégresse et sentiment d’avoir passé quelques jours délicieux à Chauvency.

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On peut remercier le trouvère Jacques Bretel car son poème a le mérite de mettre en lumière un tournoi à la fin du XIIIe siècle. Le tournoi de Chauvency y est décrit de manière remarquable et fidèle ; on y retrouve les mœurs courtoises et chevaleresques. Même si à diverses reprises Bretel paraît arranger la vérité afin qu’elle paraisse plus extraordinaire, il a su rompre la monotonie du récit en faisant alterner les scènes violentes et les descriptions de festins et de danses.

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Jeux courtois au Tournoi de Chauvency
Les jeux amoureux allaient bon train à Chauvency. En effet, la société courtoise de l’amour épuré rendait un véritable culte à la femme et au chevalier devait faire preuve de prouesse pour conquérir son cœur. Voilà la réplique d’un chevalier amoureux tentant de charmer sa promise : »Mais, pour Dieu ! douce et noble dame,
ne croyez pas que ma prière,
aille jusqu’à réclamer votre amour,
ni que je vous prie autrement,
que de me donner tout entier
et m’autoriser à vous faire plaisir.
Et par amour ne soyez pas chagrinée
si je déplore ma maladie
auprès de vous qui êtes ma santé ! »
(vers 3006 à 3017)Vous ne pouvez pas non plus me défendre
de vous aimer avec de bons sentiments.
Aussi j’apprécie beaucoup cet avantage
que par vous se forme et apparaît
en moi tout l’honneur que j’obtiens.
Et si mon corps montre de la vaillance
si pour votre amour il fait des efforts
je vous prie en secret du fond du cœur
que ce soit avec votre agrément ! »
(vers 3030 à 3041)Etonnée de cette confidence qui vient un peu tard, la dame répond alors en ces termes »Donc, que tout ce que j’ai ne fasse rien !
prenez courage et soyez preux ;
Heureuse je serai  et fière de vos prouesse
Mais je vous demande une grâce :
vous m’aviez cacher votre amour jusqu’ici
efforcez-vous de vous amender
je vous en prie et vous le commande :
je veux dans nos relations
en matière de prière et de commandement
avoir sur vous et vous sur moi
comme il convient à un loyal ami,
qui veut avoir une loyale amie,
et bien aimer sans bassesse,
et sans mauvais commerce. »
(vers 3045 à 3071)

Elle invite tout de même son prétendant à se surpasser pour elle :

« En grande peine et en grande difficulté
se mettent souvent les meilleurs
qui aiment les armes et l’honneur
vous devez donc beaucoup les honorer
et de cœur bien donner (inspirer le courage)
par amour et par courtoisie
par prières et par recommandations
on peut améliorer fortement son ami »
(vers 4048 à 4054)

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Bibliographie sélective :

R. BARBER et J. BARKER, Les tournois, 1989.
M. DELBOUILLE, Jacques Bretel, Le Tournoi de Chauvency, Liège-Paris, 1932.
H. GOFFINET, Les comtes de Chiny, 1880.

R. HARMAND, Le tournoi de Chauvency en 1285, Paris-Nancy 1905.
D. HENRIOT-WALZER, Jacques Bretel, Le Tournoi de Chauvency 1285, Edition de la Joyeuserie, 1997.
 NB : La documentation ci-dessus et son mérite revient à l’auteur du site http://patrimoine-de-lorraine.blogspot.fr et nous partageons le travail avec respect.

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1402 – Château de Montendre : un combat franco-anglais 7 contre 7 en champ clos http://combatmedieval.com/1402-chateau-de-montendre-un-combat-franco-anglais-7-contre-7-en-champ-clos/ http://combatmedieval.com/1402-chateau-de-montendre-un-combat-franco-anglais-7-contre-7-en-champ-clos/#respond Sat, 28 Jul 2012 12:54:20 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2360 Introduction : A cette époque, les rois, comme les empereurs romains avant eux, envoyaient les meilleurs en découdre dans l’arène, pour une belle dame, pour un territoire, ou pour l’honneur. C’était la Guerre de Cent Ans. Aujourd’hui, les armes sont plus mouchetées, les belles dames ont d’autres critères d’appréciation, et le champ clos est plein …

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Introduction : A cette époque, les rois, comme les empereurs romains avant eux, envoyaient les meilleurs en découdre dans l’arène, pour une belle dame, pour un territoire, ou pour l’honneur. C’était la Guerre de Cent Ans. Aujourd’hui, les armes sont plus mouchetées, les belles dames ont d’autres critères d’appréciation, et le champ clos est plein de caméras. Le récit de Moreau qui en est l’auteur est d’une lecture agréable. Source : Revue Anglo-Française – T. 3 – Poitiers – 1836

