Sources historiques d’équipement – Fédération Française de Béhourd https://combatmedieval.com Fédération des associations de combat médiéval en armure en duel ou en équipes. Sat, 22 Sep 2018 07:45:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.8 127693210 L’arme de la victoire: de la bonne utilisation des armes d’hast https://combatmedieval.com/larme-de-la-victoire-de-la-bonne-utilisation-des-armes-dhast/ https://combatmedieval.com/larme-de-la-victoire-de-la-bonne-utilisation-des-armes-dhast/#respond Sun, 06 Apr 2014 12:59:12 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2367 Hallebardier: idées préconçues et réalité   Par Igor Omelianchuk   Nous savons tous que les pratiquants de béhourd sont divisés entre ceux utilisant des armes à deux mains, et ceux préférant les armes à une main. Les armes à une main sont les épées, fauchons, haches, masses à ailettes, qui n’ont pas de grosses différences …

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Hallebardier: idées préconçues et réalité

 

Par Igor Omelianchuk

 

Nous savons tous que les pratiquants de béhourd sont divisés entre ceux utilisant des armes à deux mains, et ceux préférant les armes à une main. Les armes à une main sont les épées, fauchons, haches, masses à ailettes, qui n’ont pas de grosses différences les unes avec les autres dans leur utilisation en combat. En ce qui concerne les armes à deux mains, il s’agit des hallebardes, haches à deux mains, vouges, bardiches… certains utilisent des armes à deux mains courtes (à peine plus d’un mètre de long) à courte distance, mais ils ne sont pas nombreux et ne changent pas vraiment la vision tactique de la bataille. La sphère d’application principale des armes à deux mains est le combat à distance, tirant avantage de l’allonge des armes d’hast de plus d’1m50.

Beaucoup sont fans de la hallebarde, une sorte de culte s’est créé autour d’elle, et les hallebardiers ont leur propre humour à ce sujet. En général, ils en sont fiers, et qui pourrait les en blâmer ? Mais le fait est que l’image que la plupart ont des hallebardiers diffère significativement de ce que sont en réalité les combattants les plus représentatifs de cette catégorie, et les tactiques d’utilisation des armes d’hast ne peuvent être appréhendées pertinemment si on n’observe pas les faits.

Essayons de comprendre les points principaux qui devraient être pris en compte pour les armes d’hast : tout d’abord, le poids. Tous les spectateurs et la plupart des combattants (en particulier ceux qui ne se sont pas souvent servis d’une hallebarde) pensent que plus une arme d’hast est lourde, mieux c’est.

Un poids plus important impliquerait des coups plus lourds. Si on utilise une formule simple de nos cours de physique au collège : la force est égale à la masse multipliée par l’accélération. Il convient donc de trouver le bon équilibre pour que les coups puissent être donnés avec une certaine vitesse. Mais tout n’est pas si simple au cœur de la mêlée, d’autres facteurs doivent être pris en compte. La force d’impact ne dépend pas avant tout de son poids, mais bien des capacités de celui qui la manie. Les coups sont délivrés avec les armes, par des gens. Et lorsqu’un homme frappe, trois facteurs entrent en compte : sa dextérité, sa force, et sa préhension de l’arme.

Les deux premiers facteurs atteignent leur niveau optimal avec de l’entraînement. On passe alors à la préhension : qu’est-ce qu’une arme d’hast facile à manier ? Une arme d’hast ne doit pas être trop lourde. Si elle est trop lourde, l’équilibre passe dans le fer, demandant trop d’énergie et de temps pour armer les coups, qui deviennent incontrôlés. Le véritable intérêt d’utiliser une arme d’hast ne se trouve pas dans leur poids, mais dans le fait que l’on frappe efficacement en utilisant les deux mains. Plus vous contrôlez votre arme, plus efficace sera votre attaque. La force d’impact dépend davantage de l’habileté et de la force du combattant que du poids de l’arme. Vous remarquerez qu’aucun hallebardier expérimenté n’utilise d’armes très lourdes.

Equipement: moins de mythes circulent concernant ce point. Pourquoi les hallebardiers utilisent-ils souvent des casques relativement ouverts ? C’est évident : ils ont besoin d’une large vision afin d’utiliser leur arme efficacement, car ils frappent à plus grande distance et doivent être précis en estimant bien la portée. Ils n’ont pas de bouclier pour se protéger, et doivent par conséquent voir approcher les adversaires. L’armure d’un hallebardier doit aussi être très résistante.

Beaucoup pensent que les hastiers utilisent souvent des armures légères, et évitent même de porter certains éléments (par exemple des spallières ou protections de cuisses). C’est totalement faux, les hastiers ne disposant pas de l’élément défensif le plus important, à savoir le bouclier, leur armure doit être assez protectrice pour encaisser toutes les attaques.

Erreur typique: on entend souvent quelque-chose comme ça: « Bah, tu n’es pas grand, pas très lourd, pas très fort : tu vas prendre une hallebarde, pour frapper à distance. » Essayons de voir pourquoi c’est une erreur.

Taille : si un combattant est sensé frapper depuis la seconde ligne, comment peut-il voir ses cibles s’il a devant lui en première ligne des combattants plus grands avec des boucliers ? Ils se tiendront entre lui et les adversaires, l’empêchant de frapper. Mais lorsqu’un hallebardier est grand, il aura une bien meilleure visibilité sur les adversaires, et pourra même les atteindre aisément.

Entraînement physique: un tounoyeur faible est une absurdité, mais on peut dégager des exigences particulières pour ceux souhaitant utiliser des armes d’hast. Ils doivent être forts, très forts. Ils ne sont pas là pour faire du corps à corps, ils doivent se maintenir debout sous une pluie de coups (ils n’ont pas de bouclier), avoir les muscles nécessaires au maniement d’une arme à deux mains, et idéalement une arme de rechange à la ceinture. En cas de perte de leur arme principale, ils ne pourront compter que sur cette arme à une main, sans bouclier. En étant petits et légers, ils n’utiliseront pas leur arme à plein potentiel, et iront rouler dans la poussière une fois pris au corps à corps. Celui qui a la prétention de manier une arme d’hast ne peut être faible. Enlevez-lui et envoyez-le s’inscrire dans une salle de muscu. Il doit d’abord soulever de la fonte, et on verra avec le temps.

Tactiques: Quelle est la différence principale entre les tactiques des combattants utilisant un bouclier, et celles des hastiers? A part la distance de frappe, ou les formations ; un bon hastier est à 100% un frappeur. Il ne cherchera pas à faire de la lutte, il cherchera toujours à vous frapper. Un combattant muni d’un bouclier peut placer une technique de lutte après une série de coups efficace, et il tentera de vous pousser, de vous projeter… les hallebardiers ne font pas ça. Il faut prendre en considération que lorsque vous êtes mis au sol par ce type de technique, vous vous relevez à la fin du combat, et êtes prêt à enchaîner, il n’y a rien de traumatisant. Mais si vous avez été couché par un ou plusieurs coups de hallebarde, il y a peu de chances que vous soyez en forme pour le second round. Cela ne veut pas dire que vous serez blessé, mais bien sonné ; le choc aura occasionné plus de douleur, de dégât matériel, d’impact psychologique… on peut résister à beaucoup plus de coups de fauchon et de bouclier que de coups d’arme à deux mains.

Il apparait que la présence d’armes d’hast est obligatoire aussi bien en 21vs21 qu’en 16vs16 ou 5vs5. Qu’y a-t-il à ajouter, si ce n’est que la hallebarde est l’arme de la victoire ?

Auteur : Igor Omelianchuk, avril 2013
Source : battleofthenations.ua

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Livres des Tournois de Chauvenci – oeuvre et analyse complète à télécharger gratuitement https://combatmedieval.com/livres-des-tournois-de-chauvenci-oeuvre-et-analyse-complete-a-telecharger-gratuitement/ https://combatmedieval.com/livres-des-tournois-de-chauvenci-oeuvre-et-analyse-complete-a-telecharger-gratuitement/#respond Wed, 15 Aug 2012 12:56:25 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2363 Le tournoi de Chauvency (ancienne orthographe Chauvenci) est un texte en ancien français, très bien décrit et expliqué grâce aux deux livres ci-dessous qui nous permettent de comprendre un tournoi médiéval grâce à un contemporaint, le trouvère Jacques Bretel. Un premier livre : http://archive.org/details/letournoidechauv00duveuoft Le tournoi de Chauvency en 1285; étude sur la société et le moeurs …

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Le tournoi de Chauvency (ancienne orthographe Chauvenci) est un texte en ancien français, très bien décrit et expliqué grâce aux deux livres ci-dessous qui nous permettent de comprendre un tournoi médiéval grâce à un contemporaint, le trouvère Jacques Bretel.

Un premier livre : http://archive.org/details/letournoidechauv00duveuoft

Le tournoi de Chauvency en 1285; étude sur la société et le moeurs chevaleresques au 13e siècle (1905)

Author: Duvernoy, Émile, 1861-Harmand, René
Subject: Bretex, Jacques, fl. 1285
Publisher: Paris Berger-Levrault
Possible copyright status: NOT_IN_COPYRIGHT
Language: French
Call number: AAP-3818
Digitizing sponsor: University of Toronto
Book contributor: Robarts – University of Toronto
Collection: robartstoronto

 

Un second livre : http://books.google.fr/books?id=NH0BAAAAQAAJ&oe=UTF-8&redir_esc=y

ou http://books.google.fr/books?id=NH0BAAAAQAAJ&oe=UTF-8&redir_esc=y

Les tournois de Chauvenci, annotés par P. Delmotte, et publ. par H. Delmotte (1835)
Author: Jacques Bretex
Publisher:
Year: 1835
Possible copyright status: NOT_IN_COPYRIGHT
Language: French
Digitizing sponsor: Google
Book from the collections of: Oxford University
Collection: europeanlibraries

 

 

LE TOURNOI DE CHAUVENCY – Octobre 1285

Le tournoi de Chauvency
d’après le poème du trouvère Jacques Bretel 
(1er – 5 octobre 1285)_______________________Article remanié  pour l’occasion, dont une première version

est parue dans la revue Histoire Médiévale, des Éditions Harnois en 2003

_______________________

Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le village de Chauvency-le-Château, situé entre le Chiers et la Meuse, à quelques kilomètres en aval de la ville de Montmédy (en Meuse), a été, en octobre 1285, le cadre de fêtes grandioses organisées par Louis V de Looz, comte de Chiny (1268-1299). C’est grâce au récit du trouvère Jacques Bretel, qui en a rapporté les moindres détails, que l’on a une belle vision du tournoi qui s’est tenu à Chauvency pendant plusieurs jours !

