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Entretien avec Emeline Barbier, matriarche de l’équipe de France féminine

Aujourd’hui, nous rencontrons Emeline Barbier, étudiante en 5ème année de docteur en Pharmacie, combattante chez les Lionnes du Nord (club Nord Médiéval Full Contact) et capitaine de l’équipe de France féminine à Battle of the Nations 2019 en Serbie.

Emeline Barbier (à gauche) avec l’équipe de France féminine de Béhourd

Tout d’abord, peux-tu nous présenter ton expérience dans le béhourd ?

C’est en 2016 que j’ai découvert le monde du béhourd par l’intermédiaire de mon conjoint, qui était alors déjà inscrit au club de Tourcoing. J’ai commencé en tant que bénévole lors de la 2ème édition du tournoi des Flandres, en novembre 2016. C’est lors de cet événement que j’ai pu observer mes premiers combats et que l’envie de pratiquer ce sport s’est manifestée. En quelques mois, je disposais déjà d’une armure et participais déjà aux premières démonstrations de la région. Cela fait maintenant 2 ans et demi que je pratique, mon premier tournoi officiel ayant été celui des Flandres 2017. L’idée de monter une équipe féminine au sein du club est née et je suis ravie d’en être, en partie, à l’origine.
Ce qui m’a très vite attiré dans le béhourd c’est avant tout qu’il s’agisse d’un sport de combat complet nécessitant de la force, de l’endurance, du cardio et surtout du mental. Il y règne une cohésion d’équipe que je n’ai pas retrouvé dans d’autres sports avec une communauté soudée et sur laquelle on peut compter.

Tu étais sélectionnée cette année pour représenter la France à Battle of the Nations. Etait-ce la première fois ? Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Après avoir participé à IMCF l’an dernier (en Ecosse, ndlr), je souhaitai vraiment participer à BOTN, étant de plus en plus attirée par le 5 vs 5. C’est avec joie que j’ai appris ma sélection au sein de l’équipe de France pour mon premier BOTN en Serbie ! C’était le résultat d’un investissement personnel et de plusieurs mois d’entraînements. J’ai été très fière de porter haut les couleurs de la France et encore plus d’avoir été capitaine de cette équipe constituée de combattantes de très haut niveau. Ce fut une expérience très enrichissante et qui me motive davantage pour la suite !

Avais-tu des objectifs ? Personnels ? En équipe ?

Emeline Barbier (à gauche) engagée contre une combattante Argentine

D’un point de vue personnel, mes objectifs étaient tout d’abord de ne jamais tomber seule au sol et de réussir à mieux analyser le combat, en n’hésitant plus à lâcher mon adversaire pour aller aider mes coéquipières. Pour cela, je suis plutôt satisfaite de ma prestation.

L’aspiration première de l’équipe était de prendre un maximum d’expérience en affrontant des équipes internationales, le 5 vs 5 étant encore une catégorie très peu représentée en France. Dans un second temps, comme toute compétitrices, nous espérions mener l’équipe sur le podium.

Vous avez terminé 3e de votre poule (derrière la Russie et la Finlande). Des commentaires sur ce classement ? Sur vos adversaires ?

Les adversaires étaient de taille. Dans ce sport, il est important de ne sous-estimer personne ! Après 2 victoires en 2 rounds gagnants contre l’Australie et l’Argentine, nous avons affronté l’équipe que nous redoutions le plus : La Russie. Comme nous le soupçonnions, nous n’avions pas le niveau.
Néanmoins, notre plus grande déception fut d’avoir une égalité contre la Finlande et de perdre lors du décompte des points (à 2 points près) … Le manque de repos entre les matchs et le fait que nous n’ayons plus de remplaçantes n’a pas été en notre faveur. Mais ce n’est que partie remise !

Les combattantes ont pu faire du 21 contre 21. As-tu pu y participer ? Etait-ce la première fois ? Des impressions ? Aimerais-tu refaire cela en France ?

21 vs 21 féminin – Au centre-gauche et de droite à gauche, les combattantes Françaises Marjolaine Martin, Constance Delval et Emeline Barbier

C’était la première fois qu’une bataille de masse (21 vs 21) féminine avait officiellement lieu à BOTN. Pour rien au monde, je n’aurai manqué cela ! C’est un grand pas pour l’évolution de la catégorie féminine.
J’avais déjà eu l’occasion de participer au All vs All féminin à IMCF en 2018 et c’est justement lors de ce match que j’ai pris confiance en moi et que je n’ai plus eu d’appréhension à recevoir et mettre des coups. L’adrénaline se fait très vite ressentir, et les sensations sont différentes par rapport aux 3v3 ou au 5v5… Nous avons réussi à remporter la première place après 3 rounds acharnés, rentrant au pays avec une jolie médaille. Ça serait vraiment génial de pouvoir organiser ce genre de matchs en France… pourquoi pas du 10 vs 10 ou 12 vs 12 pour commencer !?

Pour finir, quelques commentaires sur l’organisation du tournoi ? Sur la forteresse de Smederevo, le camp historique, le marché… ?

La forteresse de Smederevo, le long du Danube – Serbie

L’organisation générale du championnat était irréprochable : horaires respectés, sécurité, campement historique et marché médiéval à la hauteur de l’événement. Le public est venu en masse, ce qui a boosté les troupes. Le seul petit bémol aura été le décalage du 21 vs 21 féminin à 2 reprises (sur demande des combattantes).
La forteresse de Smederevo, petite ville fortifiée du Moyen-Âge, fut une belle découverte. Je ne connaissais quasiment rien de la Serbie et de cet endroit. Je peux donc affirmer que BOTN m’aura permis de m’enrichir aussi bien sur le plan sportif, que culturel.

 

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Un commentaire

  1. Très bel article, félicitations à Émeline et son équipe, il en faut du courage pour pratiquer ce sport, pas assez connu, c’est dommage. Encore bravo aux lionnes du Nord

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