Un combat en champ clos, à Montandre [1], au commencement du XVe siècle (1402). Lorsque l’antique Aquitaine, qui depuis Auguste s’étendait jusqu’à la Loire, rentra au moyen-âge dans sa première circonscription, et prit le nom de Guienne, ses limites septentrionales furent fixées à peu de distance de la Gironde, sur le territoire des anciens Santons. Ces frontières furent appelées marche [2] de Guienne ; et, du côté de la Saintonge, plusieurs châteaux furent édifiés pour former une ligne de défense [3]. Cognac , Mirambeau, Montandre, Monlieu , Monguyon [4], en opposant leurs remparts aux entreprises des ennemis, firent plus d’une fois respecter la Saintonge. Montandre surtout, le plus avancé dans la marche, avec ses tours élevées jusqu’aux nuages, arrêta les plus intrépides. C’est à l’aspect de son donjon, au commencement du XVe siècle [5], que fut livré un de ces combats singuliers, si communs à cette époque, combat anglo-français , auquel Montandre doit attacher son nom. Montandre, ou Mont Andronis, était, au Xe siècle, un castrum qui relevait de la couronne, et servait de manoir à un de ces nobles barons qui, ne reconnaissant d’autre suzerain que le roi de France, marchaient au premier rang avec les sires de la comté de Saintonge Mais lorsque cette province devint possession anglaise, par suite du divorce de Louis-le-Jeune avec la reine Aliénor, et du mariage de cette princesse avec un Plantagenet, Montandre suivit le sort de toute l’Aquitaine, et cette châtellenie fut assujettie à l’hommage lige envers le souverain anglais. Au XIIe siècle, le fils de Gifar, un certain Guillaume [6], s’honorait de porter le nom de sa terre, et se faisait appeler Montandre. Souvent, après avoir fait brandir sa lance sur son donjon, il courait prendre ses ébats dans sa châtellenie de Didonne [7], et promenait ses regards inquiets sur le fleuve de la Gironde, où le pilote saintongeois osait braver les écueils. Vers 1236, un descendant de Guillaume, Hugues de Didonne, quatre fois baron, parce qu’il possédait quatre baronnies, Didonne, Tonnay [8], Royan [9], Montandre, fier de ces hautes dignités, exerçait des violences sur le clergé de son voisinage, et, à l’instar des sires ses contemporains, après avoir vexé le prêtre, il expiait ses fautes en donnant à l’Eglise une partie de ses biens. Pendant les longues divisions qui régnèrent entre les deux États de France et d’Angleterre, durant la séculaire alternative de possessions continentales, la plupart des seigneurs de Saintonge, sans énergie comme sans caractère, se rallièrent toujours aux vainqueurs. Lors de la révolte du comte de la Marche, fomentée par la reine Isabelle ; lors de la conquête de saint Louis, et du traité qui fixa à la Charente les limites des deux États, ils furent, selon les circonstances, hommes de deçà ou de par-delà, c’est-à-dire de France ou d’Angleterre : mais ceux de Montandre conservèrent une fidélité inviolable ; quoique leurs terres fussent tombées au pouvoir anglais, plusieurs restèrent au service de la France ; et, au jour fatal de la bataille de Poitiers [10], le seigneur de Montandre partagea le sort de Jean, et eut l’honneur d’être fait prisonnier à côté du monarque [11]. Trois siècles de rivalité avaient affaibli les deux nations ; la haine que l’Anglais portait à la France, depuis les conquête » des Normands, ne fut point assouvie, quand cette même France abandonna les belles provinces de la dot d’Aliénor. Depuis cette déplorable époque, l’Anglais eut long-temps le pied sur le sol français. La confiscation faite par Philippe-Auguste, les batailles de Taillebourg et de Saintes, les victoires de du Guesclin, ne purent l’éloigner que par instans. Crécy, Poitiers, ces journées de deuil pour le pays, ramenèrent avec elles l’insulaire, qui s’affermit davantage sur le continent. Avant le traité de Brétigny [12], en vertu duquel toute la Saintonge fut cédée aux Anglais, la garde du château de Montandre avait été confiée à des agens britanniques ; on y avait vu commander Aimond Arnaud, le sergent Bernard , Pierre Montauzer, Arnaud de Garcie, Pierre de Castillon [13]. Après le traité, ce château fut mis entre les mains de Soudan de Latrave, non moins chaud partisan de l’Angleterre. Mais en 1402, époque du combat de Montandre, le château devait appartenir à la France [14] ; il était réputé frontière a cause de sa situation sur la marche de Guienne, limites des possessions anglaises signalées comme rendez-vous aux preux qui devaient combattre [15].