Afficher Le Tournoi de Chauvency 1285 sur une carte plus grande

Chauvency dans le comté de Chiny.A la fin du XIIIe siècle, le village de Chauvency appartenait au comté de Chiny dont le seigneur, Louis V de Looz, était vassal du comte Thiébaut II de Bar (1239-1291). Chauvency se trouvait cependant juste en dehors de la juridiction royale (le Barrois mouvant). Louis V, qui appartenait à la seconde dynastie comtale dite de Looz et de Chiny, se maria en 1257 avec Jeanne, fille du comte Henri II de Bar (1190-1239) et veuve du sire Frédéric de Blâmont (1200-1255). Cette union resta stérile et ses biens furent confiés, à sa mort, à son neveu, héritier légitime.

Jacques Bretel (en habit rouge)
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le trouvère Jacques Bretel rappelle, dans son poème, que le comte Louis V envisagea très tôt de convoquer les participants à son tournoi. Ainsi, lors d’un voyage à Salm, en Alsace, trois semaines avant la date fixée, il dressa la liste des principaux barons et seigneurs qu’il souhaitait inviter à Chauvency pour tournoyer et festoyer.

Résidant ordinairement au château de Montmédy, il demanda à son jeune frère, Gérard seigneur de Chauvency, de lui permettre d’utiliser le cadre exceptionnel de son château. La réponse paraissait évidente tant les relations entre les deux frères étaient des plus fraternelles. Remontant très certainement à la fin du Xe ou au début du XIe siècle, le château, qui n’existe plus aujourd’hui, offrait, à la fin du XIIIe siècle, de puissantes murailles propices à recevoir les tournoyeurs.

Le tournoi devait être présidé par le comte de Chiny, même si celui-ci ne participa pas aux réjouissances, vu son âge avancé. Les vers 876 à 884 du poème de Bretel montrent à quel point le comte était considéré par ses futurs convives :

“Le noble comte de Chiny,
Louis de Looz, alors on peut voir.
Il doit avoir louange et gloire
Et grand honneur pour cette fête.
Les chevaliers, en leurs requêtes,
l’ont trouvé, en cette occasion,
bon seigneur et bon compagnon,
vrai mécène, courtois, magnanime ;
tous lui prodiguent éloges, estime.”

L’accueil des combattants.

La forteresse de Chauvency s’avéra, en fait, insuffisante pour accueillir les centaines d’invités prévus ; une bonne partie d’entre eux furent contraint de s’installer sous des tentes ou gagner Montmédy, distante de quelques kilomètres. Plus de 500 chevaliers répondirent à l’invitation du comte de Chiny. Ces seigneurs étaient accompagnés par des hérauts d’armes chargés d’annoncer solennellement les noms des combattants, pages, serviteurs, écuyers, palefreniers, ménestrels, musiciens, poètes à gages, cuisiniers, valets… Les festivités d’octobre 1285 attirèrent pas moins de 5 à 6 000 personnes. A cela s’ajoutèrent aussi les spectateurs venus des alentours, bourgeois, marchands d’armes, armuriers, paysans, commerçants, notaires, banquiers, médecins, acrobates et jongleurs, prostituées… On peut estimer que le tournoi de Chauvency accueillit entre 8 et 10 000 personnes, selon Dominique Henriot-Walzer.Ainsi, en dehors de la noblesse lorraine, des seigneurs et chevaliers de régions limitrophes (Allemagne, Alsace, Picardie, Hainaut, Flandre, Brabant, Limbourg, Franche-Comté, Bourgogne, Champagne, Berry, Ile-de-France, Vexin, Sancerrois, Hesbaye, Angleterre…) se déplacèrent à ChauvencyAlors que la majorité des barons présents parlaient français, une minorité, dont faisait partie Conrad Werner II de Hattstatt, était de langue germanique. Le trouvère Jacques Bretel s’en amuse d’ailleurs en soulignant que ces hommes écorchaient le français !

Les combattants qui allaient s’affronter dans la lice étaient logés séparément, en fonction du camp auquel ils appartenaient. Les chevaliers français furent donc logés à Chauvency chez le frère puîné du comte. Les chevaliers de Flandre, du Hainaut et de Ruy furent quand à deux hébergés à Montmédy.

Le comte de Chiny, étant en relation avec de puissantes familles, il invita notamment le prestigieux comte Henri VI de Luxembourg (1281-1288) accompagné de son épouse, Béatrice (décédée le 1er mars 1320), et de son frère Valéran de Ligny (voir la Tour Valéran de Ligny-en-Barrois ici). Plusieurs princes étaient apparemment absents à Chauvency. Il s’agit notamment du duc de Lorraine, Ferry III (1240-31 décembre 1302) qui ne répondit pas à l’appel du comte de Chiny ;  du comte Thiébaut II de Bar (1225-octobre 1288), alors trop âgé ; et enfin, le duc Jean 1er de Brabant (1253-1294), qui était parti en Aragon avec son beau-frère Philippe III le Hardi (1270-5 octobre 1285), décédé le 5 octobre 1285 à Perpignan.

Parmi les autres seigneurs et chevaliers présents et cités ou non par Bretel, se trouvaient :

Les Lorrains :
Henri de Deuilly (mort en 1321), châtelain de Coiffy (second fils de Gérard II comte de Vaudémont).
Pierre de Bauffremont (mort en 1302), sire de Rémonville, et beau-père d’Henri de Deuilly.
Henri 1er comte de Blâmont (1255-1331), chevalier, avoué de Vic et sénéchal de Lorraine.
Thomas de Blâmont,
Henri IV de Salm (1242-1293)
Ferry du Chastellet (mort en 1296), fils de Thierry de Lorraine dit le Diable.
Joffroy III d’Apremont (1255-11/07/1302), seigneur de Dun-sur-Meuse et de Conflans-en-Jarnisy.
Henri de Briey (1271-1285), chevalier
Ourri de Briey dit le Moine (1275-1301), chevalier, seigneur de Landres.
André d’Amance (1268-1300), chevalier et seigneur de Bioncourt
Wichart 1er d’Amance (1250-1306), chevalier.
Millet de Thil, chevalier et seigneur de Ronchamp.
Jean de Rosières-aux-Salines (avant 1281-1303), chevalier, seigneur de Lignéville et de la Malmaison, et bailli de Lorraine.
Ferry 1er de Sierck (1263-1318), chevalier.
Ferry de Chardogne, chevalier.
Arnould III de Rodemack, chevalier.
Robert dit Robinet de Watronville (1274-1294), chevalier.
Jean de Muraut, chevalier.
Aubert d’Ornes, chevalier.
Hugues “Béckart” de Maizey (1268-1288), chevalier.
Collard de Cumières, chevalier.
Raoul de Béchy, chevalier.
Arnold de Pittingen, chevalier et seigneur d’Hettange-Grande.
Roger de Mercy (1271-1294), chevalier et vassal du duc de Bar.
Pierre de Removille, chevalier.
Guyart et Joffroy de Neuville, chevaliers.
Les frères de Saint-Rémy-aux-Bois, chevaliers.
Rénier de Creüe, chevalier.
Le seigneur de Juvigny-sur-Loison, chevalier.
 Gisant de Ferry 1er de Blâmont (Nancy-Église des Cordeliers)
Les Alsaciens:
Conrad Werner II de Hattstatt, seigneur de Soultzbach et son fils Conradin (futur Conrad Werner III, mort en 1320).
Cuno ou Conon de Bergheim, chevalier.
Les Bourguignons :
Simon de Lalaing (mort en 1333), chevalier et seigneur de Quiévrain, Hordaing et Ecaussines.
Jean I de Faucogney, vicomte de Vesoul
Miles II de Ronchamp, chevalier et vassal du sire de Faucogney.
Pérart de Grilly, chevalier.
Le seigneur de Gevigney.
Les Jurassiens :
Simon de Moncley, chevalier.
Les Hennuyers, Flamands, Artésiens et Brabançons :
Baudoin IV d’Auberchicourt, chevalier et seigneur d’Estaimbourg et de Bernissart.
Le châtelain de Bergues.
Eustache III de Conflans, seigneur d’Estoyes et avoué de Thérouanne (1260-après 1285).
Jean II d’Avesnes, comte de Hainaut
Florent de Hainaut (1255-1297).
Sandroy ou Cendrars de Haussy, chevalier.
Gilbert de Haussy, écuyer et seigneur de Bazentin.
Gautier de Hondschoote, chevalier.
Philippe le Flamand, chevalier.
Boulet de Fléchin, chevalier.
Les Allemands :
Emich V comte de Linange.
Ferri de Linange, chevalier.
Robert d’Esch, chevalier (apparenté à Jean d’Esch, évêque de Verdun).
Les autres :
Waléran de Montjoie-Fauquemont, chevalier (branche de la Maison de Luxembourg, à Maastricht).
Jean 1er comte de Sancerre (1235-après1285).
Renaud de Trie, qui combattra à la bataille de Courtrai en juillet 1302.
Fastré de Ligne (mort en 1338), chevalier.
Rénier de Trive, chevalier.
Jean II de Prie (1245-1328), seigneur de Buzançais.
Péraut Bruiant, chevalier.
Jean Porrès, chevalier.

