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L’arme de la victoire: de la bonne utilisation des armes d’hast

Hallebardier: idées préconçues et réalité

 

Par Igor Omelianchuk

 

Nous savons tous que les pratiquants de béhourd sont divisés entre ceux utilisant des armes à deux mains, et ceux préférant les armes à une main. Les armes à une main sont les épées, fauchons, haches, masses à ailettes, qui n’ont pas de grosses différences les unes avec les autres dans leur utilisation en combat. En ce qui concerne les armes à deux mains, il s’agit des hallebardes, haches à deux mains, vouges, bardiches… certains utilisent des armes à deux mains courtes (à peine plus d’un mètre de long) à courte distance, mais ils ne sont pas nombreux et ne changent pas vraiment la vision tactique de la bataille. La sphère d’application principale des armes à deux mains est le combat à distance, tirant avantage de l’allonge des armes d’hast de plus d’1m50.

Beaucoup sont fans de la hallebarde, une sorte de culte s’est créé autour d’elle, et les hallebardiers ont leur propre humour à ce sujet. En général, ils en sont fiers, et qui pourrait les en blâmer ? Mais le fait est que l’image que la plupart ont des hallebardiers diffère significativement de ce que sont en réalité les combattants les plus représentatifs de cette catégorie, et les tactiques d’utilisation des armes d’hast ne peuvent être appréhendées pertinemment si on n’observe pas les faits.

Essayons de comprendre les points principaux qui devraient être pris en compte pour les armes d’hast : tout d’abord, le poids. Tous les spectateurs et la plupart des combattants (en particulier ceux qui ne se sont pas souvent servis d’une hallebarde) pensent que plus une arme d’hast est lourde, mieux c’est.

Un poids plus important impliquerait des coups plus lourds. Si on utilise une formule simple de nos cours de physique au collège : la force est égale à la masse multipliée par l’accélération. Il convient donc de trouver le bon équilibre pour que les coups puissent être donnés avec une certaine vitesse. Mais tout n’est pas si simple au cœur de la mêlée, d’autres facteurs doivent être pris en compte. La force d’impact ne dépend pas avant tout de son poids, mais bien des capacités de celui qui la manie. Les coups sont délivrés avec les armes, par des gens. Et lorsqu’un homme frappe, trois facteurs entrent en compte : sa dextérité, sa force, et sa préhension de l’arme.

Les deux premiers facteurs atteignent leur niveau optimal avec de l’entraînement. On passe alors à la préhension : qu’est-ce qu’une arme d’hast facile à manier ? Une arme d’hast ne doit pas être trop lourde. Si elle est trop lourde, l’équilibre passe dans le fer, demandant trop d’énergie et de temps pour armer les coups, qui deviennent incontrôlés. Le véritable intérêt d’utiliser une arme d’hast ne se trouve pas dans leur poids, mais dans le fait que l’on frappe efficacement en utilisant les deux mains. Plus vous contrôlez votre arme, plus efficace sera votre attaque. La force d’impact dépend davantage de l’habileté et de la force du combattant que du poids de l’arme. Vous remarquerez qu’aucun hallebardier expérimenté n’utilise d’armes très lourdes.

Equipement: moins de mythes circulent concernant ce point. Pourquoi les hallebardiers utilisent-ils souvent des casques relativement ouverts ? C’est évident : ils ont besoin d’une large vision afin d’utiliser leur arme efficacement, car ils frappent à plus grande distance et doivent être précis en estimant bien la portée. Ils n’ont pas de bouclier pour se protéger, et doivent par conséquent voir approcher les adversaires. L’armure d’un hallebardier doit aussi être très résistante.

Beaucoup pensent que les hastiers utilisent souvent des armures légères, et évitent même de porter certains éléments (par exemple des spallières ou protections de cuisses). C’est totalement faux, les hastiers ne disposant pas de l’élément défensif le plus important, à savoir le bouclier, leur armure doit être assez protectrice pour encaisser toutes les attaques.

Erreur typique: on entend souvent quelque-chose comme ça: « Bah, tu n’es pas grand, pas très lourd, pas très fort : tu vas prendre une hallebarde, pour frapper à distance. » Essayons de voir pourquoi c’est une erreur.

Taille : si un combattant est sensé frapper depuis la seconde ligne, comment peut-il voir ses cibles s’il a devant lui en première ligne des combattants plus grands avec des boucliers ? Ils se tiendront entre lui et les adversaires, l’empêchant de frapper. Mais lorsqu’un hallebardier est grand, il aura une bien meilleure visibilité sur les adversaires, et pourra même les atteindre aisément.

Entraînement physique: un tounoyeur faible est une absurdité, mais on peut dégager des exigences particulières pour ceux souhaitant utiliser des armes d’hast. Ils doivent être forts, très forts. Ils ne sont pas là pour faire du corps à corps, ils doivent se maintenir debout sous une pluie de coups (ils n’ont pas de bouclier), avoir les muscles nécessaires au maniement d’une arme à deux mains, et idéalement une arme de rechange à la ceinture. En cas de perte de leur arme principale, ils ne pourront compter que sur cette arme à une main, sans bouclier. En étant petits et légers, ils n’utiliseront pas leur arme à plein potentiel, et iront rouler dans la poussière une fois pris au corps à corps. Celui qui a la prétention de manier une arme d’hast ne peut être faible. Enlevez-lui et envoyez-le s’inscrire dans une salle de muscu. Il doit d’abord soulever de la fonte, et on verra avec le temps.

Tactiques: Quelle est la différence principale entre les tactiques des combattants utilisant un bouclier, et celles des hastiers? A part la distance de frappe, ou les formations ; un bon hastier est à 100% un frappeur. Il ne cherchera pas à faire de la lutte, il cherchera toujours à vous frapper. Un combattant muni d’un bouclier peut placer une technique de lutte après une série de coups efficace, et il tentera de vous pousser, de vous projeter… les hallebardiers ne font pas ça. Il faut prendre en considération que lorsque vous êtes mis au sol par ce type de technique, vous vous relevez à la fin du combat, et êtes prêt à enchaîner, il n’y a rien de traumatisant. Mais si vous avez été couché par un ou plusieurs coups de hallebarde, il y a peu de chances que vous soyez en forme pour le second round. Cela ne veut pas dire que vous serez blessé, mais bien sonné ; le choc aura occasionné plus de douleur, de dégât matériel, d’impact psychologique… on peut résister à beaucoup plus de coups de fauchon et de bouclier que de coups d’arme à deux mains.

Il apparait que la présence d’armes d’hast est obligatoire aussi bien en 21vs21 qu’en 16vs16 ou 5vs5. Qu’y a-t-il à ajouter, si ce n’est que la hallebarde est l’arme de la victoire ?

Auteur : Igor Omelianchuk, avril 2013
Source : battleofthenations.ua

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