A cette époque l’Angleterre était dans la détresse, la France aux abois, en proie à de continuelles dissensions ; ces deux Etats étaient énervés. Sur le continent, l’ambition des princes, se disputant la régence, lors de la minorité de Charles VI, avait fait naître des discordes que la démence du monarque entretenait. Chez les insulaires, les intrigues du duc de Lancastre, surgissant de l’impéritie de Richard II, avaient allumé la guerre civile. Les deux nations, déchirées l’une et l’autre au dedans et au dehors, avaient besoin de tranquillité. Richard, né dans la Guienne, en épousant Isabeau, fille de Charles VI, amena une trêve désirée ; et le duc d’Orléans, oncle de la princesse, faisant un traité d’alliance avec le duc de Lancastre, semblait promettre la paix : vain espoir ! le parti du duc prévalut en Angleterre ; le malheureux Richard, arrêté, emprisonné, est mis à mort, et Lancastre, parvenu sur un trône ensanglanté, règne sous le nom de Henri IV. Bordeaux refuse le serment au nouveau roi, la reine Isabeau est rappelée en France, et le duc d’Orléans, furieux contre le roi d’Angleterre, lui porte d’insolens défis. Il lui écrivait : « Jeunesse que mon cœur requiert employer à aucun fait pour acquérir bonne renommée, me fait penser de faire métier d’arme, et que plus honorablement ne pourrois acquérir que d’être en une place où fussions nous deux accompagnés, chacun de son côté, de cent gentilshommes à un combat jusqu’au rendre. » Sur quoi il fut répondu par Henri : « Nous irons personnellement dans notre pays par-delà, accompagnés de tant de gens qu’il vous plaira, lesquels nous réputons tous nos loyaux serviteurs sujets, et aucun pour y conserver notre droit. Vous pouvez mettre en tel nombre de gens comme mieux vous semblera pour acquérir honneur, soit pour combattre entre nos deux personnes, laquelle chose nous désirons plus qu’autrement, que tout le monde sache que notre réponse ne procède point de présomptuosité de cœur, et mettre en reproche nul prud’homme qui a son honneur cher ; non-seulement pour faire abattre la hautesse de cœur et surquidance de celui quel qu’il soit qui ne sait discerner quel est lui-même. » Et le duc d’Orléans de répliquer : « Ce que vous avez écrit que celui qui ne sait discerner en quel état il est soi-même, qui veut élire gens sans reproche, sache que je sais que je suis et ceux de ma compagnie , et vous le mande, et vous le trouverez que nous sommes tous prud’hommes et loyeaux ; et que par tels nous tenons et réputons, et nous savons bien et saurons (si Dieu plaît) garder et faire autre chose que loyeaux, prud’hommes et gentils ne doivent faire ne par écrit, ne par dit, ne par fait ; mais, vous et vos gens, regardez à vous et m’écrivez sur toute chose votre intention, laquelle chose je désire savoir moult en bref. » Henri répondit : « Vous dites que ceux de votre compagnie et vous êtes tous prud’hommes et loyeaux et pour tels réputés. Touchant votre compagnie, nous ne leur réprouvons pas, car nous ne les connaissons pas ; mais quant à votre personne, nous ne vous réputons pas pour tel, toute chose considérée [16]. » L’entrevue qui devait suivre ces bravades n’eut point lieu. Les princes ne comparurent personnellement ni l’un ni l’autre ; mais un combat en champ clos fut livré entre sept Français au service du duc d’Orléans et sept Anglais désignés par le roi d’Angleterre. Ce fut à la vue du castrum de Montandre [17] que ces athlètes se portèrent leurs coups. Sur un sol composé de sable et de poudingue ferrugineux [18] s’élèvent six mamelons, sorte de dunes diluviennes, où la matière arénacée que le temps avait consolidée est redevenue meuble par le soc du laboureur. L’Andronis domine sur ces collines environnantes, comme le mont Capitolin sur les six collines de Rome. C’était sur ce mont Andronis, élevé de 800 pieds au dessus du niveau de la mer, qu’était construit le castrum , le géant de la marche de Guienne ; et c’est à l’opposite, sur le sable du monticule de l’ouest, que coula le sang des combattans. C’était alors un goût général chez les deux nations que les combats singuliers [19], soit combats à outrance comme celui des trente [20], conduits par le français de Beaumanoir et l’anglais Richard Pembroke, soit de simples spectacles de faits d’armes pour des récréations royales, comme la joute du pas de Sandricourt [21], exécutée par dix jeunes Français, et le tournoi de Windsor, ordonné par Richard II [22]. Celui de Montandre ne fut pas de ces joutes futiles, Inventées pour le plaisir des dames, où de simples rubans étaient les prix de la victoire ; mais un combat opiniâtre où l’honneur du preux n’était pas séparé de celui de l’Etat. Les deux armées se placèrent dans la plaine ; les compagnies françaises qui tenaient Mirambeau, St-Maigrin, Archiac [23], se rendirent sur la marche de Guienne, et vinrent occuper les sables de Montandre, sous les ordres d’Harpedane, qui se trouvait avec Rutland dans l’Andronis, tandis que les troupes anglaises, arrivant des bords de la Gironde, se rangèrent dans la même plaine vis-à-vis les premières. Ainsi les armées rivales, s’étendant au pied du castrum , formèrent un vaste cercle de lances autour d’un tertre destiné à être foulé par des braves. Jean Harpedane [24], vicomte d’Aunai, .alors sénéchal de Saintonge, fit tout préparer pour le combat. Il présidait la bataille au nom de Charles VI qu’il