De nombreuses dames et demoiselles, pour lesquelles les chevaliers de Chauvency allaient combattre, étaient également présentes à Chauvency avec leur suite ; elles étaient les reines de la fête ! Ainsi, Haible de Florange (arrière-petite-fille de Robert de Lorraine, fils du duc de Lorraine Simon 1er), femme de Jacques de Briey sire de Boinville; Cunégonde de Sarrebruck, femme de Henri 1er de Blâmont ; Isabelle de Maizey, femme de Ferry du Chastellet ; Laure de Bauffremont, femme d’Henri de Deuilly ; Jeanne de Linange et Mahaut de Sarrebruck, sœurs de Joffroy d’Apremont, Agnès de Commercy, Jeannette de Boinville, Alice de Louppy, Jeanne d’Avillers, Alice de Neuveville, Perrine d’Esch faisaient partie des invités du comte de Chiny.

La présence de prêtres.

Bien qu’une interdiction d’assister aux tournois fut édictée 1227, les prêtres étaient présents à Chauvency pour bénir les participants. Jouteurs et tournoyeurs avaient notamment prit l’habitude d’assister à la messe avant d’entrer en lice. Le poème de Bretel souligne bien le rôle indispensable des offices religieux dans le déroulement des festivités, alors qu’à cette époque, joutes et tournois étaient formellement interdits par l’Église, qui jugeait ces “jeux” guerriers trop violents !

Le menu du tournoi.

Présidé par la comtesse de Chiny, le tournoi allait se dérouler sous le regard de la jeune et belle comtesse Béatrice de Luxembourg, qui en était alors la reine. Le trouvère Bretel, sous le charme de cette beauté, la loua à maintes reprises dans son récit : “qui tant est bone” (vers 1247) et “dont le cœur ne pense qu’à répandre la joie” (vers 4376).

A cause des fortes chaleurs de l’été, le comte de Chiny choisit d’accueillir ces invités dès le dimanche 30 septembre 1285. Les deux jours suivants, 1er et 2 octobre, furent consacrés aux joutes, exercices particulièrement épuisant opposant deux chevaliers lance à la main.

Ainsi, le lundi matin, lendemain de la Saint-Rémi, les préparatifs furent achevés ! Les premiers jouteurs qui ouvrirent la compétition furent Ferry de Chardogne et Huart de Bazentin. Le héraut du premier chevalier se mit alors à crier “Chardogne !”, ne manquant pas d’interpeller Héface, le héraut adverse qui rétorqua fortement “Tais-toi, ladre ! Dieu te maudisse ! C’est Bazentin ! Vous vous trompez !”. La joute s’engagea vivement ; Bazentin emportant la décision en désarçonnant le chevalier barrois qui fut malencontreusement piétiné par son cheval. Ferry de Chardogne s’en tira avec le bras cassé. Après le combat, le ménestrel Henriot de Laon fit l’éloge des deux vaillants combattants qui venaient de proposer un beau spectacle.

Dans la lice se présentèrent ensuite Jean 1er de Faucogney, vicomte de Vesoul, et Conon de Bergheim. Juste avant le duel, le héraut du sire de Faucogney prononça haut et fort : “Faucogney au bon chevalier, qui ne se veut rien cacher ! Voyez-le là se préparer”. Après cette annonce, l’engagement entre les deux chevaliers fut total, si bien qu’ils se désarçonnèrent mutuellement.

Ferry de Sierck affrontant Millet de Thil

Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 

fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La lice abandonnée par les deux précédents jouteurs, le héraut d’armes Sotin s’avança en annonçant son maître “Sierck ! Sierck au bon Ferry ! Haldon, Haldon déjà lui mit cinq lances en pleine tête”. Ferry de Sierck monta fièrement sur son destrier pour en découdre avec Millet de Thil dont le héraut Coquasse ne manqua pas de répondre à Sotin en ces termes « Vienne au noble juvénile, vienne à Millet de Thil ». Ainsi, après 28 courses et 16 lances brisées, les deux chevaliers se séparèrent avec un léger avantage pour le jeune Millet. Le noble Ferry de Sierck (voyez l’église paroissiale de Sierck ici) avait trouvé un combattant à sa hauteur ! Bretel rappelle dans son récit la joute qui opposa les deux seigneurs en ces termes :

 “Et quand tout près ils s’approchèrent,
L’un contre l’autre ils se chargèrent
Comme s’ils allaient tout descendre !
Fallait des lances entendre rendre
Le grand bruit et le grand fracas !
Et les tronçons et les éclats
Volent et s’élèvent vers les nues
Et les têtes en demeurent nues
Et sans obstacle on peut les voir,
Et qui les connaît peut savoir
Qui est Millet, qui est Ferri,
À moins d’avoir perdu l’esprit !”
Joute opposant Pérart de Grilli et Conon d’Ouren de Luxembourg
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La joute suivante opposa Pérart de Grilly au puissant Conon d’Ouren de Luxembourg, taillé, selon les mots de Bretel, comme un Frison. Sous les yeux de l’assistance, le Bourguignon remporta brillamment cette partie. Le Luxembourgeois repartit évidement la tête basse !

Le comte de Chiny annonça la joute suivante qui opposa Henri de Briey à son challenger, Conradin de Hattstatt. Jacques Bretel décrit alors le moment où Conrad Werner II de Hattstatt s’adressa à son fils juste avant l’engagement (vers 908 à 915) :

” Va devant, cher fils,  le voici
ce chevalier qui joute à toi
Par le corps de Monseigneur Roi
Ou par saint Pierre de Cologne
Si tu ne fais bien la besogne,
Point viendre à la maison
Je chasser à coup de bâton
Qu’avant un mois vous n’entriez !”

C’est alors aux cris de  “Va ! Que Saint-Georges te secours !” et de “Hattstatt à Conradin l’enfant”, que les deux chevaliers foncèrent l’un sur l’autre avec une telle hargne que l’issue fut prévisible. Avec la violence du choc, Henri de Briey et Conradin de Hattstatt chutèrent lourdement de cheval ; l’assemblée, stupéfaite, imagina le pire ! (Les deux jouteurs reparurent le lendemain, Henri de Briey accompagné notamment de son héraut d’arme, Magnien).

Robert dit “Robinet” de Watronville jouta ensuite contre un Limbourgeois nommé Henri au cri de “Prény à Robinet de Watronville qui m’amenuise ni me rend vil le métier d’armes mais l’honore !”. L’engagement fit perdre à chacun des deux combattants, casques et lances.

Vers 15 heures, le comte Henri 1er de Blâmont et Raoul de Béchy clôturèrent de belle manière la première journée d’affrontements. Plusieurs hérauts d’armes – Bruiant, Gautier, Garnier – clamèrent haut et fort “Béchy au noble chevalier !“. Le combat fut équilibré, les deux jouteurs repartant à égalité.

Après une journée bien remplie, les combattants et les convives rentrèrent chacun dans leur lieu de résidence et festoyèrent une partie de la soirée. Tables et tréteaux furent dressés et les mets apportés. Au lieu de se restaurer avec avidité, on préféra chanter ; ainsi Simon de Moncley entama une première mélodie suivie d’une autre proposée par Etienne d’Oiselay et Agnès de Commercy. Bretel insiste sur l’ambiance conviviale de cette première soirée.

Après une nuit réparatrice, les chevaliers se préparèrent pour une seconde journée de joutes féroces où chacun essayera de faire preuve de prouesse. En ce mardi matin, la lice de Chauvency accueilli un chevalier lorrain Rénier de Creüe dit le balafré dont le héraut proféra, avant l’engagement, “Prény ! Prény !”, cri en l’honneur de son suzerain absent, le duc Ferry III de Lorraine. Le challenger de Creüe était un modeste chevalier anglais dont Bretel ne cite même pas le nom. L’échange fut bien rude et chacun brisa ses lances, évitant maintes fois de tomber de cheval.

Hugues “Béckart” de Maizey et Jean Porrès s’opposèrent ensuite. Échauffés par l’enjeu de la joute, le héraut du chevalier lorrain cria ‘Val a Béckart, le Brise-bois ! C’est lui qui les grands coups envoie : d’armes ainsi sait-il se servir, et au logis peu discourir !’ Malgré ces encouragements, Maizey apparemment perdit son combat.

Laissant Béckart de Maizey retourner sous sa tente, Waléran de Montjoie-Fauquemont s’avança déterminé à en découdre avec Jean de Muraut. Petit-Gautier, le héraut du seigneur de Montjoie-Fauquemont assura, à Bretel, de la noble vaillance de son maître. La joute qui s’engagea fut si disputée, que les deux participants se quittèrent ex æquo.

Joute opposant Joffroy d’Apremont et Jean de Sancerre
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

La lice accueillie alors deux nobles personnages : Jean 1er comte de Sancerre et Joffroy III d’Apremont. Au son de “Seigneur Dieu, sauvez Apremont !” et “Sancerre au jeune chevalier ! Sancerre à l’enfant sage et preux !” proférés par leur héraut respectif, les deux chevaliers foncèrent l’un sur l’autre, offrant aux spectateurs une belle série de courses (une vingtaine environ).