représentait. Le roi d’Angleterre Henri avait, de son côté, député le comte Rutland [25] pour le même objet. Les Français qui devaient combattre, tous réputés preux, parurent à Montandre ; ils avaient à leur tête Guillaume de Barbazan. Marchaient à la suite, Guillaume Duchâtel de Basse-Normandie, Archambeau de Villars, Colinet du Brabant, Guillaume Bataille, Caronis [26] et Champagne [27]. Les Anglais avaient pour chef Scales ; les six autres se nommaient Aimar Clouet [28], Jean Héron , Richard Witevalle [29], Jean Fleuri, Thomas Trays et Robert Scales [30]. Tous étaient armés de la lance et de la hache , et portaient au bras le bouclier carré [31]. L’heure du combat arrive ; les sept Français, sortant du temple de la prière, se dirigent sur le champ de bataille où leurs adversaires les attendaient. Les preux sont en présence, sur la hauteur qui fait face à l’Andronis. Barbazan exhorte les siens à combattre pour l’honneur de la France. Le sénéchal Harpedane donne le signal ; un héraut s’écrie : Que chacun fasse son devoir ! Les guerriers alors s’avancent les uns vers les autres, pour combattre à la lance. Barbazan attaque le premier le chevalier de Scales ; chacun choisit son adversaire ; les armes se croisent, se choquent, se brisent ; et, après ces premiers faits à la lance, les combattans jettent cette arme, saisissent la hache, et se disposent à se porter de plus rudes coups. Le plus redoutable des Français était Duchâtel, qu’une haute stature, qu’une force prodigieuse rendaient un puissant athlète ; aucun Anglais n’osait se mesurer avec lui. Cependant le combat à la hache s’engage, chaque Français est aux prises avec un Anglais ; toutefois deux de ces derniers se précipitent en même temps sur Duchâtel, son bras adroit et nerveux tint bon contre ses ennemis qui attachaient à sa défaite l’espoir de la victoire. Cependant Archambeau, demeuré sans adversaire , tombe sur Robert de Scales qui en était aux mains avec Caronis, et, le frappant à la tête d’un violent coup de hache, l’étend mort à ses pieds. S’élançant aussitôt vers Duchâtel, il rend le combat égal Champagne, de son côté, combattait avec ardeur. Ce jeune chevalier n’avait encore essayé ses forces dans aucune rencontre ; le premier, il s’était présenté pour être un des champions de Montandre ; mais le duc d’Orléans dont il était aimé, craignant pour son inexpérience, n’avait consenti qu’avec peine à le laisser partir [32] ; néanmoins ce jeune guerrier prouva, par ses essais, qu’il ne cédait en rien aux héros ses compagnons d’armes ; il terrassa son adversaire et le força de lui demander quartier. Les Français avaient l’avantage sur tous les points, excepté là où combattait Guillaume Bataille. Le malheureux fut abattu par son ennemi ; cependant les siens viennent à son secours, et bientôt tous les Anglais sont vaincus [33]. Telle fut l’issue de ce combat célèbre, livré en présence de deux armées., et devant les hauts barons de Saintonge, châtelains de St-Mégrin, Archiac, Pons, Matha. Le sénéchal de Saintonge [34] ramena les Français victorieux auprès du monarque. Barbasan , leur chef, fut appelé chevalier sans reproche ; le roi fit graver ce titre sur l’épée d’honneur dont il lui fit présent, y ajoutant cette devise : Ut lapsu graviore ruant. Ce combat, raconté de plusieurs sortes par les historiens, rendit célèbre le château de Montandre ; néanmoins la tradition n’en a pas conservé le souvenir, et l’on ignorerait ces faits d’armes si l’histoire ne les eût fixés dans ses pages [35]. Cinquante années s’étaient écoulées depuis le combat des quatorze preux, et les Anglais étaient encore maîtres de Montandre. Le maréchal de Brosse en fit le siége, le prit d’assaut et fit raser les fortifications ; elles tombèrent ces tours qui avaient bravé les efforts de tant d’ennemis. Peu de temps après, les Anglais, encore une fois maîtres de la Saintonge, rentrèrent dans cet Andronis, alors sans défense ; mais le fils de Jean de Brosse, après avoir contribué à délivrer la France de Talbot, vint les chasser pour toujours. J’ai marché dans les sables de Montandre, j’ai gravi sur son sommet ; j’ai consulté les ruines du castrum ; j’ai interrogé la population : un seul vieillard m’a montré l’une des six collines, et m’a nommé la Motte-à-Vaillant. Celle de l’Andronis, quoique privée de ses antiques fortifications, a conservé son aspect imposant. On aime à voir, de son sommet, le vaste horizon qui se montre sans obstacle dans toute l’étendue de sa circonférence, avec les sinuosités nébuleuses des hauteurs de Pons, Mirambeau, Monlieu, et la barque que le nautonier conduit sur la Gironde. C’est au pied de l’Andronis que sont construites l’église, la halle et les demeures agglomérées qui constituent le bourg. Une autre colline est maintenant ombragée de pins maritimes ; une troisième est consacrée à la culture de la vigne. On voit, sur d’autres, des moulins exposés à l’utile influence de tous les vents ; mais la plus intéressante est celle de l’ouest, à cause des souvenirs qui s’y rattachent, celle où la victoire de sept Français sur un pareil nombre de champions d’Angleterre vint ouvrir le XVe siècle par le combat des quatorze. Ce tertre garda le nom de la Motte-à-Vaillant, pour témoigner aux siècles avenir que des preux de France et d’Angleterre, neuf versèrent leur sang pour soutenir l’honneur des deux nations rivales [36]. MOREAU (de Saintes).

Notes

[1] Montandre ou Montendre, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Jonzac, département de la Charente-Inférieure. C’était, à l’avènement de la famille capétienne, une grande châtellenie. En 1334, elle fut mise au nombre des cinquante qui composèrent le comté de Saintonge et relevaient du duché de Guienne. Ce qui se voit par l’état que fit faire Edouard III , pour déterminer la valeur de l’arpent dans chacune de ces châtellenies.

[2] On appelait marche, les frontières d’un pays ou l’on établissait des fortifications pour en défendre l’entrée ; de là le nom de marquis donné à celui à qui était confié le commandement d’une marche.

[3] Une lettre-patente de Charles VI, publiée par Godefroy, porte : que voulant user de « s prérogatives royales, il appliquait à son domaine les châteaux et autres lieux étant « en la frontière des ennemis près Bordeaux, où pourroit descendre nombre de gens , pour grever notre royaume et notre pays de Saintonge. »

[4] C’étaient autant de castellum situés sur la frontière de Saintonge : plusieurs offrent des restes de constructions du moyen-âge.

[5] Le 19 mai 1403.

[6] Cartulaire de l’abbaye de Vaux en Saintonge.

[7] Didonne était l’une des plus anciennes châtellenies de Saintonge ; elle était située près de la Gironde, commune de Semussac, arrondissement de Saintes. La charte de fondation de l’abbaye de Saintes fait mention de Didonne, en 1047.

[8] Tonnay-Charente, sur le fleuve du même nom.

[9] Royan, à l’embouchure de la Gironde, département de la Charente-Inférieure.

[10] Les seigneurs do Pons, de Tonnay-Charente et de Surgères, se trouvèrent à cette bataille. Les deux premiers y furent tués.

[11] Froissart.