Jacques Bretel fait même référence aux Chevaliers de la Table Ronde lorsqu’il évoque la venue, vers 15 heures, d’Henri 1er de Blâmont sur terrain de joute face au sire de Juvigny. En effet, il le compare à Lancelot :

“On peut en tout le présenter
comme on décrirait Lancelot.
Personne ne trouverait les mots
Pour le louer suffisamment.”

L’engagement des deux cavaliers fut entier, Blâmont chargeant même comme un forcené.

Après ce beau spectacle, Waléran de Ligny jouta contre Wichart d’Amance, sous les cris des hérauts respectifs : “Limbourg au fils de l’excellent Blondel, seigneur de Luxemebourg ! Limbourg au chevalier ! Limbourg ! Dame Sainte Marie, venez-lui en aide aujourd’hui, gardez-le, comblez-le d’honneur, car c’est un très bon seigneur !” et “Amance à Wichart ! Amance ! Amance deux cent fois ! Amance à ce jeune courtois, Wichart, si digne d’être aimé qu’en lui nul ne sait que blâmer !”. L’issue de la joute resta indécise longtemps.

Se présentèrent ensuite Baudoin IV d’Auberchicourt, chevalier du Douaisis et Joffroy de Neuville qui ne purent vraiment se départager malgré les nombreuses courses qu’ils offrirent à l’assemblée réunie à Chauvency.

Malgré le jour déclinant, trois rencontres furent encore prévues. Pierre de Bauffremont et Jean de Rosières joutèrent contre des chevaliers inconnus. Puis vint l’ultime échange entre deux seigneurs prestigieux, longuement annoncés par leurs hérauts respectifs, Billebaut et Malparler ; il s’agissait de Renaud de Trie et Gérard de Looz, le frère du comte de Chiny.

Cette seconde journée fut bien longue et éprouvante pour les combattants. La soirée allait encore être l’occasion de s’amuser en ripaillant, en chantant et en dansant allègrement. Le comte de Chiny s’était endetté en offrant à ses hôtes de marque des vins prestigieux venant du Rhin, de Beaune, d’Auxerre et d’Arbois. Les jeux amoureux menaient bon train. En effet, Renaud de Trie s’acoquina avec Jeannette d’Avillers ; Jean d’Oiselay eut les faveurs d’Alice de Louppy et Joffroy d’Apremont poussa la chansonnette pour charmer la belle Alice de Neuveville. Les sons mélodieux de la viole de Perrine d’Esch enchantèrent également l’assemblée encline à se divertir.

Bien que la mode en fût passée, plusieurs seigneurs, Joffroy d’Esch en tête, suivit de peu par Louis de Looz et Henri de Blâmont,  décidèrent conjointement d’organiser pour le jeudi, vers l’heure des vêpres (aux environs de 18 heures), un tournoi. Quatre rois-hérauts furent choisit : Huvelle, Fildor, Grehei et Magnien ; ils furent chargés de l’organisation de cette mêlée violente et confuse. Quand Magnien se rendit à Montmédy pour annoncer la tenue du tournoi aux seigneurs présents, Florent de Hainaut et Waléran de Montjoie-Fauquemont se félicitèrent les premiers de cette décision. Le tournoi fut d’ailleurs accueilli dans une certaine allégresse.

Danse au son de la vielle 
Enluminure extraite du manuscrit Le Tournoi de Chauvency par Jacques Bretel, 
fin XIIIe ou déb. XIVe s. Université d’Oxford, Bodleian Library, Ms Douce 308

Le mercredi matin fut donc consacré à la planification du tournoi. Après la messe, tous les seigneurs et chevaliers tinrent conseil pour établir le programme du lendemain. Le comte Henri de Luxembourg fut le premier à prendre la parole et enjoignit les combattants à se donner à fonds pendant cette journée.  Le fougueux Henri de Blâmont, appelé alors Mauvaise-Tête par Bretel, surenchérit en jurant sur la tête de son frère Thomas et de son père Ferry que le camp de Chauvency sortira vainqueur du tournoi. Des plaisanteries et des railleries émaillèrent les débats jusqu’à ce que Joffroy d’Esch fit alors remarquer qu’il était temps de désigner deux juges-diseurs, un relevant du camp de Chauvency et l’autre de celui de Montmédy. Rénier de Creüe dit le Balafré représentant alors le camp de Chauvency et Baudoin d’Auberchicourt celui de Montmédy. Ils établirent conjointement les rencontres suivantes : Limbourgeois et Riviers contre Français et Berruyers puis Champenois et Bourguignons contre Hennuyers et Hesbignons. Puis, la soirée qui s’ensuivit, fut encore l’occasion de jeux de société et de déclarations d’amour courtois.

Le jeudi matin, avant le début du tournoi tant attendu, les prêtres dispensèrent une grande messe (vers 3070 à 3074) :

“en latin les prêtres
chantèrent dignement la messe
là je vis beaucoup de bénédiction
beaucoup de dames et de chevaliers
prièrent Jésus-Christ en remerciement”

Entre neuf heures et midi, les hérauts se rendirent à Montmédy où ils rameutèrent chevaliers, gentes dames, ménestrels, écuyers, musiciens… Le cortège se rendit plein d’allégresse au château de Chauvency.

A Chauvency, tous les participants défilèrent les uns après les autres. Les comtes de Chiny et de Blâmont passèrent en tête suivis de peu par Joffroy d’Esch, Joffroy d’Apremont et Pérart de Grilli. Gérard de Looz sur son fidèle étalon Morel et Renaud de Trie sur le sien dénommé Sorel leur emboîtèrent le pas. Et ainsi de suite.

Les différentes équipes prévues à l’avance avaient prit position à côté des tribunes. Le jour déclinant fortement, l’assemblée ne fut pas pour autant troublée et réclamait le début des hostilités.

Jacques Bretel insiste sur la rudesse du tournoi qui demandait de l’endurance et où tout acte de bravoure pouvait mener à la victoire, récompensée par les discours élogieux des dames et des trouvères, avec l’acquisition d’une monture ou de pièces d’armure… Les vers 3775 à 3800 du poème de Bretel expose le combat acharné qui opposa le comte de Luxembourg et Renaud de Trie :

“Lorsque nos deux héros se virent,
vraiment bien en garde ils se mirent,
Et se donnent de prodigieux coups
sur les bras, la tête et le cou,
frappant les heaumes retentissants,
les défonçant et fracassant,
si près s’approchent, que des pommeaux (des épées)
ils se frappent en pleins  nasaux
Après les coups, des bras s’enlacent,
Prenant les heaumes, ils s’entrelacent,
Ils tirent, se traînent et se bousculent
Presque à la renverse ils basculent,
Et quand ils peuvent s’échapper,
d’épées d’acier se vont frapper
grands coups pesants, démesurés,
dessus les heaumes azurés.
Fallait voir la mêlée grouiller,
les uns les autres s’escrimer,
couper visages, rênes brisées,
fuir dans les troupes, se pourchasse,
perdre cheval, cheval ravir,
ici furie, là accalmie !
En bien mauvais pas se sont mis,
A mon avis, les mal montés,
Malgré leur bonne volonté !”

Les frères Henri et Ourri de Briey en compagnie d’autres Lorrains, Guyart de Neuville, Jean de Rosières, Aubert d’Ornes, Collard de Cumières et Rénier de Creüe bataillèrent vivement contre une troupe de Flamands aux ordres de Baudoin d’Auberchicourt et Gautier de Hondschoote. Le “clan” des seigneurs de Briey emporta la décision après un combat vif et appuyé.

Le comte de Chiny, accompagné du seigneur d’Esch, fut ensuite opposé aux hommes de Florent d’Hainaut (Bretel fit l’éloge de ce seigneur dans ses vers) et Philippe de Flandre. Le déchaînement de ces derniers faillit être fatal à Louis V de Looz, qui put compter sur la bravoure d’André d’Amance venu se porter à son secours. Le destrier du comte de Chiny, Morel, en réchappa de justesse.

Bien que la nuit fut tombée, les combattants poursuivirent le tournoi à la lueur des torches. Dans la pénombre, Bretel aperçu, parmi la multitude, Gérard de Looz, Simon de Moncley, Etienne d’Oiselay et Joffroy de Neuville. En raison d’une mauvaise luminosité et de la fatigue , les chevaliers cessèrent le combat et se rendirent, couverts de plaies superficielles, au château de Chauvency. Nombre de seigneurs s’étaient vaillamment comportés et avaient gagnés un butin constitué de chevaux, armes, heaumes…

Ce jeudi se termina comme les jours précédents par un généreux banquet. Ménestrels, jongleurs animèrent la soirée. Les convives dégustèrent encore du vin du Rhin, d’Arbois et d’Auxerre en accompagnement des nombreux mets proposés. Dans l’assistance, certains demandèrent ensuite qui savait jouer au Béguinage, à l’Ermite, au Pèlerinage, à la Couronne de Fleur, jeux alors forts réputés à l’époque. La duchesse de Luxembourg s’avançant pour danser la Couronne de Fleur choisit André d’Amance pour l’accompagner, au son de la vielle. Jacques Bretel clôtura la soirée en improvisant un poème à la gloire de l’Amour, suivit peu après d’une danse de Simon de Lalaing.

Le vendredi 5 octobre, après la célébration d’une grande messe, chacuns des participants et des accompagnants regagnèrent leur pays d’origine avec une certaine allégresse et sentiment d’avoir passé quelques jours délicieux à Chauvency.

______________________

On peut remercier le trouvère Jacques Bretel car son poème a le mérite de mettre en lumière un tournoi à la fin du XIIIe siècle. Le tournoi de Chauvency y est décrit de manière remarquable et fidèle ; on y retrouve les mœurs courtoises et chevaleresques. Même si à diverses reprises Bretel paraît arranger la vérité afin qu’elle paraisse plus extraordinaire, il a su rompre la monotonie du récit en faisant alterner les scènes violentes et les descriptions de festins et de danses.