[12] En 1360, par le premier article, la Saintonge, en-deçà et au-delà de la Charente, est accordée aux Anglais.

[13] Rôles gascons.

[14] En 1370, Charles V ayant cité le prince de Galles à se présenter en personne à la Chambre des Pairs, pour ouïr droit sur ses complaintes et griefs, dont ses sujets clamoient droit en cour, le priuce de Galles répondit qu’il comparaîtrait suivi de 60,000 hommes. La Cour des Pairs déclara alors, par arrêt, toute la Guyenne confisquée au roi. (Théodore deBlois.)

[15] Allain Chartier.

[16] Duchêne.

[17] Le héraut chargé de porter le cartel en Angleterre, dit, devint le roi Henri, qu’il avait déjà déterminé le champ de bataille, que ce serait auprès de Bordeaux. (Le Laboureur. )

[18] Ce terrain de diluvion se trouve par strates, alternant avec des sables ; plusieurs fragmens ont été employés dans la construction du château actuel ; on les voit également dans les vieux murs, contrastant par leur couleur rembrunie arec la teinte jaunâtre des moellons calcaires dont ils sont mélangés.

[19] Tel que le combat en champ clos de Paris, en 1383 , derrière St-Martin-des-Champs, entre Pierre Courteny, seigneur anglais, qui vint combattre Gui de la Trémouille, en présence du roi, et qui fut blessé par le français Clary. On peut encore citer celui qui eut lieu en Bretagne, entre le duc de Bretagne et le duc de Buckingham.

[20] Le combat des trente remonte a l’an 1351. Beaumanoir était chef du parti de la comtesse de Blois ; Richard Pembroke commandait les Anglais qui soutenaient la comtesse de Montfort.

[21] Sandricourt, château voisin de Pontoise, remarquable par le tournoi de 1393 ; dix jeunes seigneurs de la cour de Charles VI y combattirent. Des dames en grand nombre, qui assistèrent à cette fête militaire, furent magnifiquement traitées par Hédouville, seigneur du château.

[22] Le roi Richard, dit Froisssart, fit crier par tout son royaume, jusqu’en Ecosse, une joute qui devait être à Windsor, de quarante chevaliers de dames et de quarante écuyers qui devaient être vêtus de vert, et à être la reine à cette fête bien accompagnée de dames et de demoiselles.

[23] Ces châteaux, voisins de Montandre, sont situés au midi de la Saintonge, département de la Charente-Inférieure, arrondissement de Jonzac.

[24] Jean Harpedane II, seigneur de Belleville , fut chambellan de Charles VI ; il résidait à Saint-Jean-d’Angély. Il acheta , en 1415, la terre de Mirambeau et celle de Cônac. Son fils, Harpedane III, épousa Marguerite de France, dite de Valois, fille naturelle de Charles VI.

[25] Fils du duc de Yorck et neveu du roi Henri IV. Celui-ci, encore duc de Lancastre, fut invité au tournoi de Windsor, où on avait projeté de l’assassiner. Rutland, qui était dans le secret, révéla le complot.

[26] Le Laboureur, qui l’appelle Carius , croit qu’il faut lire d’Escart dans la pièce où il a puisé. Allain Chartier dit Robert Querois.

[27] On trouve souvent les noms des sept Français du combat de Montandre dans l’Histoire de Charles VI. Il est dit dans une ordonnance de ce prince, rapportée par Villevault : « Arneaud Guillier de Barbazan, Guillaume Bataille, Clignet de Brabant, Archambeau de Villars qui prennent par an, sur notre trésor, 500 livres parisis, n’en prendront plus aucune chose. »

[28] Aimar Choter, selon Le Laboureur.

[29] Richard de Bouteville. (Le Laboureur.)

[30] Juvenal des Ursins. Allain Chartier ne nomme que quatre Anglais : Robert d’Escalle, Richard Heri, Fleury d’Angleterre, et Thomas Salles ou Stilles.

[31] Ce bouclier portait le nom de targe.

[32] Monseigneur, laissez-le venir, dit Barbazan au duc d’Orléans, car s’il peut une fois tenir son ennemi aux mains et le joindre à lui par le moyen de la luicte, il l’abattra et le déconfira. (Juvénal des Ursins.)

[33] Juvénal des Ursins.

[34] Le sang coula assez long-temps sans qu’on pût juger de quel coté serait la victoire. Apres une vigoureuse résistance du côté des Anglais, la mort de l’un d’eux décida de l’avantage, et le sire Harpadenne ramena les vainqueurs a Paris, où ils furent reçus à grande joie et reçurent de beaux présens. (Le Laboureur.) Le duc d’Orléans, quand ils furent à Paris, les festoya grandement pour la victoire qu’ils avoient eu a l’encontre desdtts Anglois, et à l’entrée de Paris furent vêtus lesdits François tout de blanc, et furent les juges, le sire Harpadenne et le sire de Duras. (Allain Chartier.)

[35] Octavien de St-Gelais, évêque d’Angoulême, fils de Pierre de St-Gelais, seigneur de Monlieu, dans le voisinage de Montandre, parle de ce combat dans son Verger d’honneur. Voici des vers sur ce sujet, écrits dans le même siècle que l’évènement : Après, dit-il, je vis sept nobles Preux Armés à blanc, ayant au poing la hache. Qui défirent sept arrogans Anglois, Où pas un d’eux si ne se montra lasche. Car si très-bien firent sans épargner, Qu’assez en peut Montandre témoigner, Château cogneu où fut l’emprinte faîte Et des Anglois honteux la défaite.

[36] Suivant le récit, en style du temps, dont on va parler, Harpadaine, seigneur de Belleville, fut juge pour les Anglais à ce mémorable combat, et pour les Français le sire de Pontz remplit les mêmes fonctions. De plus, Champaigne cet aussi indiqué comme un jeune écuyer qui, voyant que les Anglais étaient sept et les Français seulement six, requist et pria moult fort ces derniers de le recueillir avec eulx, à laquelle chouse accorder y eut de grans difficultés, pour ce qu’il estait, comme dict est, jeune, et n’avait pas grandement veu tels affaires.

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La conquête de l’Angleterre racontée par la tapisserie de Bayeux http://combatmedieval.com/la-conquete-de-langleterre-racontee-par-la-tapisserie-de-bayeux/ http://combatmedieval.com/la-conquete-de-langleterre-racontee-par-la-tapisserie-de-bayeux/#respond Sun, 29 Apr 2012 12:47:44 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2355 Classée « Mémoire du Monde » par l’UNESCO, la Tapisserie de Bayeux (Calvados) est une broderie, longue de 70 mètres, réalisée au  XIe siècle. Célébrant la conquête de l’Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, cette toile de lin a probablement été brodée par des moines dans le sud de l’Angleterre après la bataille d’Hastings le 14 octobre 1066. Animaux …

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Classée « Mémoire du Monde » par l’UNESCO, la Tapisserie de Bayeux (Calvados) est une broderie, longue de 70 mètres, réalisée au  XIe siècle. Célébrant la conquête de l’Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, cette toile de lin a probablement été brodée par des moines dans le sud de l’Angleterre après la bataille d’Hastings le 14 octobre 1066. Animaux mythologiques, navires vikings, cavaleries normande et saxonne illustrent les exploits de Guillaume et de son adversaire Harold, autre prétendant au trône d’Angleterre. L’Angleterre serait alors une colonie française du XIème siècle… un sujet qui fait débat!

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Armure pour les hanches : la jupe d’écailles http://combatmedieval.com/armure-pour-les-hanches-la-jupe-decailles/ http://combatmedieval.com/armure-pour-les-hanches-la-jupe-decailles/#comments Sat, 21 Apr 2012 13:49:22 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2450 Comment protéger les hanches à l’aide d’une armure protectrice et flexible? Voici quelques sources du XIVème et XVème siècle pour compléter vos armures. (coût approximatif 40-80€)   Les écailles : – les écailles sont rectangulaires, en forme de tuiles arrondies ou losangées sur la partie inférieure. Idéalement, prendre des arrondies ou losangées pour la flexibilité. – …

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Comment protéger les hanches à l’aide d’une armure protectrice et flexible? Voici quelques sources du XIVème et XVème siècle pour compléter vos armures. (coût approximatif 40-80€)

 

Les écailles :

– les écailles sont rectangulaires, en forme de tuiles arrondies ou losangées sur la partie inférieure. Idéalement, prendre des arrondies ou losangées pour la flexibilité.

– Environ 5-6 cm de haut pour les écailles

– Prendre environ 100 écailles (4 à 5 rangs de haut)

 

Montage de l’armure :

– Les écailles peuvent être montées sur la face intérieure ou extérieur de la jupe d’écaille.

– Le montage se fait sur

– Montez les écailles du haut en premier. Les écailles du bas remonteront par dessus celles du haut lorsque vous vous baisserez.