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Jeux courtois au Tournoi de Chauvency
Les jeux amoureux allaient bon train à Chauvency. En effet, la société courtoise de l’amour épuré rendait un véritable culte à la femme et au chevalier devait faire preuve de prouesse pour conquérir son cœur. Voilà la réplique d’un chevalier amoureux tentant de charmer sa promise :”Mais, pour Dieu ! douce et noble dame,
ne croyez pas que ma prière,
aille jusqu’à réclamer votre amour,
ni que je vous prie autrement,
que de me donner tout entier
et m’autoriser à vous faire plaisir.
Et par amour ne soyez pas chagrinée
si je déplore ma maladie
auprès de vous qui êtes ma santé !”
(vers 3006 à 3017)Vous ne pouvez pas non plus me défendre
de vous aimer avec de bons sentiments.
Aussi j’apprécie beaucoup cet avantage
que par vous se forme et apparaît
en moi tout l’honneur que j’obtiens.
Et si mon corps montre de la vaillance
si pour votre amour il fait des efforts
je vous prie en secret du fond du cœur
que ce soit avec votre agrément ! »
(vers 3030 à 3041)Etonnée de cette confidence qui vient un peu tard, la dame répond alors en ces termes”Donc, que tout ce que j’ai ne fasse rien !
prenez courage et soyez preux ;
Heureuse je serai  et fière de vos prouesse
Mais je vous demande une grâce :
vous m’aviez cacher votre amour jusqu’ici
efforcez-vous de vous amender
je vous en prie et vous le commande :
je veux dans nos relations
en matière de prière et de commandement
avoir sur vous et vous sur moi
comme il convient à un loyal ami,
qui veut avoir une loyale amie,
et bien aimer sans bassesse,
et sans mauvais commerce.”
(vers 3045 à 3071)

Elle invite tout de même son prétendant à se surpasser pour elle :

“En grande peine et en grande difficulté
se mettent souvent les meilleurs
qui aiment les armes et l’honneur
vous devez donc beaucoup les honorer
et de cœur bien donner (inspirer le courage)
par amour et par courtoisie
par prières et par recommandations
on peut améliorer fortement son ami”
(vers 4048 à 4054)

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Bibliographie sélective :

R. BARBER et J. BARKER, Les tournois, 1989.
M. DELBOUILLE, Jacques Bretel, Le Tournoi de Chauvency, Liège-Paris, 1932.
H. GOFFINET, Les comtes de Chiny, 1880.

R. HARMAND, Le tournoi de Chauvency en 1285, Paris-Nancy 1905.
D. HENRIOT-WALZER, Jacques Bretel, Le Tournoi de Chauvency 1285, Edition de la Joyeuserie, 1997.
 NB : La documentation ci-dessus et son mérite revient à l’auteur du site http://patrimoine-de-lorraine.blogspot.fr et nous partageons le travail avec respect.

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Armure pour les hanches : la jupe d’écailles https://combatmedieval.com/armure-pour-les-hanches-la-jupe-decailles/ https://combatmedieval.com/armure-pour-les-hanches-la-jupe-decailles/#comments Sat, 21 Apr 2012 13:49:22 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2450 Comment protéger les hanches à l’aide d’une armure protectrice et flexible? Voici quelques sources du XIVème et XVème siècle pour compléter vos armures. (coût approximatif 40-80€)   Les écailles : – les écailles sont rectangulaires, en forme de tuiles arrondies ou losangées sur la partie inférieure. Idéalement, prendre des arrondies ou losangées pour la flexibilité. – …

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Comment protéger les hanches à l’aide d’une armure protectrice et flexible? Voici quelques sources du XIVème et XVème siècle pour compléter vos armures. (coût approximatif 40-80€)

 

Les écailles :

– les écailles sont rectangulaires, en forme de tuiles arrondies ou losangées sur la partie inférieure. Idéalement, prendre des arrondies ou losangées pour la flexibilité.

– Environ 5-6 cm de haut pour les écailles

– Prendre environ 100 écailles (4 à 5 rangs de haut)

 

Montage de l’armure :

– Les écailles peuvent être montées sur la face intérieure ou extérieur de la jupe d’écaille.

– Le montage se fait sur

– Montez les écailles du haut en premier. Les écailles du bas remonteront par dessus celles du haut lorsque vous vous baisserez.

– Les écailles peuvent se superposer ou non dans le sens de la largeur. Mais dans le sens de la hauteur, c’est obligé!

– Il est conseillé de riveter les écailles sur une jupe en cuir mais cela est également possible sur de la laine épaisse voire du lin.

 

Poids de l’armure :

– Prendre du 2mm en acier classique ou du 0,7-0,8 mm en acier trempé.

– 2 kg ~

 

Sources historiques :

Merci notamment à Gamot pour son travail de recherche

 

Exemples de reconstitutions historiques :

Certains de ces travaux appartiennent à Benoît Gilles et d’autres à Kévin / Rudolf

 

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Un modèle de fauchon à deux mains XIVème qui fait peur. https://combatmedieval.com/un-modele-de-fauchon-a-deux-mains-xiveme-qui-fait-peur/ https://combatmedieval.com/un-modele-de-fauchon-a-deux-mains-xiveme-qui-fait-peur/#respond Fri, 20 Apr 2012 13:45:18 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2445 Voici une source de fauchon à deux mains remarquablement “effrayant”, porté par des nobles dans la bataille. Quelques photos et vidéos de sa reconstitution accompagnent cet article. Reconstitution : Source historique : Manuscrit La Romance d’Alexandre

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Voici une source de fauchon à deux mains remarquablement “effrayant”, porté par des nobles dans la bataille. Quelques photos et vidéos de sa reconstitution accompagnent cet article.
Reconstitution :

Source historique : Manuscrit La Romance d’Alexandre

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Un gantelet d’armure “fermé” en combat, est-ce historique? https://combatmedieval.com/un-gantelet-darmure-ferme-en-combat-est-ce-historique/ https://combatmedieval.com/un-gantelet-darmure-ferme-en-combat-est-ce-historique/#respond Fri, 13 Apr 2012 13:42:35 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2441 D’après les archives du Metropolitan Museum, la réponse est oui! Voici une présentation du gantelet de tournois en vidéo. On peut estimer ce gantelet de la période Henri VIII (XVIème siècle) malgré la forme du sablier aussi appelé hourglass du gantelet. Ce type de protection reste idéal pour une pratique sécurisée du combat médiéval. Nous …

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D’après les archives du Metropolitan Museum, la réponse est oui! Voici une présentation du gantelet de tournois en vidéo. On peut estimer ce gantelet de la période Henri VIII (XVIème siècle) malgré la forme du sablier aussi appelé hourglass du gantelet. Ce type de protection reste idéal pour une pratique sécurisée du combat médiéval. Nous recommandons d’utiliser ce type de protections sécuritaires avec une équipement du XVIème siècle.

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Le Livre des Tournois du Roi René d’Anjou à télécharger https://combatmedieval.com/le-livre-des-tournois-du-roi-rene-danjou-a-telecharger/ https://combatmedieval.com/le-livre-des-tournois-du-roi-rene-danjou-a-telecharger/#respond Thu, 05 Apr 2012 13:40:00 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2438 Le Livre des Tournois du roi René d’Anjou Prince valeureux au combat et homme de lettres, René d’Anjou (1409-1480) était expert en l’art des tournois de chevalerie. En imaginant un tournoi opposant le duc de Bretagne au duc de Bourbon, il élabore un cérémonial minutieusement codifié depuis la proclamation du tournoi et ses préparatifs jusqu’à la …

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Le Livre des Tournois du roi René d’Anjou

Prince valeureux au combat et homme de lettres, René d’Anjou (1409-1480) était expert en l’art des tournois de chevalerie. En imaginant un tournoi opposant le duc de Bretagne au duc de Bourbon, il élabore un cérémonial minutieusement codifié depuis la proclamation du tournoi et ses préparatifs jusqu’à la remise de prix au vainqueur. Le manuscrit français 2695 de la Bibliothèque nationale de France en est le témoin le plus précieux. Exécuté sur papier, probablement après 1462, il s’enrichit d’une superbe série de dessins à l’encre rehaussés de couleur que la critique attribue unanimement à Barthélemy d’Eyck, le peintre dans lequel le bon roi René trouva l’interprète le plus subtil et le plus séduisant de sa propre sensibilité artistique. Ce manuscrit était présenté par l’Inp et la Bibliothèque nationale de France à l’occasion des “Trésors du patrimoine écrit”. Vous pouvez visionner le manuscrit ici : http://www.sendspace.com/file/uv8pwu

Auteur : René I (Roi de Naples et Jérusalem)

Source : connaissancedesarts.com

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La Bataille de Crécy 1346 et l’utilisation des arcs https://combatmedieval.com/la-bataille-de-crecy-1346-et-lutilisation-des-arcs/ https://combatmedieval.com/la-bataille-de-crecy-1346-et-lutilisation-des-arcs/#respond Wed, 28 Mar 2012 12:36:31 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2347 Les forces présentes lors de la Bataille de Crécy: FRANCE : Philippe VI Jean Ier de Bohême Charles II d’Alençon   L’armée française, de 24 000 à 50 000 hommes, est organisée sur 3 lignes. Au-devant on trouve les arbalétriers génois, ainsi que 2 lignes de chevaliers. Le reste est composé de troupes à pied …

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Les forces présentes lors de la Bataille de Crécy:


  • FRANCE :

Philippe VI
Jean Ier de Bohême
Charles II d’Alençon

 

L’armée française, de 24 000 à 50 000 hommes, est organisée sur 3 lignes. Au-devant on trouve les arbalétriers génois, ainsi que 2 lignes de chevaliers. Le reste est composé de troupes à pied qui occupent l’arrière et les côtés. L’armée française n’a aucune tactique pour la bataille et arrive en fin de journée de manière confuse devant la position anglaise.