– Les écailles peuvent se superposer ou non dans le sens de la largeur. Mais dans le sens de la hauteur, c’est obligé!

– Il est conseillé de riveter les écailles sur une jupe en cuir mais cela est également possible sur de la laine épaisse voire du lin.

 

Poids de l’armure :

– Prendre du 2mm en acier classique ou du 0,7-0,8 mm en acier trempé.

– 2 kg ~

 

Sources historiques :

Merci notamment à Gamot pour son travail de recherche

 

Exemples de reconstitutions historiques :

Certains de ces travaux appartiennent à Benoît Gilles et d’autres à Kévin / Rudolf

 

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Un modèle de fauchon à deux mains XIVème qui fait peur. http://combatmedieval.com/un-modele-de-fauchon-a-deux-mains-xiveme-qui-fait-peur/ http://combatmedieval.com/un-modele-de-fauchon-a-deux-mains-xiveme-qui-fait-peur/#respond Fri, 20 Apr 2012 13:45:18 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2445 Voici une source de fauchon à deux mains remarquablement « effrayant », porté par des nobles dans la bataille. Quelques photos et vidéos de sa reconstitution accompagnent cet article. Reconstitution : Source historique : Manuscrit La Romance d’Alexandre

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Voici une source de fauchon à deux mains remarquablement « effrayant », porté par des nobles dans la bataille. Quelques photos et vidéos de sa reconstitution accompagnent cet article.
Reconstitution :

Source historique : Manuscrit La Romance d’Alexandre

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Un gantelet d’armure « fermé » en combat, est-ce historique? http://combatmedieval.com/un-gantelet-darmure-ferme-en-combat-est-ce-historique/ http://combatmedieval.com/un-gantelet-darmure-ferme-en-combat-est-ce-historique/#respond Fri, 13 Apr 2012 13:42:35 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2441 D’après les archives du Metropolitan Museum, la réponse est oui! Voici une présentation du gantelet de tournois en vidéo. On peut estimer ce gantelet de la période Henri VIII (XVIème siècle) malgré la forme du sablier aussi appelé hourglass du gantelet. Ce type de protection reste idéal pour une pratique sécurisée du combat médiéval. Nous …

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D’après les archives du Metropolitan Museum, la réponse est oui! Voici une présentation du gantelet de tournois en vidéo. On peut estimer ce gantelet de la période Henri VIII (XVIème siècle) malgré la forme du sablier aussi appelé hourglass du gantelet. Ce type de protection reste idéal pour une pratique sécurisée du combat médiéval. Nous recommandons d’utiliser ce type de protections sécuritaires avec une équipement du XVIème siècle.

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Le Livre des Tournois du Roi René d’Anjou à télécharger http://combatmedieval.com/le-livre-des-tournois-du-roi-rene-danjou-a-telecharger/ http://combatmedieval.com/le-livre-des-tournois-du-roi-rene-danjou-a-telecharger/#respond Thu, 05 Apr 2012 13:40:00 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2438 Le Livre des Tournois du roi René d’Anjou Prince valeureux au combat et homme de lettres, René d’Anjou (1409-1480) était expert en l’art des tournois de chevalerie. En imaginant un tournoi opposant le duc de Bretagne au duc de Bourbon, il élabore un cérémonial minutieusement codifié depuis la proclamation du tournoi et ses préparatifs jusqu’à la …

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Le Livre des Tournois du roi René d’Anjou

Prince valeureux au combat et homme de lettres, René d’Anjou (1409-1480) était expert en l’art des tournois de chevalerie. En imaginant un tournoi opposant le duc de Bretagne au duc de Bourbon, il élabore un cérémonial minutieusement codifié depuis la proclamation du tournoi et ses préparatifs jusqu’à la remise de prix au vainqueur. Le manuscrit français 2695 de la Bibliothèque nationale de France en est le témoin le plus précieux. Exécuté sur papier, probablement après 1462, il s’enrichit d’une superbe série de dessins à l’encre rehaussés de couleur que la critique attribue unanimement à Barthélemy d’Eyck, le peintre dans lequel le bon roi René trouva l’interprète le plus subtil et le plus séduisant de sa propre sensibilité artistique. Ce manuscrit était présenté par l’Inp et la Bibliothèque nationale de France à l’occasion des « Trésors du patrimoine écrit ». Vous pouvez visionner le manuscrit ici : http://www.sendspace.com/file/uv8pwu

Auteur : René I (Roi de Naples et Jérusalem)

Source : connaissancedesarts.com

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