 

  • ANGLETERRE :

Édouard III (Angleterre) et le Prince Noir

L’armée anglaise est formée en 3 « batailles », 2 forment la première ligne (le Prince Noir et les comtes de Northampton et d’Arundel). Édouard III commande la troisième « bataille » qui formera la seconde ligne. L’ensemble comprend de 8 000 à 12 000 hommes, dont environ 3/4 d’archers. La première ligne est parfaitement positionnée derrière des rangées de pieux où viendront s’empaler les chevaliers français. Les chevaliers anglais sont prêts à contre attaquer si besoin.

 

Les historiens anglais de la Belle Époque estimaient l’effectif anglais à 30 000 hommes, surplombant environ par leur position une armée turbulente d’environ 100 000 hommes menée par Philippe de Valois. Aujourd’hui une majorité d’historiens s’accordent sur les estimations d’effectifs de combattants suivant: 50 000 hommes pour les troupes menées par Philippe de Valois, 20 000 hommes pour l’armée anglaise.

 

 

 

Le samedi 26 août 1346, aux environ d’un petit village de Picardie perdu au fond de la baie de Somme, se déroulait ce qui allait devenir une des plus célèbres défaites de l’Histoire de France et marquer l’histoire militaire universelle. Crécy entrait dans la légende et, avec la bataille, l’arme qui symbolisait notre ennemi anglais (et dont il ne fait désormais aucun doute qu’elle fut responsable du désastre).

 

A la nuit tombante, après 3 heures de combat seulement, c’est une déroute totale : plus de 30 000 cadavres français jonchent le champ de bataille. La fine fleur de la chevalerie française a été fauchée ; onze princes dont le propre frère du Roi de France, plus de cent dignitaires et 1200 chevaliers. L’Europe stupéfaite apprend la défaite de la plus puissante armée de l’époque face à une poignée de fantassins.

 

C’est la première grande bataille terrestre de cette guerre que les historiens baptiseront plus tard “de cent ans”. “Rien ne la distingue plus de celles qui l’ont précédée”, dit la chronique, “pas plus que de celles qui l’ont suivie. La guerre fond en général sur la campagne quand le blé est déjà haut et les filles jolies”. De fait le 12 juillet 1346, le roi d’Angleterre Edouard III, qui conteste au roi de France Philippe IV de Valois sa couronne, débarque en Normandie avec une solide petite armée de 10 000 hommes et se met en devoir de tout ravager sur son passage au cours d’un raid éclair. Arrivé ux portes de Paris après une véritable promenade de santé, il se ravise et rebrousse chemin devant Philippe qui a repris contenance et s’est lancé à ses trousses après avoir rameuté le ban et l’arrière-ban et rassemblé une puissante armée. La poursuite s’engage mais l’anglais, qui retraite en bon ordre vers le nord, reste insaisissable.

 

Finalement au bout de six semaines et après avoir échappé à l’encerclement, l’armée d’Edouard choisit son terrain et se range en bataille sur les hauteurs de Crécy. A dix contre un, les Français, confiants dans leur nombre et croyant à l’hallali, vont par plus de dix fois se lancer à l’assaut des positions anglaises. De plus en plus désorganisée et dans la plus grande confusion, l’armée de Philippe va venir se briser vague après vague jusqu’à la nuit sur le mur des archers anglais sans même pouvoir l’approcher. Ni les arbalétriers génois, ni la cavalerie lourde des chevaliers, ni l’infanterie innombrable ne pourra passer. Ce sera une hécatombe, une boucherie furieuse aggravée par les coutiliers gallois qui vont achever les hommes à terre car le roi d’Angleterre a renoncé aux rançons et donné l’ordre de tout tuer.

 

Comme pour toutes les grandes défaites militaires, nombreux furent les récits plus ou moins romancés qui en furent tirés ; et aussi nombreuses les raisons invoquées pour expliquer la déroute des Armées françaises. Un court orage ayant précédé le combat, on parla de nos troupes aveuglées par ce dernier, des chevaux ralentis par le sol boueux et… des cordes des arbalètes détrempées se retrouvant inutilisables ! En fait, si l’on veut comprendre Crécy, il faut dépasser le simple niveau anecdotique et analyser la bataille comme l’affrontement de deux mondes, de deux systèmes militaires confondus dans leurs combattants respectifs : le chevalier français et l’archer anglais. Le premier, victime de son incurable discipline et de la pesanteur de son équipement, a été cueilli par un adversaire discipliné et efficace, rompu à la stratégie et doté d’une arme redoutable. Tout sépare à vrai dire les deux camps et Crécy, outre le triomphe du grand arc anglais, devrait aussi en toute logique marquer la fin des armées féodales.

 

Une tactique militaire nouvelle

A l’image du reste d’une armée anglaise homogène, disciplinée et entraînée : le corps des archers. Il en constitue à la fois le noyau et la force de frappe, et représente certainement les deux tiers de l’effectif. A une époque où le courage et l’action individuelle priment sur le champ de bataille et où l’esprit chevaleresque prévaut, ces soldats anglais ne cherchent pas à s’illustrer par de quelconques faits d’armes, mais seulement à remporter la victoire en perdant le moins de monde possible.

 

Fait capital pour l’issue de la bataille, ils sont dangereusement sous-estimés par les chevaliers français qui n’ont que souverain mépris pour les troupes à pied auxquelles ils sont habitués : alliés tièdes, mercenaires qui renaudent et se débandent à la première occasion, ribauds qui égorgent plus qu’ils ne combattent. Toute cette piétaille encombrante est de peu de valeur sur le terrain.

 

Pour compenser une supériorité numérique écrasante en faveur des Français (la France à cette époque est cinq fois plus peuplée que l’Angleterre), l’Anglais a développé une tactique redoutable basée sur le tir de saturation de ses archers.

 

Dans son ouvrage sur Crécy, l’historien Henri de Wailly commente ainsi cette nouveauté : “L’arc n’est pas en soi une arme neuve, mais l’utilisation concentrée qu’en font maintenant les Anglais procure une puissance d’arrêt dont personne, jusqu’ici, n’avait idée. Si chaque projectile, relativement léger et peu puissant, pénètre rapidement les cuirasses, il travers les cottes de mailles et les plaques de cuir bouilli. Tirées en gerbes denses et continues et s’abattant en nappes, ces milliers de flèches aveuglent l’adversaire, le clouent sur place, ses chevaux sous lui, vaincu avant même d’avoir pu s’approcher. Sur le continent, cette archerie sera une surprise complète”.

 

On peut analyser cette pratique sous un aspect plus scientifique (même si la cinétique et même la balistique devaient être des disciplines plutôt étrangères aux capitaines anglais et à leurs troupes). Tout projectile est ralenti dans son mouvement par l’action conjuguée de la gravité et de la résistance de l’air. Une flèche soumise à ces contraintes perdra rapidement de la vitesse et donc de la puissance pour un effet terminal d’autant plus faible que la cible est éloignée.

 

D’où l’idée – résultant certainement plus de l’observation que du calcul théorique, ce qui n’enlève rien au coup de génie – de remplacer le tir direct à l’horizontale sur l’adversaire par une « pluie » indirecte et tirée à 45°. Tout objet lancé en l’air devant retomber, la même flèche reprend alors après une première phase d’ascension et de ralentissement une vitesse et une énergie exponentielle, pour arriver au sol avec une force d’impact maximum à 90°.

 

On remarquera au passage que le tir ne devait certainement pas être estimé individuellement ni laissé « à volonté » mais que les volées devaient au contraire certainement être envoyées au commandement et réglées par des préposés qualifiés, ce qui induit par ailleurs une idée de cohésion et de discipline bien éloignée de la cohue guerrière médiévale. De la justesse de leur appréciation dépendait l’effet vulnérant de la nuée qui tombait « dedans » ou « à côté ». Si l’adversaire était encore loin, il est vrai qu’il suffisait d’arroser une zone dangereuse au devant de lui, qu’il devait alors obligatoirement traverser. S’il avait pu s’avancer davantage, il aurait de plus fallu raccourcir le tir et la parabole de la trajectoire, au détriment de la puissance. Aussi cette méthode est-elle implicitement liée à une distance optimale la plus éloignée possible.

A l’aspect purement balistique s’ajoute l’effet tactique et psychologique : à angle droit, l’ennemi sera à priori moins bien protégé et davantage pris au dépourvu. Crécy comme plus tard à Poitiers ou à Azincourt, les français en feront la triste et douloureuse expérience.

 

Les troupes :

Tout au long de la guerre de cent ans, le statut – et même les appointements – de l’archer anglais restent constants. Contrairement à la masse des piétons levés à la hâte et même des chevaliers indisciplinés de l’Ost, c’est un combattant professionnel (comme d’ailleurs le reste de l’armée anglaise qui a rompu définitivement avec le recrutement médiéval (l’armée française de l’époque n’est pas une armée permanente. Basée sur le système féodal, elle est composée d’une levée en masse de serfs assujettis à leurs seigneurs et de communiers, milices des villes qui doivent le service armé à leur suzerain en temps de guerre. S’y ajoutent la chevalerie noble qui doit « la quarantaine le roi » – quarante jours de service -, et des mercenaires étrangers.)

 

A l’inverse du milicien français, paysan ou citadin réquisitionné, peu fiable et sans motivation, c’est un combattant de premier ordre, soldat payé et sûr de lui.

Il est recruté par contrat et soldé grâce aux impôts levés par le roi. En guerre « hors l’Angleterre », il perçoit trois pence par jour, six s’il est monté à cheval. Dans le contexte de l’époque, c’est une somme rondelette : entre une fois et demi et trois fois le salaire moyen d’un ouvrier qualifié dans le civil. Très moderne pour l’époque, le contrat qui le lie spécifie souvent qu’après trois ou six mois d’arriérés de solde, l’arrangement est nul et l’homme libre de tout engagement. Des bonus et gratifications peuvent également être contractuels dans le cas où le sort des armes serait particulièrement favorable.

 

Le corps des archers constitue finalement une troupe d’élite ; et ce n’est pas sans raison que les gardes personnelles de bien des princes anglais, mais aussi français ou bourguignons, sont principalement constituées d’archers. Lorsque la guerre commencera à s’éterniser et des bandes à courir les routes, on verra même des archers anglais rengagés à prix d’or de l’autre côté tant leur valeur militaire est incontestée (cette renommée n’est pas sans inconvénient : tout archer fait prisonnier et reconnu comme tel se voit couper le pouce, l’index et le majeur).

 

L’archer anglais est athlétique et plutôt grand pour l’époque ; le secret de son art réside dans un entraînement constant, rigoureux et continu. Depuis l’adolescence, il s’est exercé avec des arcs de plus en plus puissants jusqu’au grand arc de guerre qui est devenu plus qu’un outil qu’il utilise de main de maître, un véritable prolongement de lui-même. Il faut dire que dans toutes les paroisses anglaises, le tir à l’arc est un « loisir obligatoire » et que l’entraînement et les concours y sont largement encouragés par les autorités. Les rois d’Angleterre successifs ont ordonné que tous les hommes valides entre 16 et 60 ans devraient posséder chacun un grand arc et pratiquer régulièrement. Le jeu est officiellement réprouvé, au bénéfice des exercices physiques… tels que le tir à l’arc.

 

Au final, l’armée dispose d’un réservoir permanent de 15 000 archers. A ceux recrutés en temps de guerre, il faut encore ajouter ceux soldés à plein temps par la noblesse anglaise. Un tel combattant est alors un homme recherché et il est toujours équipé à grands frais de matériel de premier choix, souvent complété par une maison et d’autres avantages en nature. Même ses frais lui sont remboursés en chaque occasion où il participe à un concours de tir.

 

Le grand arc : une arme redoutable

 

Le grand arc (en anglais : long Bow) est appelé simplement « arc » à l’époque, ou même « arc anglais » en raison de la renommée de ses utilisateurs sur le continent. Il est en bois massif, généralement d’une section en D et effilé à chaque bout, et mesure entre 1m70 et 1m90. ses extrémités portent des encoches en corne incrustées ou rapportées (les « poupées », nocks en anglais) permettant d’accrocher les boucles de la corde qui est en chanvre. L’if est le bois le plus employé bien que l’orme, le noisetier, le frêne et d’autres essences soient également utilisées. Les bois d’arc étaient souvent importés d’Italie grâce au commerce avec la Sérénissime République de Venise.

 

Le corps de l’arc était taillé dans une branche avec le cœur de couleur brun-rouge pour le « ventre » ou partie intérieure de l’arme et l’aubier, de couleur jaune clair, pour le « dos » ou côté extérieur, assurant ainsi le meilleur rapport compression / élasticité.

 

La portée de l’arc dépend de sa puissance mais aussi des capacités du tireur. Des archers contemporains ont déjà réussi à tirer avec des arcs développant des puissances de 120 à 160 livres, et il ne fait aucun doute que les meilleurs archers entraînés au Moyen-âge aient été capables de performances identiques ou supérieures. De nos jours, des champions atteignent régulièrement la distance de 330 mètres avec un long Bow en if de 118 livres.

 

Des chroniqueurs rapportent que les flèches volaient en moyenne à 220 mètres et qu’en sélectionnant les archers tirant des flèches spéciales plus légères pour le tir à longue distance, on arrivait à une portée de 365 à 438 mètres. Et nombreux étaient ceux qui y parvenaient.

 

La fabrication d’arcs était à l’époque une industrie florissante et bien établie. Les bois provenaient de plantations soigneusement entretenues d’arbres « têtards » régulièrement élagués. Des édits royaux contrôlaient et encourageaient le commerce de l’archerie. Sous le règne d’Edouard IV, l’édit royal de 1472 est significatif : chaque bateau retournant vers l’Angleterre à partir « d’une ville, région ou pays où des bois d’arcs avaient pu être achetés dans le passé » devaient en rapporter quatre bois d’arcs par tonne de marchandise transportée. Le nombre en était scrupuleusement comptabilisé, les différentes importations répertoriées par qualités, et les bois – qui n’étaient que des ébauches non encore finies – devaient avoir « trois doigts de large et d’épaisseur, sept pieds de long, être bien faits, polis et sans nœuds ni imperfections ». Un facteur d’arcs expérimenté mettait ensuite une heure trois quart environ à tourner chaque ébauche pour en sortir un arc coûtant au maximum trois shillings et quatre pence (par édit royal de 1475). Encore n’était-ce là que des arcs militaires – réglementaires pour l’armée. L’arme personnelle d’un archer de métier pouvait bien coûter le double.

 

En temps de guerre une véritable armada de facteurs d’arcs et de flèches ainsi que d’autres artisans liés à leurs fabrications devaient être capables de tourner des arcs et leurs projectiles par tonnes. Il faut bien se rendre compte qu’une telle organisation à cette échelle ne pouvait en aucun cas être simple ou primitive.

 

Une pluie de flèches.

De toute façon pendant la bataille le nombre et la vitesse de projectiles importaient beaucoup plus que la portée maximale. Des témoins oculaires de l’époque qui avaient vu les archers anglais en action les utilisaient comme point de comparaison dans des métaphores telles que « plus dru que flèches dans bataille contre anglais » et d’ajouter « je suis d’avis que la plus importante chose du monde dans une bataille est l’archer, mais il doit se compter par milliers, car en petit nombre il ne fera pas la décision ». Dix coups à la minute représentait une cadence de tir soutenue mais une performance normale pour un archer entraîné. Des reconstitueurs actuels arrivent à quinze flèches par minute avec des arcs plus faciles à armer (le terme « bander » souvent utilisé à mauvais escient désigne le fait de tendre la corde sur l’arc. Pour tirer une flèche (avec l’arc bandé) on « arme » celui-ci, c’est-à-dire qu’on tire la corde vers l’arrière avec la flèche dans son encoche pour mettre l’arc en extension) de 70 livres, toutes s’inscrivant à l’arrivée dans un carré de 3,7 mètres de côté à 300 pas. C’est ce tir de « barrage » (comparable à l’utilisation moderne de l’artillerie) qui rendait les formations d’archers anglais terriblement – et mortellement – redoutables. Mille archers pouvaient ainsi déverser une grêle de dix à douze mille traits sur leur adversaire en moins d’une minute ; et une armée en campagne comptait normalement plusieurs milliers d’archers. De telles formations sont virtuellement inexpugnables, et c’est pour cette raison que les archers sont équipés légèrement et pratiquement sans pièces d’armures : une simple brigandine ou vêtement matelassé, éventuellement complétée d’une cotte de maille et d’un casque simple ou chapel de fer.

 

L’effet psychologique de cette nuée est remarquablement interprété par Henri de Wailly dans son ouvrage « Crécy 1346, autopsie d’une bataille » paru en 1985 aux Editions Lavauzelle : « Comme lors des précédentes rencontres, des milliers de combattants plient au premier contact avec l’arme nouvelle. Ni prévenus, ni équipés pour supporter les volées denses de flèches tirées au commandement, mortellement offerts à cette pluie de minces projectiles, ils se découvrent nus.

 

Sous la volée d’un nuage de saiettes (terme médiéval désignant la flèche de guerre. Par un remarquable effet mimétique, il reproduit le bruit du projectile tombant en accélération verticale) qu’on voit venir avec effroi il y a d’abord, montrent les miniatures contemporaines, un grand nombre de blessés, épaules ou cuisses traversées, qui s’effondrent en criant : ils crient autant de douleur que d’épouvante de se sentir soudain voués à une mort prochaine, allongés sous ce ciel qui tue jusqu’à l’approche des coutiliers. Les autres, ceux qui demeurent debout, stoïques sous les premières rafales, sont ébranlés par le spectacle des pertes rapides, ce nombre élevé de blessés alors que l’ennemi est encore si loin. Ils voient, là-bas, un nouveau nuage s’élever : d’autres flèches. Elles jaillissent dans le ciel, montent lentement, semblent s’arrêter et, dans un bruit de vent, fondent d’un coup sur eux. Chacun sait qu’il va être transpercé, cela paraît inévitable. Entre l’empalement vertical sans profit pour personne et la débandade, qui hésiterait ? ».

 

Un projectile meurtrier:

La flèche de guerre moyenâgeuse est d’une efficacité brutale malgré son aspect fruste et grossier. Longue d’environ 90 centimètres, elle pouvait être faite d’une douzaine de bois différents mais le tremble était le plus couramment utilisé, le frêne venant en second. La forme et les caractéristiques de chaque type de flèche pouvait varier ainsi que ses performances : droite, effilée, bombée au milieu ou vers l’arrière au niveau de l’encoche. Cette dernière était la plus efficace d’un point de vue aérodynamique et préférée des tireurs les plus robustes. L’empennage, habituellement en plumes d’oie, mesurait 15 à 20 centimètres. Il était collé et souvent renforcé par une spirale de fil poissé. Les besoins étaient tels qu’en 1470 il fut institué que les six rémiges (grandes plumes des ailes) de chaque oiseau devaient être collectées à travers tout le pays et dans toutes les villes et villages d’Angleterre pour être stockées à Londres. Les pointes étaient de forme variable mais celle appelée « bodkin » (poinçon en anglais), étroite et de section carrée, s’avérait parfaite pour traverser les cottes de maille et les armures légères.

 

La plupart des flèches étaient arrêtées par les armures de plates des chevaliers et des hommes d’armes, même à courte distance. Comme pour toute arme de jet, le pouvoir vulnérant dépend énormément de l’angle d’impact du projectile sur la cible ; mais même une flèche retombant à 90° n’avait pas assez d’énergie pour traverser une protection en acier et blesser sérieusement. Par contre, les blessures infligées aux parties du corps ou à des adversaires moins bien protégés pouvaient être profondes de plusieurs paumes et causer des lésions internes dont l’issue restait la plupart du temps fatale. il faut garder présent à l’esprit qu’un flèche de guerre anglaise traverse sans effort en tir direct une planche de deux centimètres et demi de bois sec. De plus en combat l’archer piquait souvent ses flèches en terre à ses côtés pour les avoir prêtes à portée de la main : il ajoutait ainsi sans le vouloir des particules de terre aux souillures dues aux lambeaux de vêtements et autres corps étrangers qui pénétraient volontairement dans la blessure et causaient la plupart du temps des infections mortelles longtemps après la bataille ; d’où la légende infondée que les flèches anglaises étaient empoisonnées.

 

Il est fait référence de plusieurs types de flèches : celles pour le « vol » ou tir à grande distance, et d’autres plus lourdes et de pointes différentes. L’archer avait en général ses propres flèches favorites, de meilleure facture et de finition plus soignée, mais aussi plus chères que les « réglementaires ». il était sensé arriver sous les drapeaux avec une réserve personnelle de 24 à 30 flèches, et sa dotation sur le champ de bataille était de deux « bottes », ce qui lui donnait une capacité de tir de quatre à cinq minutes. Il est clair que d’immenses réserves devaient être nécessaires ; et les documents d’époque en font clairement mention. En 1359 par exemple, 20 000 arcs, 850 000 flèches et 50 000 cordes d’arcs furent rassemblées à la tour de Londres et des listes d’intendance datant de 1475 font état de 10 060 « bottes » – plus d’un quart de million de projectiles.

 

Pendant le combat, « la consommation est énorme puisque c’est de la densité du tir que dépend la puissance d’écrasement » (Henri de Wailly). Selon le même auteur, « on peut estimer grossièrement qu’à un combat comme celui de Crécy, qui dura trois heures environ et au cours duquel 3200 à 5000 archers furent engagés peut-être un sixième du temps, de 150 à 230 mètres cubes de flèches furent employés, c’est-à-dire le contenu de 35 à 55 chariots de 4 mètres cubes. Bien entendu, tous ces chiffres sont approximatifs, et donc contestables. Ils situent simplement l’importance de la logistique dans l’utilisation des archers telle que le font les anglais. Si le combat se prolonge au-delà des quelques minutes qu’assure sa dotation personnelle, l’archer est alimenté en munitions par un incessant va-et-vient de valets d’armes qui courent à l’arrière au ravitaillement.

Les flèches sont rarement dans un carquois rigide comme dans l’imagerie populaire véhiculée par l’histoire (romancée) de Robin des Bois. Elles sont la plupart du temps portées en vrac à la ceinture les pointes en bas, ces dernières généralement protégées dans une bourse en cuir serrée par deux lacets, plus rarement dans une vaste poche en tissu qui est plus un sac qu’un carquois. Une fois de plus, c’est l’utilisation militaire qui dicte cet usage : un carquois rigide porté dans le dos est certes pratique pour la chasse ou le voyage, mais s’avère inefficace pour le tir rapide exigé par les conditions de combat.

 

 

Source: History Department at the United States Military Academy (Public Domain / Domaine public).

 

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Un fauchon est un sabre droit, développé en Europe durant le Moyen Âge et utilisé entre le xie et xvie siècle.

Les armes qui font partie de cette catégorie sont des armes à lames courtes (40-60 cm), parfois plus, qui peuvent être pointues en leur extrémité, droites ou légèrement recourbées, généralement avec un seul tranchant mais certains exemples existent avec un contre tranchant permettant de donner des coups de revers. Les fauchons traditionnels sont des armes normalement à une main ou à une main et demie, ce qui les différencie des grands fauchons ou fauchons de guerre, supérieurs à 60 cm se maniant à deux mains. Suivant le lieu et l’époque, on peut également le trouver sous les dénominations de « braquemard » ou « coutelas ».

Les fauchons sont directement descendants, non pas des cimeterres, selon certains historiens, mais des couteaux de chasse, des lames utilitaires comme les seax antérieurs. Certaines pièces montreraient une absence de garde et de pommeau comme les machettes actuelles. Au xve siècle c’est une pièce habituelle de l’équipement des hommes de l’infanterie. Les traités d’escrime mentionnent largement son utilisation, précisant la manière d’utiliser le dos de la lame, non tranchant, pour recevoir et guider la lame adverse, ménageant ainsi le fil de l’arme et facilitant la contre attaque.

Pendant le haut Moyen Âge, ce type correspondait au fauchon. Il avait généralement une lame droite, parfois légèrement courbe, de section triangulaire, et une poignée simple. La soie des spécimens que l’on a retrouvés était généralement de section aplatie et présentait des trous destinés à recevoir les rivets fixant le manche qui était la plupart du temps en bois. La poignée se terminait par un pommeau en forme de toit ou de bec, parfois en fer ou sinon formé de lamelles forgées. Ce type d’arme portée au côté ne comprenait pas de garde mais parfois simplement une arête située entre la lame et la soie. Ce type de fauchon, apparu à partir du XIVème siècle dans toute l’Europe centrale, était toujours en vogue au cours de la première moitié du XVI’ siècle. Les spécimens plus récents présentent parfois une courte saillie latérale entre la lame et la soie. C’est le cas des armes des paysans du bas Moyen Age dont le style folklorique est caractéristique. Ceci est attesté non seulement par la nomenclature allemande de cette période (Hauswehr, Bauernwehr), mais aussi par l’iconographie, surtout celle du début du XVIème siècle, où les paysans portent à leur ceinture des armes de ce type.

 

Les armes à lame à tranchant unique et à contre tranchant constituent un autre type de ces armes portées à la ceinture au Moyen Age. Au XIVème siècle, on les connaissait sous le nom français de fauchon même en Angleterre où on les nomma plus tard falchion. Du haut au bas Moyen Age, elles portaient le nom de Malchus en Allemagne. On distingue aujourd’hui deux groupes typologiques: le premier est caractérisé par un dos de lame droit et émoussé et un tranchant convexe plus large dans sa partie inférieure. C’est le cas d’un type assez rare utilisé principalement dans les îles Britanniques et dans le nord-ouest de l’Europe. Le deuxième apparaît dans l’iconographie à la fin du XIIIème siècle. Il est caractérisé par une lame recourbée dont la partie inférieure forme un angle obtus. Certains pensent à tord que les enlumineurs des manuscrits du Moyen Age et les peintres représentant des scènes de bataille tirées de la Bible font tenir ces armes par des païens, semblant suggérer ainsi leur origine orientale, non européenne. Cependant, on trouve aussi de nombreuses sources de fauchon courbes maniés par des « chevaliers occidentaux » comme on peut le voir par exemple au XIVème siècle dans les chroniques de Froissard et au XIIIème siècle dans la Bible de Maciejowski où l’on peut en voir avec des courbes s’élargissant vers la pointe, muni d’un contre-fil, le décroché de la pointe est variable suivant les époques, parfois il est même formé en deux voire trois décrochés successifs, formant des « dents de scies ». Les représentations picturales attestent du développement du fauchon dans une très grande partie de l’Europe: à la fin du XIIIème siècle en Norvège, au XIVème siècle en France, en Angleterre et en Italie, aux XIVème et XVème siècles en Allemagne et en Bohême, On assista pendant la Renaissance à un renouveau de cette arme qui eut lieu surtout en Italie où fut créé le terme de storta.

BIBLIOGRAPHIE

 

DOLINEK Vladimir, DURDIK Jan, Encyclopédie des Armes, éd. française Gründ, Paris, 1993.

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Violences https://combatmedieval.com/violences/ https://combatmedieval.com/violences/#respond Wed, 21 Mar 2012 13:27:12 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2336 On notera au passage la petite « ceinture de protection » avec des rondelles au niveau des nos « poches de pantalon modernes », zone vulnérable -hélas.

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Fig. 3 – Paris, BnF, ms. fr. 2663, fol. 145 verso, Froissart, Chroniques.
Fig. 3 – Paris, BnF, ms. fr. 2663, fol. 145 verso, Froissart, Chroniques.

On notera au passage la petite « ceinture de protection » avec des rondelles au niveau des nos « poches de pantalon modernes », zone vulnérable -hélas.

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Bases de données de sources historiques https://combatmedieval.com/bases-de-donnees-de-sources-historiques/ https://combatmedieval.com/bases-de-donnees-de-sources-historiques/#respond Sun, 18 Mar 2012 13:21:11 +0000 http://combatmedieval.com/?p=2333 ➡ http://effigiesandbrasses.com/monuments/ ➡ http://manuscriptminiatures.com/search/ ➡ http://www.gothiceye.com/pictures.asp?categoryID=3 ➡ http://www.themcs.org/armour/14th%20century%20armour.htm ➡ http://talbotsfineaccessories.com/armour/effigy/effigy%20analysis.html ➡ http://www.larsdatter.com/ ➡ http://manuscripts.cmrs.ucla.edu/index.php

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➡ http://www.themcs.org/armour/14th%20century%20armour.htm

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